« L’accord avec l’Iran est mauvais pour Israël et pour l’ensemble du monde libre. Point final. La campagne conjointe a obtenu de nombreux succès dans l’affaiblissement de l’Iran, et ils ne seront pas réduits à néant. Nous devrons poursuivre la campagne pour la chute du régime nous-mêmes et par des moyens créatifs, et nous assurer que l’Iran n’aura jamais d’arme nucléaire », a déclaré le ministre des Finances dans un message publié sur le réseau social X.
Alors que Benyamin Netanyahou n’a, pour l’heure, pas réagi à l’annonce d’un accord entre Washington et Téhéran, le ministre d’extrême droite réaffirme sa position sur le Liban. « Je continuerai d’agir pour que nous continuions à tenir fermement nos positions et que nous permettions à Tsahal une pleine liberté d’action pour poursuivre l’éloignement du Hezbollah », a-t-il détaillé.
« Israël ne se retirera pas des zones de sécurité au Liban », annonce le ministre de la Défense
Dans un communiqué diffusé sur la messagerie cryptée Telegram, Israël Katz, le ministre de la Défense, peine à saluer l’annonce d’un accord entre Washington et Téhéran, se contentant d’affirmer que « nous avons porté des coups sévères à l’Iran qui ont fait reculer ses capacités de nombreuses années ».
« Israël ne se retirera pas des zones de sécurité au Liban, en Syrie et à Gaza. (…) L’armée israélienne ne se retirera pas des camps terroristes du nord de la Samarie (terme biblique employé pour désigner le sud du Liban NDLR), dont les habitants ont été évacués, et, si nécessaire, cette opération sera étendue à d’autres camps terroristes », a-t-il précisé.
Pour Yaïr Lapid, l’accord entre Téhéran et Washington est « l’un des échecs les plus consternants de la politique étrangère et de sécurité d’Israël »
« Il faut encore espérer que les publications concernant l’accord avec l’Iran ne sont pas exactes, mais si c’est le cas, il s’agit d’un des échecs les plus consternants de la politique étrangère et de sécurité d’Israël, et il est entièrement inscrit au nom de Netanyahou », a déclaré le chef de l’opposition israélienne dans un message publié sur le réseau social X.
Dans sa déclaration, Yaïr Lapid dresse une liste de 13 points qu’il adresse directement au premier ministre israélien. Il lui reproche notamment d’avoir « nommé une équipe à un niveau trop bas pour les négociations avec le gouvernement libanais et a causé le fait que l’administration a décidé de lui retirer également la question libanaise ».
Signe que la campagne électorale pour les législatives d’octobre a déjà commencé, l’ancien premier ministre conclu son message sur un ton solennel : « On peut corriger, il faut corriger, Netanyahou ne peut plus corriger, nous le ferons. »
Le Liban n’a pas été informé de l’accord entre l’Iran et les États-Unis
Le Liban n’a pas été informé de l’accord entre les États-Unis et l’Iran, qui prévoit la fin de la guerre sur tous les fronts au Moyen-Orient, y compris entre le Liban et Israël, a indiqué une source officielle à l’Agence France-Presse (AFP) ce lundi.
« Nous n’avons pas été informés des termes de l’accord », ni du moment de l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu dans la guerre qui oppose le Hezbollah à Israël depuis le 2 mars, a indiqué cette source officielle libanaise qui a requis l’anonymat.
Les violences dans le sud ont cependant baissé en intensité et l’Agence nationale d’information (Ani) a rapporté des bombardements israéliens à l’artillerie, mais pas de frappes aériennes lundi matin. Le Hezbollah n’a pour sa part plus revendiqué d’attaques contre Israël depuis la nuit.
Le président du Parlement Nabih Berri, qui joue un rôle d’intermédiaire entre le Hezbollah et les États-Unis, a salué dans un communiqué « l’Iran et les États-Unis ». Il les a remerciés pour avoir « insisté à inclure dans l’accord une clause essentielle et contraignante stipulant l’arrêt de l’agression israélienne contre tout le Liban ».
Si le contenu de l’accord n’a pas encore été rendu public, le vice-ministre des Affaires étrangères iranien a assuré cette nuit que le front libanais en faisait partie. Les correspondants de l’AFP ont constaté lundi matin un retour timide d’habitants vers des zones du sud qui ne sont pas occupées par l’armée israélienne.
Paris et Londres renouvellent leur appel à sécuriser le détroit d’Ormuz
Emmanuel Macron déclaré que la mission maritime internationale mise en place par la France et le Royaume-Uni était « prête à accompagner » la réouverture du détroit d’Ormuz après l’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran. Dans une vidéo postée dimanche soir sur Instagram à son arrivée à Evian, où commence ce lundi un sommet du G7, il avait déclaré que « l’objectif sera de voir les conséquences de cet accord, le soutien au Liban, la réouverture d’Ormuz dans la durée, et évidemment la conclusion d’un accord sur le nucléaire et le balistique en Iran ».
« On regardera aussi les voies et moyens de diversifier les routes de l’énergie qui sortent de la région pour sortir de notre dépendance » et donc « les conséquences de la crise au Moyen-Orient sur nos économies », avait-il aussi expliqué.
« Je tiens à féliciter le président Trump ainsi que les médiateurs du Pakistan, du Qatar et d’ailleurs qui ont contribué à cette avancée décisive. Nous appelons depuis longtemps à une désescalade, et c’est précisément le progrès que nous espérions voir se concrétiser », a réagi Keir Starmer dans un communiqué.
« Il faut désormais se concentrer sur la mise en œuvre intégrale du protocole d’accord afin de garantir la réouverture du détroit et de veiller à ce qu’il reste pleinement et définitivement ouvert, ainsi que sur la finalisation des détails de l’accord sur le nucléaire », a-t-il ajouté.
Le Liban au cœur des négociations
Alors qu’il fêtait ses 80 ans dimanche 14 juin, Donald Trump a vu ses annonces contrariées par les décisions de son allié Benyamin Netanyahou. En effet, l’armée israélienne a mené dans la journée d’hier de nouveaux bombardements sur la banlieue sud de Beyrouth, tuant trois personnes.
Alors qu’un accord semblait poindre, le Conseil suprême de sécurité nationale, a directement répondu en avertissant sur X d’une réponse « imminente ». Une attaque qui « n’aurait pas dû avoir lieu, surtout en ce jour particulier » selon le président états-unien qui a ensuite confié au média Axios être « furieux ». « Il n’a aucun putain de jugement. Je le lui ai fait savoir », a-t-il ajouté.
La fin des combats sur le front libanais – où Israël intensifie depuis plusieurs semaines ses bombardements et opérations terrestres au motif de lutter contre le Hezbollah, allié de Téhéran – est une condition absolue à tout accord de paix durable pour le régime iranien.
En marge de l’ouverture du sommet du G7 à Evian, Emmanuel Macron a assuré qu’un un « cessez-le-feu robuste et durable est indispensable » pour le pays du cèdre. « L’objectif sera de voir les conséquences de cet accord, le soutien au Liban, la réouverture d’Ormuz dans la durée, et évidemment la conclusion d’un accord sur le nucléaire et le balistique en Iran », a-t-il déclaré.

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