Guerre au Liban : l'armée israélienne tue 31 personnes dans des bombardements et étend ses opérations terrestres

 

En dépit du cessez-le-feu en vigueur depuis le 13 avril, l’armée israélienne a massivement bombardé le Liban dans la journée du mardi 26 mai. Selon le dernier bilan des autorités libanaises, 31 personnes ont été tuées, dont au moins quatre enfants et trois femmes. Alors que de nouvelles négociations entre les deux parties doivent avoir lieu à Washington les 2 et 3 juin, Tel-Aviv entend étendre ses opérations terrestres au-delà du fleuve Litani.
Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou continue de pilonner le pays du cèdre. Malgré le cessez-le-feu, en vigueur depuis le 13 avril, l’armée israélienne a mené de nouveaux bombardements mardi 27 mai, dans le sud du Liban, et a appelé à l’évacuation de plusieurs dizaines de localités. Selon le ministère de la Santé libanais, 31 personnes ont été tuées au cours de la journée, dont au moins quatre enfants et trois femmes, et 40 autres blessées.
« Nous renforçons la zone de sécurité afin de protéger les localités du nord », a déclaré le premier ministre israélien pour justifier l’extension de ses opérations terrestres contre le Hezbollah au-delà du fleuve Litani qui constituait, jusque-là, la « ligne jaune » de ladite « zone tampon » israélienne.
De l’autre côté de la région, les États-Unis ont rompu le cessez-le-feu avec l’Iran – alors que les négociations avançaient enfin – en bombardant sites de lancements de missiles et navires dans la nuit de lundi à mardi. Si Téhéran a promis une réponse, la perspective d’un accord entre les deux parties semble toujours possible. Mais ce climat galvanise sans doute le gouvernement israélien qui multiplie les déclarations guerrières et cache de moins en moins ses velléités territoriales au Liban.

120 secouristes tués depuis le début de la guerre
Selon le communiqué diffusé par le ministère de la Santé libanais, quatorze personnes ont été tuées à Burj al-Shamali près de la ville de Tyr. Un correspondant de l’Agence France-Presse (AFP) fait également état de frappes sur la ville de Nabatiyé qui ont causé « d’importants dégâts » sur un hôpital public selon l’agence nationale de l’information libanaise (Ani). D’autres bombardements ont tué un secouriste du mouvement Amal – parti chiite allié du Hezbollah – et blessé deux autres. Depuis le début de la guerre, 120 secouristes libanais ont été tués par l’armée israélienne.
« Vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous déplacer au nord de la rivière Zahrani », avait déclaré dans la matinée sur X un porte-parole militaire israélien arabophone, Avichay Adraee. Car cette reprise massive des bombardements s’accompagne d’ordres d’évacuation d’au moins 50 villes et villages du sud et de l’est du Liban. Benyamin Netanyahou confirme la volonté de son gouvernement d’accentuer les opérations militaires dans la région avec comme motif affiché la protection des habitants du nord d’Israël.
Une intensification des opérations militaires observée de près par l’Organisation des Nations Unies (ONU). Mardi, un porte-parole du secrétaire général onusien, Farhan Haq, a déclaré que les casques bleus au Liban avaient détecté la veille « 91 violations de l’espace aérien, le plus grand nombre depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu ». Il a également fait état de « 399 tirs » attribués à l’armée israélienne et de « 11 trajectoires de projectiles attribués au Hezbollah ».
De son côté, le mouvement chiite a annoncé que ses combattants avaient repoussé mardi à l’aube « une force israélienne (…) qui avançait en direction de Zaoutar », village surplombant Nabatiyé, situé à une dizaine de kilomètres de la frontière. Le parti chiite a précisé avoir eu recours notamment à « des obus et drones d’attaques », faisant état de « combats directs » dans la zone, et a revendiqué des attaques de drones contre une caserne dans le nord d’Israël.
Alors que de nouvelles discussions de pourparlers entre Beyrouth et Tel-Aviv doivent avoir lieu à Washington les 2 et 3 juin prochain, le gouvernement israélien franchit une nouvelle étape dans l’annexion du Sud Liban. Depuis le début de la guerre en mars, 3 213 Libanais ont été tués par les bombardements israéliens, selon le dernier communiqué des autorités libanaises.

Arthur Dumas
L'Humanité du 27 mai 2026

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire