En soutien à Israël, la Maison Blanche a décidé, mercredi 27 mai, de rétablir les sanctions imposées à Francesca Albanese, de nouveau placée sur une liste noire internationale. Mise face à ses contradictions par la justice, l’administration Trump avait dû se résoudre à les lever une semaine plus tôt.
Accusée de tous les maux pour avoir dénoncé le génocide commis par Israël en Palestine, Francesca Albanese est considérée comme une ennemie à abattre pour l’administration Trump. Contrainte de lever les sanctions en vigueur contre la rapporteuse spéciale de l’Organisation des Nations unies (ONU) pour les territoires occupés palestiniens, la Maison Blanche a décidé de les rétablir à peine une semaine plus tard, indique une note publiée mercredi 27 mai sur le site du ministère des Finances états-uniens.
L’experte de l’ONU spécialiste des territoires palestiniens voit donc son nom de nouveau inscrit sur une liste noire internationale, l’empêchant d’utiliser des cartes de crédit ou d’effectuer de nombreuses opérations bancaires. Ce revirement fait suite à une ordonnance rendue vendredi par une cour d’appel états-unienne, assurant que ces sanctions pouvaient continuer à être appliquées tant que la justice n’avait pas tranché sur leur légalité.
Les sanctions avaient pourtant été suspendues par le juge fédéral Richard Leon, afin de « protéger la liberté d’expression est toujours dans l’intérêt public ». Francesca Albanese, sanctionnée en juillet 2025 après avoir critiqué le soutien de Washington à Tel-Aviv, avait salué alors la décision sur les réseaux sociaux : « Ensemble, nous ne faisons qu’un. »
Marco Rubio critique les prises de position de la rapporteuse de l’ONU
Tandis que la rapporteuse onusienne multiplie les rapports détaillants les rouages génocidaires de l’alliance Israël-États-Unis, le secrétaire d’État Marco Rubio lui avait reproché d’avoir recommandé à la Cour pénale internationale (CPI) de délivrer des mandats d’arrêt contre le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou.
Son rapport intitulé « De l’économie d’occupation à l’économie de génocide », où la complicité des entreprises états-uniennes est citée, comme sa dénonciation du projet « illégal » et « complètement absurde » d’occupation de la bande de Gaza, prôné par Donald Trump, ont quant à eux été vécus comme des attaques personnelles par la Maison Blanche.
Ces derniers mois ont été plus largement l’occasion pour les soutiens d’Israël d’enchaîner les mensonges contre la rapporteuse spéciale. Par exemple en février dernier, lorsque de nombreuses voix – dont le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot – ont condamné en cœur une phrase que Francesca Albanese n’a jamais prononcée : « Israël est l’ennemi commun de l’humanité. »
La rapporteuse pour les territoires occupés palestiniens est aussi accusée d’antisémitisme au moindre rappel des faits : Tel-Aviv a enclenché un processus génocidaire à Gaza, dénoncé par l’ONU, comme nombre d’ONG et d’États. Francesca Albanese, qui n’a cessé d’alerter sur ces sanctions « calculées pour affaiblir (sa) mission », doit donc continuer de se reposer sur « tous ceux qui lui ont (apportent) leur aide » face au rouleau compresseur né de l’alliance entre Israël et les États-Unis.
L'Humanité du 28 mai 26

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