![]() |
| Cliquez pour agrandir |
Dans un entretien accordé au quotidien français "Ouest-France", Joumblatt déclare : « C'est la deuxième fois qu'Israël lance une invasion du Sud-Liban. Cela me rappelle 1978, lorsque tout a commencé par une opération militaire de grande envergure, qui s'est ensuite transformée en une occupation de facto qui ne s'est achevée qu'en 2000. »
Il ajoute : « L'histoire se répète, avec le même scénario et la même catastrophe humanitaire. Des centaines de milliers de Libanais ont été déplacés. »
Il souligne qu'« il ne peut y avoir d'accord de paix. Il ne peut y avoir qu'un accord de trêve, un cessez-le-feu, un accord qui ne soit ni la paix ni la guerre. »
Il affirme : « Nous devons renforcer l'armée libanaise, d'autant plus que le départ des forces de la FINUL, prévu pour la fin de l'année, est extrêmement dangereux. Une nouvelle FINUL, ou une force internationale, doit être mise en place avec l'aide de la France, de l'Italie et d'autres pays. » Il ajoute : « Cette force internationale devrait bénéficier du consensus de tous les partis libanais et des pays voisins : l'Iran et Israël. »
Concernant le désarmement du Hezbollah, Joumblatt fait remarquer : « On parle de ce parti comme s'il était un corps étranger au Liban. Or, le Hezbollah fait partie intégrante du peuple libanais, et c'est un point souvent mal compris. »
Il poursuit : « Comment les familles du Sud-Liban peuvent-elles dire à l'État libanais : “Prenez nos armes”, alors qu'elles voient leurs villages détruits, leurs maisons ravagées et leurs terres occupées ? »
Interrogé sur le point de savoir si cette incursion renforce le Hezbollah, Joumblatt répond : « Absolument. Mais pour désamorcer la crise au Liban, il est impossible de dissocier cette crise de la situation actuelle dans le Golfe et de la confrontation entre l’Iran et les États-Unis. Nous ne pouvons nous soustraire à un dialogue politique avec le Hezbollah.»
Il exprime l’espoir que tous les partis libanais tirerent les leçons de l’histoire, soulignant que « malgré toutes les contradictions, nous devons nous concentrer sur l’obtention d’un cessez-le-feu et le retrait de l’armée israélienne. Ensuite, nous devons œuvrer à la préservation de l’unité du Liban.»
Joumblatt conclue « c’est là, à mes yeux, le plus grand défi des années à venir. Le Liban doit rester uni et résister au spectre de la division en entités sectaires. »
Par Roland Richa
Le 11 mai 2026

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire