Après avoir promis l’enfer à l’Iran, le président des États-Unis a annoncé, jeudi 11 juin, qu’un accord de paix pourrait être signé « ce week-end, en Europe ». Alors que Téhéran a tempéré l’annonce, affirmant que « rien n’est finalisé », Donald Trump réalise un nouveau retournement de veste, lui qui annonçait vouloir « prendre l’île de Kharg » quelques heures plus tôt.
Après s’être vanté de bombardements massifs avant qu’ils n’aient eu lieu, Donald Trump se targue d’avoir « mis fin à la guerre avec l’Iran » avant même de connaître la réponse de Téhéran. Le président des États-Unis a affirmé, jeudi 11 juin, qu’un accord de paix « quasiment définitif » est sur le point d’être signé par les deux parties, « peut-être ce week-end, en Europe ».
Assis dans son siège du Bureau ovale, entouré de son cercle proche, l’élu républicain en a profité pour vanter « un protocole d’accord très solide » et « un peu conceptuel », avant d’affirmer que le Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, l’avait approuvé. Les médias d’État iraniens ont par la suite annoncé qu’un accord restait « spéculatif » et que « rien n’est finalisé », plusieurs « lignes rouges » restant à négocier. Un responsable iranien informé des pourparlers, interrogé par le Washington Post, a affirmé n’avoir eu vent d’aucune confirmation officielle de la part de Téhéran.
« Prendre l’île de Kharg »
L’incertitude qui règne autour de cet accord de paix n’a donc pas freiné l’enthousiasme de l’ex-magnat de l’immobilier, impatient d’annoncer que cette trêve s’accompagnerait d’une interdiction pour l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. Le ton était pourtant bien plus belligérant plus tôt dans la journée. Donald Trump avait alors annoncé une nouvelle série de bombardements de représailles planifiées après que l’Iran a répliqué – sur des bases états-uniennes à travers le Moyen-Orient – aux attaques d’Israël sur le Liban.
De quoi frapper « TRÈS FORT CE SOIR », s’était-il targué sur son réseau Truth Social. Des bombardements depuis annulés au vu, selon le locataire de la Maison Blanche, de l’avancée des négociations.
Le président des États-Unis abordait aussi son intention, « dans un avenir proche, de prendre l’île de Kharg et d’autres points stratégiques d’infrastructures pétrolières » appartenant à l’Iran. L’île située à une vingtaine de kilomètres des côtes iraniennes, dans le golfe Persique, accueille près de 90 % des exportations de pétrole de l’Iran.
Malgré des bombardements états-uniens en mars, les autorités iraniennes répètent que le site pétrolier reste opérationnel. « Nous assumerons le contrôle total de leurs marchés pétroliers et gaziers, comme nous l’avons fait avec le Venezuela », s’imaginait ainsi Donald Trump.
Ce qui paraît sûr, c’est que Donald Trump n’assistera pas à une éventuelle ratification de l’accord durant le week-end. Dimanche, jour de son 80e anniversaire, un combat de l’Ultimate Fighting Championship, championnat de MMA, est prévu sur la pelouse de la Maison-Blanche. Une signature à la probabilité au demeurant infime, le président ayant déjà annoncé près de 40 fois l’imminence d’un accord depuis le début de la guerre selon le décompte de CNN.
L'Humanité du 12 juin 2026

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