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| Mohamed Odeh, chef de la branche armée du Hamas |
Il restait sans doute encore quelques immeubles debout émergeant du champ de ruine qu’est devenue la bande de Gaza. L’armée israélienne a annoncé, ce mercredi 27 mai, avoir bombardé une zone où campent des réfugiés palestiniens près du centre de Gaza City, soit une nouvelle violation flagrante du cessez-le-feu engagé théoriquement depuis le 10 octobre dernier.
Le ministre de la défense israélien, Israël Katz, a fait valoir que parmi les victimes figurerait Mohamed Odeh, présenté comme le nouveau chef de la branche armée du Hamas. Et de se réjouir de l’efficacité de ces nouveaux bombardements qui auraient permis, selon l’élément de langage usé jusqu’à la corde par Tel Aviv, d’éliminer l’un des terroristes ayant organisé le massacre du 7 octobre 2023.
Des civils palestiniens une nouvelle fois frappés au cœur de Gaza
Les horreurs commises par le mouvement islamiste sont ainsi une fois encore instrumentalisées par les responsables de l’anéantissement physique de la bande de territoire et de sa population. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, s’était joint à Katz pour annoncer la veille que l’armée israélienne avait mené dans la journée « une frappe à Gaza visant Mohammed Odeh », chef présumé de la branche armée du Hamas. Sans que cette information ne soit, à l’heure où ces lignes étaient écrites, confirmée par l’organisation palestinienne.
Dans un communiqué commun, l’armée israélienne et le Shin Bet, l’agence de la sécurité intérieure israélienne, ont présenté Mohammed Odeh, comme ayant « occupé le poste de chef de la branche militaire du Hamas après l’élimination d’Ezzedine al-Haddad » qui, lui, avait été exécuté le 15 mai dernier à l’occasion d’un autre bombardement de l’armée israélienne.
À chaque fois, les populations civiles présentes dans l’enclave payent un lourd tribut. Le bombardement de ce mardi 26 mai a fait ainsi au moins sept victimes civiles, dont le seul tort est simplement de s’être trouvées au mauvais endroit au mauvais moment.
L’ONU s’émeut du projet de « migration » volontaire israélien
Ces nombreuses victimes « collatérales », s’additionnent ainsi à la liste déjà très longue des crimes de guerre commis par les autorités israéliennes. Comme ce jeune couple et leur bébé d’un an tués à l’occasion d’un autre bombardement israélien sur le centre du territoire dans la nuit de samedi à dimanche, selon des informations recueillies par l’AFP.
Au total, ce sont plus de 900 Palestiniens qui ont été victimes de cet acharnement aussi criminel qu’illégal de l’armée israélienne. Comme pour répondre à une question sur le sort réservé ainsi aux civiles palestiniens Katz n’a pas hésité à confirmer les intentions du gouvernement israélien. « Le plan de migration volontaire depuis Gaza sera également mis en œuvre, tout sera fait au moment opportun et de la bonne manière », a lancé le ministre de la Défense israélien, qui fait ainsi référence au projet de nettoyage ethnique des habitants de Gaza vers des pays tiers.
En février dernier, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, avait dénoncé « des actions d’Israël qui semblent viser à opérer un changement démographique permanent à Gaza ».
Bruno Odent
L'Humanité du 27 mai 26

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