Guerre au Moyen-Orient : Donald Trump menace l'Iran de « devoir payer le prix » après les derniers bombardements

 

Depuis la destruction d’un hélicoptère états-unien survolant le détroit d’Ormuz par l’Iran mardi 9 juin, les bombardements ont repris entre Washington et Téhéran. Au Liban, l’armée israélienne poursuit ses bombardements et a ordonné l’évacuation de la ville de Tyr, dans le sud du pays.
L’Iran a annoncé ce mercredi 10 juin avoir visé des bases américaines du Golfe en représailles à des frappes de Washington contre des cibles iraniennes le long du détroit d’Ormuz. Un nouvel embrasement régional provoqué par la destruction d’un hélicoptère états-unien, attribuée à Téhéran.
Donald Trump a jugé que l’Iran avait été trop long à négocier et allait désormais « en payer le prix ». Un énième revirement du locataire de la Maison Blanche, puisqu’il avait assuré, mardi matin, être proche d’un « très, très bon accord » pour mettre fin aux hostilités qu’il a lui-même déclenché, avec son complice Benyamin Netanyahou, le 28 février dernier.
Tôt ce mercredi, l’Iran a annoncé avoir mené des attaques contre des bases américaines abritées par le Bahreïn et la Jordanie. Au Koweït, l’armée a dit faire face à « des cibles aériennes hostiles » sans préciser leur provenance.

Les bases américaines du Golfe visées par Téhéran
En Jordanie, les Gardiens de la révolution iraniens ont précisé avoir « visé et détruit quatre cibles majeures, notamment des groupes de chasseurs F35 sur une base aérienne et le centre de commandement militaire américain » d’Azraq. De son côté, l’armée jordanienne annonce avoir abattu cinq missiles iraniens. Ils ont aussi annoncé avoir procédé, à Bahreïn, à une « attaque de drones contre la 5e flotte » américaine. Attaque qui a fait retentir les sirènes d’alerte dans tout le pays.
Des opérations justifiées selon Téhéran par des attaques américaines conduites dans la nuit sur Jask, Sirik et l’île de Qeshm, sur la côte sud de l’Iran dans le détroit d’Ormuz. Celles-ci ont « endommagé un pylône de télécommunications à Sirik et détruit deux réservoirs d’eau dans la ville », ont précisé les Gardiens de la révolution. Des médias iraniens avaient signalé plus tôt plusieurs séries d’explosions au niveau du détroit, stratégique pour le transport mondial d’hydrocarbures.
Selon un communiqué du Commandement-central pour le Moyen-Orient (Centcom), les forces américaines ont bombardé « des installations de défense aérienne, des postes de contrôle au sol et des sites de radars de surveillance ». Le Centcom a présenté ces actions comme des mesures de « légitime défense » et « proportionnée(s) » après la destruction de l’hélicoptère Apache, abattu lundi 7 juin alors qu’il survolait le détroit d’Ormuz.
« Ils ont mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux, maintenant ils vont devoir en payer le prix », a déclaré Donald Trump sur son réseau Truth Social. « L’armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l’air, n’existe même plus – elles ont été totalement vaincues (…) L’Iran, c’est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!! »,a-t-il ajouté. Des paroles à prendre avec des pincettes si l’on en croit le décompte de ses déclarations réalisé par CNN. Selon la chaîne de télévision, le président états-unien a affirmé à 38 reprises qu’un accord était « proche » avec l’Iran depuis le début de la guerre.

L’armée israélienne ordonne l’évacuation de la ville de Tyr
« Les forces étrangères à proximité de notre territoire sont constamment exposées à des risques (…) la meilleure solution est qu’elles partent », a souligné le ministre des Affaires étrangères iranien sur X, semblant vouloir minimiser l’incident. « Nous préférons le langage diplomatique, mais nous parlons aussi d’autres langues », a poursuivi Abbas Araghchi. Après l’entrée en vigueur le 8 avril d’un fragile cessez-le-feu, les attaques réciproques entre l’Iran et Israël avaient repris dimanche 7 et lundi 8 juin, tuant trois personnes dont deux militaires et blessant 15 personnes en Iran, selon la télévision d’État.
Cherchant à sortir de ce conflit impopulaire à l’approche des midterms, le locataire de la Maison Blanche avait alors exhorté les deux pays à cesser « immédiatement » les hostilités. Téhéran avait ouvert le bal en annonçant l’arrêt de son opération en premier, avant que Tel-Aviv ne fasse de même.
L’Iran exige que tout accord de paix pour mettre fin à la guerre dans la région englobe le Liban, où Israël ne cesse d’étendre sa mainmise au prétexte de lutter contre le Hezbollah. L’armée israélienne y mène d’intenses bombardements, au mépris du cessez-le-feu, en particulier dans le sud du pays. Des bombardements qui ont tué au moins 11 personnes mardi 9 juin, selon un dernier bilan des autorités libanaises. Pour la première fois depuis le début de la guerre, l’armée israélienne a appelé tous les habitants de Tyr à évacuer la ville, y compris la partie chrétienne.
« Le quartier chrétien est désormais vide à 99 % », a rapporté à l’AFP Walid al-Tawil, du conseil municipal. Le Hezbollah a, lui, revendiqué de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban – qui n’ont pas fait de blessés selon l’armée israélienne. L’armée a par ailleurs rapporté avoir abattu dans le nord d’Israël un homme accusé d’avoir tiré sur des soldats après avoir traversé la frontière depuis le Liban.
Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a annoncé ce mercredi l’envoi d’une mission au Liban pour enquêter sur les violations du droit international commises depuis le début de la guerre dans le pays.
« J’ai convenu avec le gouvernement libanais de mener une mission d’évaluation impartiale et indépendante » et « je vais prochainement déployer cette équipe afin de recueillir des informations et des éléments de preuve » concernant les violations présumées du droit international « commises par les parties au conflit armé (…) depuis le 2 mars », a déclaré Volker Türk à la presse.

L'Humanité du 10 juin 2026

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire