Guerre au Moyen-Orient : les attaques meurtrières de l’armée israélienne au Liban mettent en péril les négociations entre Washington et Téhéran

 

Cette situation aurait provoqué le report des négociations prévues à Genève. Pour Hassan Fadlallah, Washington est responsable de garantir qu’Israël mette fin à ses attaques et applique les termes de l’accord.
© Daniel Carde/ZUMA Press Wire
Depuis la reprise des bombardements par l’armée israélienne jeudi soir, plus de 21 personnes sont mortes au Liban dont des femmes et des enfants. L’Iran qui estime que cette nouvelle agression de Tel-Aviv viole l’accord signé avec les États-Unis, mercredi soir dont la première clause indique un cessez-le-feu sur tous les fronts notamment au Liban. Les pourparlers prévus à Genève ce vendredi ont été reportés
Au Liban, la poursuite de la guerre a été actée par les autorités israéliennes. Nabatieh, Arab Salim, Qsaybé… une pluie de bombardements s’est abattue sur le Sud-Liban et dans l’est, ce vendredi. Au moins dix personnes seraient mortes dans ces frappes israéliennes note le quotidien libanais, l’Orient-le-Jour ce 19 juin. Le bilan dépasse désormais les vingt morts depuis jeudi soir.
Dans un communiqué, Benyamin Netanyahou a justifié vendredi cette violation de l’accord de paix signé entre les États-Unis et l’Iran, mercredi soir. Le premier ministre israélien à la tête d’une coalition d’extrême droite, a affirmé que l’armée israélienne « restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour protéger les localités du nord » d’Israël et que l’armée « n’acceptera aucune attaque contre nos soldats ou notre territoire ».

Une escalade dangereuse
L’armée israélienne aurait subi la mort de quatre de ses soldats, dont un haut gradé a indiqué avoir mené plus de 80 raids aériens sur son voisin. « Tout le Liban doit brûler », a réagi le ministre de la Sécurité nationale israélien Itamar Ben Gvir, figure de l’extrême droite et allié politique clé du Premier ministre Benyamin Netanyahou, ce 19 juin. Au parlement, Naama Lazimi, élue du parti les Démocrates a réclamé sur X que le gouvernement arrête « la guerre au Liban » et que l’armée se retire de la « Zone de sacrifice » au Liban-Sud, afin d’ouvrir la voie à un accord avec Beyrouth.
De son côté le mouvement islamiste libanais du Hezbollah a promis de défendre « leur terre et leur peuple avec un grand courage » face à Israël. Il a démenti « les accusations de l’ennemi sur la violation du cessez-le-feu par le Hezbollah » et rejeté la responsabilité sur Israël, qui n’a « jamais respecté quelque accord de cessez-le-feu » y compris celui signé fin 2024.
Le président libanais, Joseph Aoun a condamné « l’intensification » des bombardements israéliens. Il a dénoncé, vendredi, « une escalade dangereuse » ayant coûté la vie à « des dizaines d’innocents dont des femmes et enfants ». Ces frappes meurtrières « s’attaquent à tous les efforts en cours pour consolider le cessez-le-feu et mettre fin à la guerre, en particulier à la lumière des récents développements entre les États-Unis et l’Iran », a prévenu le dirigeant libanais.
Selon le député Hassan Fadlallah du Bloc de la fidélité à la Résistance (aile politique du Hezbollah), interrogé par Reuters les autorités iraniennes ont informé le mouvement islamiste libanais que les discussions avec les États-Unis ne pouvaient pas se tenir tant qu’un cessez-le-feu global ne sera pas appliqué. Le protocole d’accord signé mercredi soir, prévoit dès la première clause du texte : un cessez-le-feu sur tous les fronts et cite nommément le Liban.

Des pourparlers suspendus
Cette situation aurait provoqué le report des négociations prévues à Genève. Pour Hassan Fadlallah, Washington est responsable de garantir qu’Israël mette fin à ses attaques et applique les termes de l’accord.
Un diplomate qui suit les négociations a confirmé à CNN que : « Les Iraniens ont demandé des garanties quant à la cessation des hostilités au Liban, conformément à ce qui est prévu dans l’accord signé » et que « les médiateurs travaillent actuellement à résoudre cette question ». Aucune nouvelle date a été fixée.

Vadim Kamenka
L'Humanité du 19 juin 26

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