Génocide à Gaza : aux États-Unis, la justice suspend les sanctions imposées à la rapporteuse spéciale de l’ONU Francesca Albanese

 

La justice fédérale américaine suspend temporairement les sanctions qui visent Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’Organisation des Nations unies (ONU) pour les territoires occupés palestiniens.
© Marco Lanni/ROPI-REA
Le juge fédéral Richard Leon a suspendu, mercredi 13 mai, les sanctions imposées à Francesca Albanese par la Maison Blanche, en soutien à Israël. Ce dernier a estimé que « protéger la liberté d’expression est toujours dans l’intérêt public », rappelant la légitimité des critiques énoncées par la rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires occupés palestiniens.
Accusée de tous les maux pour avoir dénoncé le génocide commis par Israël en Palestine, Francesca Albanese est considérée comme une ennemie à abattre pour l’administration Trump. La Maison Blanche, acquise à la politique coloniale de Tel-Aviv, vient néanmoins de connaître un coup d’arrêt : le juge états-unien Richard Leon a suspendu, mercredi 13 mai, les sanctions en vigueur contre rapporteuse spéciale de l’Organisation des Nations unies (ONU) pour les territoires occupés palestiniens.
« Protéger la liberté d’expression est toujours dans l’intérêt public », a estimé le juge fédéral dans son ordonnance où il émet une injonction temporaire contre les sanctions. Francesca Albanese, sanctionnée en juillet 2025 après avoir critiqué publiquement la politique de Washington concernant la bande de Gaza, a salué la décision sur les réseaux sociaux : « Ensemble, nous ne faisons qu’un. »

Marco Rubio critique les prises de position de la rapporteuse de l’ONU
Tandis que la rapporteuse onusienne multiplie les rapports détaillants les rouages génocidaires de l’alliance Israël-États-Unis, le secrétaire d’État Marco Rubio lui avait reproché d’avoir recommandé à la Cour pénale internationale (CPI) de délivrer des mandats d’arrêt contre le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou.
Son rapport intitulé « De l’économie d’occupation à l’économie de génocide », où la complicité des entreprises états-uniennes est citée, comme sa dénonciation du projet « illégal » et « complètement absurde » d’occupation de la bande de Gaza, prôné par Donald Trump, ont quant à eux été vécus comme des attaques personnelles par la Maison Blanche.
Ces derniers mois ont été plus largement l’occasion pour les soutiens d’Israël d’enchaîner les mensonges contre la rapporteuse spéciale. Par exemple en février dernier, lorsque de nombreuses voix – dont le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot – ont condamné en cœur une phrase que Francesca Albanese n’a jamais prononcée : « Israël est l’ennemi commun de l’humanité. »
La rapporteuse pour les territoires occupés palestiniens est aussi accusée d’antisémitisme au moindre rappel des faits : Tel-Aviv a enclenché un processus génocidaire à Gaza, dénoncé par l’ONU, comme nombre d’ONG et d’États. Francesca Albanese, qui n’a cessé d’alerter sur ces sanctions « calculées pour affaiblir (sa) mission », a profité de cette victoire pour remercier « tous ceux qui (lui) ont apporté leur aide ».

L'Humanité du 15 mai 26

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