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| Bombardement israélien dans le district de Nabatiyeh, au sud du Liban, le 20 juin 2026. IMAGO/ZUMA Press Wire |
L’Iran a annoncé samedi « fermer » à nouveau le stratégique détroit d’Ormuz, en représailles aux attaques meurtrières d’Israël au Liban qui violent les termes du protocole d’accord avec les États-Unis censé mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient. « Il est par la présente annoncé que le détroit d’Ormuz sera fermé au trafic maritime (…) cette première mesure est une réponse à la violation des engagements par l’ennemi, a déclaré le commandement central de l’armée iranienne dans un communiqué lu à la télévision d’État. Si l’agression se poursuit, d’autres mesures seront planifiées et mises en œuvre pour contraindre l’ennemi à respecter ses obligations. »
Depuis le 2 mars, les bombes israéliennes ont fait 4 000 morts au Liban
L’Iran avait fermé au début de la guerre cette voie maritime par laquelle transitaient auparavant quelque 20 % des hydrocarbures mondiaux, provoquant une envolée des cours du pétrole, ainsi que des pénuries. Sa réouverture était l’un des points clés du protocole d’accord signé cette semaine par les États-Unis et la République islamique, qui prévoit une fin des hostilités sur l’ensemble des théâtres, y compris au Liban, Téhéran ayant insisté sur ce dernier point.
Mais malgré ce texte, et une nouvelle annonce de cessez-le-feu vendredi par les États-Unis, Israël refuse de mettre un terme à ses opérations militaires au Liban, qui ont encore fait au moins 24 morts samedi. Selon l’agence nationale d’information libanaise ANI, une vingtaine de bombardements israéliens ont été recensés samedi dans l’est et le sud du pays, Tel Aviv affirmant viser des positions du Hezbollah en représailles à des attaques contre ses troupes.
Ces bombardements israéliens ont tué, selon la Défense civile, 16 personnes dans la région de Nabatiyeh. Un soldat libanais a également été tué, selon l’armée, tandis que le ministère de la Santé a fait état d’au moins sept morts dans le village de Qannarit, près de Saïda, toujours dans le sud. Le bilan des bombardements israéliens depuis le 2 mars dépasse les 4 000 morts, dont 83 vendredi, selon le bilan établi par les autorités libanaises.
Après que le ministre israélien de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir a déclaré que « tout le Liban doit brûler », l’ambassadeur israélien aux États-Unis, Yechiel Leiter, avait assuré vendredi qu’Israël s’engageait à respecter le cessez-le-feu, à condition que le Hezbollah fasse de même. Samedi, il a accusé le Hezbollah d’avoir « violé le cessez-le-feu ».
60 jours pour un accord final incluant le nucléaire
Du côté des pourparlers irano-américains, initialement prévus vendredi en Suisse et censés lancer un processus de 60 jours pour régler le sujet central du nucléaire et mener à un accord final, aucune nouvelle date n’a été annoncée. Des discussions « préparatoires » ont toutefois commencé samedi entre diplomates dans une station de tourisme suisse, selon Berne. Selon la chaîne publique suisse RTS, y participent des délégations des États-Unis et de l’Iran, ainsi que des pays médiateurs, Qatar et Pakistan.
Le vice-président américain JD Vance, qui devait se rendre en Suisse, a déclaré samedi s’attendre à partir « dans les prochains jours » et l’émissaire Steve Witkoff, est lui en route, selon des médias américains. L’envoyé de Donald Trump, Jared Kushner, y est également attendu, ont indiqué les médias Axios et CNN, citant tous deux des responsables américains. Le ministre de l’Intérieur du Pakistan, principal pays médiateur, est lui arrivé samedi en Iran dans le cadre des tractations.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a prévenu samedi les États-Unis que le protocole d’accord conclu entre les deux pays pourrait voler en éclat si ses dispositions n’étaient pas appliquées : « L’autre partie doit prendre les mesures nécessaires dès que possible, ou alors le protocole d’accord tout entier », qui prévoit notamment la cessation des hostilités au Liban « sera en danger », a affirmé le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, cité par l’agence officielle Irna.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a toutefois annoncé la tenue dimanche en Suisse de discussions « techniques » américano-iraniennes. Les négociateurs iraniens ont quitté le pays samedi pour la Suisse, a annoncé un média d’État.
L'Humanité du 20 juin 2026

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