Des crocodiles aux abords des prisons ? La dernière trouvaille d’Israël contre les prisonniers palestiniens

 

La prison de Saharonim, dans le désert du Néguev, en Israël, le 15 avril 2018.
© Oren Ziv/dpa /ABACAPRESS.COM
Après avoir modifié le statut du crocodile du Nil en « faune élevée en captivité » et non « animal sauvage », le gouvernement israélien envisage d’utiliser ce reptile pour dissuader les prisonniers palestiniens de s’échapper.
Un pas de plus vers la barbarie et la cruauté. Le crocodile du Nil n’est désormais plus classé comme « animal sauvage » en Israël. A contrario, la ministre israélienne de la protection de l’environnement, Idit Silman, a classé le reptile parmi la « faune élevée en captivité », ce qui permettrait d’ouvrir la voie à leur utilisation à des fins pénitentiaires.
Cette décision a été saluée par la figure d’extrême droite Itamar Ben Gvir, ministre de la sécurité nationale. « Terroriste maudit, tu songes à tenter de t’évader ? Réfléchis-y à deux fois », a-t-il posté sur son compte Facebook jeudi dernier, accompagné d’une image, générée par intelligence artificielle, le montrant en train de tenir un crocodile en laisse.

Une utilisation à Ketziot
En modifiant le statut de ces animaux carnivores, le gouvernement israélien envisage de les déployer autour de la prison de Ketziot, dans le sud d’Israël, au cœur du désert du Néguev. De nombreux Palestiniens et des membres du Hamas, arrêtés après l’attaque du 7 Octobre 2023, y sont détenus.
Ce projet s’inscrit dans la longue liste de mesures controversées votées cet été à l’aube des législatives : réduction considérable des pouvoirs de la procureure générale, favoriser les grands groupes de presse classés à droite, exemption du service militaire pour les juifs orthodoxes…
Au même moment, les persécutions à l’encontre des Palestiniens se poursuivent dans les prisons. Emprisonné depuis 24 ans par Israël, le leader Marwan Barghouti a reçu une balle en caoutchouc dans la jambe la semaine dernière. La violence des crocodiles viendra s’ajouter à celle des gardiens, déjà omniprésente.

Ines Souifi
L'Humanité du 20 juillet 2026

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