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| L’ancien prisonnier politique et avocat
franco-palestinien Salah Hamouri ne pourra pas débattre à Besançon sur
décision du préfet. © Alexandra BONNEFOY/ REA |
La préfecture du Doubs a annoncé, ce mardi, interdire une conférence de Salah Hamouri, qui devait se tenir ce jeudi à Besançon dans le cadre du Festival Antifa Fest. L’avocat et militant palestinien, expulsé de Palestine en décembre 2022 par le gouvernement israélien pour ses liens supposés avec le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), considéré comme « terroriste » par Israël, devait se pencher sur une question : « Question palestinienne, où en est-on ? ». Il ne le pourra donc pas.
Auprès de France 3 Bourgogne-Franche-Comté, le Comité pour Clément, organisateur de l’événement, se dit « extrêmement choqué ». Le collectif envisage de déposer un recours administratif « dans les plus brefs délais » pour que ce débat puisse malgré tout se tenir.
« Nous nous indignons de la politique de censure de l’État français du mouvement de solidarité avec le peuple palestinien. A fortiori quand celle-ci lutte, comme c’est notre cas, activement et sur le terrain contre toutes les formes de discrimination et de racisme, dont l’antisémitisme », a communiqué, pour sa part, l’association France Palestine Solidarité, co-organisatrice de la conférence.
Le préfet invoque le « contexte géopolitique » pour justifier sa décision
Dans son arrêté, la préfecture du Doubs justifie sa décision par le « contexte géopolitique actuel » afin, dit-elle, « d’éviter la survenue de troubles à l’ordre public ». Et de poursuivre : « Le maintien de la conférence serait de nature à créer de sérieuses difficultés pour préserver l’ordre public sans que l’organisateur soit en capacité de faire face le cas échéant par un service d’ordre dédié ». Des propos contestés par le festival qui assure avoir pris toutes les dispositions nécessaires pour que cet échange puisse se tenir en toute sécurité.
Après avoir été plusieurs fois incarcéré en Israël, suspecté d’avoir voulu assassiner Ovadia Yosef, Grand Rabbin d’Israël, ce qu’il a toujours nié, Salah Hamouri tente depuis aujourd’hui de retrouver une vie normale en France avec sa femme et ses enfants. En 2022, son expulsion par Israël avait été qualifiée de « crime de guerre » par l’ONU. Deux ans plus tard, celui-ci a déposé plainte pour torture durant ses détentions. Puis, en 2025, pour déportation, ségrégation et persécution.
L'Humanité du 02 juin 26

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