En Israël, une commission d’enquête sur le 7-Octobre à la botte de Netanyahou inquiète l’opposition

 

Soutenue par le premier ministre israélien, la Knesset a approuvé lundi 6 juillet, en première lecture, la création d’une commission d’enquête qui serait à la botte du gouvernement. L’opposition a boycotté le vote et appelle à mettre en place sur une commission véritablement indépendante.
Pour éviter d’avoir des comptes à rendre sur les défaillances sécuritaires ayant conduit au 7-Octobre 2023 du Hamas, Benyamin Netanyahou compte bien avoir une commission d’enquête à sa main. Soutenue par le premier ministre israélien, la Knesset a approuvé lundi 6 juillet, en première lecture, une loi en ce sens.
Le texte, issu du vote boycotté par l’opposition, prévoit que les six membres de la commission seraient nommés par le parlement israélien, à la majorité des deux tiers. En l’absence d’un consensus, trois membres seraient désignés par la coalition au pouvoir et trois par l’opposition.
Si une note explicative jointe à la proposition de loi, adoptée avec 59 voix sur 120, stipule que son « principe est de permettre de mener, en toute indépendance, des investigations poussées sur les évènements du (…) massacre du 7 octobre », elle est loin de suffire à convaincre quand le gouvernement enfreint jour après jour le droit international mais aussi au sein de ses frontières les règles élémentaires de l’état de droit.
« Cette commission destinée à étouffer l’affaire est une gifle pour la société israélienne dans son ensemble, et plus particulièrement pour les familles des personnes assassinées ou retenues en otage », a dénoncé le député communiste Ofer Cassif.

« Une comédie dont le seul but est de blanchir »
« Nous ne les laisserons pas s’en tirer avec cette manœuvre de dissimulation », assure le parlementaire prêt, avec ses collègues, à se « battre sans relâche pour une commission d’enquête indépendante et impartiale, jusqu’à ce que la vérité éclate au grand jour et que ce gouvernement des ténèbres soit à jamais chassé de nos vies ».
L’opposition appelle depuis longtemps de ses vœux l’établissement d’une commission d’enquête nationale indépendante sur l’attaque qui a fait plus de 1 200 victimes et a été suivie par le génocide toujours en cours à Gaza.
« L’opposition ne prendra pas part à une comédie dont le seul but est de blanchir et d’empêcher une réelle enquête sur le plus grand désastre qu’a connu le peuple juif depuis l’Holocauste », a également expliqué l’ancien premier ministre centriste Yaïr Lapid sur X.
Les sondages indiquent qu’une majorité d’Israéliens, quelle que soit leur sensibilité politique, soutient un tel mécanisme pour conduire l’enquête. Les membres de la commission seraient alors nommés par le président de la Cour suprême, dont Benyamin Netanyahou vient de passer outre l’une des décisions.

L’État de droit piétiné
Son ministre des Communications, Shlomo Karhi, et son ministre de la Justice, Yariv Levin, ont annoncé dimanche qu’ils ne tiendraient pas compte de son avis concernant une autorité de régulation de l’audiovisuel en train de statuer sur le projet de rachat de la chaîne 13, l’une des principales en Israël, par un groupe d’investisseurs considérés comme critiques à l’égard du gouvernement.
« Un gouvernement qui ne respecte pas les arrêts de la Cour suprême est un gouvernement criminel qui n’a aucune autorité pour exiger l’obéissance des citoyens », a cinglé Ofer Cassif. Même le président Isaac Herzog a réagi sur X : « Je l’ai déjà expliqué et je le répéterai encore et encore : la non-application d’une décision de justice est une ligne rouge qu’il ne faut franchir sous aucun prétexte ».
Le Syndicat des journalistes en Israël, affirmant représenter 80 % des travailleurs du secteur, a de son côté estimé que la position du gouvernement visait « de toute évidence à faire échouer l’accord de reprise de la chaîne 13 par des hommes d’affaires de la high-tech, tout en piétinant la Cour suprême et l’état de droit de manière inédite ».
Quant à la proposition de loi sur la commission d’enquête, elle doit maintenant être examinée par la commission de la Constitution de la Knesset pour de plus amples débats, avant les lectures finales, qui devraient se tenir la semaine prochaine.

L'Humanité du 07 juillet 2026

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire