Face à « la plus grave crise de sécurité énergétique jamais connue », les États se réinventent, selon un rapport de l’AIE

 

       Des éoliennes et des panneaux solaires installés à Zhangjiakou, dans la province du Hebei, le 8 mai 2026. La Chine a annoncé à la fin d’avril que les renouvelables dépassent le charbon dans la capacité de production d’électricité. MAXIM SHEMETOV / REUTERS
Le conflit au Moyen-Orient pousse les Etats à repenser leurs stratégies énergétiques en ouvrant de nouvelles voies d’approvisionnement et en se tournant vers leurs propres ressources pour répondre à la deuxième crise énergétique en cinq ans, affirme l’Agence internationale de l’énergie (AIE), jeudi.
« Nous traversons la plus grave crise de sécurité énergétique que le monde ait jamais connue, et je pense qu’elle va remodeler les stratégies d’investissement à l’échelle mondiale, à l’instar des bouleversements majeurs qu’a connus le secteur de l’énergie après les chocs pétroliers des années 1970 », a déclaré Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE.
« Nous constatons déjà une intensification des efforts déployés par les pays producteurs et consommateurs pour diversifier les routes commerciales et les sources d’énergie, notamment par la construction de nouveaux pipelines et autres infrastructures d’approvisionnement, et par un recours accru aux ressources nationales », a-t-il ajouté dans le rapport sur l’investissement énergétique mondial de l’agence de l’énergie de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
L’AIE estime que les investissements énergétiques mondiaux atteindront 3 400 milliards de dollars en 2026, en légère hausse par rapport à l’année précédente, dont environ 2 200 milliards consacrés aux réseaux électriques, au stockage, aux carburants à faibles émissions, au nucléaire, aux énergies renouvelables, à l’efficacité énergétique et à l’électrification.
Les investissements pétroliers devraient diminuer, pour la troisième année de suite en 2026, et passer au-dessous de 500 milliards de dollars malgré la hausse des prix du brut. En revanche, les investissements dans le gaz naturel devraient atteindre 330 milliards de dollars, « leur plus haut niveau depuis dix ans, soutenus par une vague de nouveaux projets d’exportation de GNL, notamment aux Etats-Unis et au Qatar ».
Parallèlement, les pays importateurs de pétrole se tournent vers les sources d’énergie « disponibles sur leur territoire », notamment les renouvelables, le nucléaire et le charbon. L’AIE estime que les investissements dans les renouvelables devraient atteindre environ 665 milliards de dollars en 2026, dont 365 milliards pour le seul solaire.
Ceux dans le nucléaire « poursuivent leur reprise » et dépasser 80 milliards de dollars par an, tandis que dans le charbon, ils devraient atteindre 180 milliards de dollars, « leur plus haut niveau depuis 2012 ».

Le pétrole repart à la hausse, les Bourses asiatiques reculent après les frappes de cette nuit
Les cours du pétrole bondissent de nouveau et les Bourses asiatiques reculent jeudi après que les Etats-Unis et l’Iran ont tous deux affirmé avoir procédé à des frappes malgré le cessez-le-feu en vigueur.
Peu après 6 heures le baril de brent de la mer du Nord, principale référence internationale, progressait de 3,83 % à 97,20 dollars, tandis que le west texas intermediate (WTI), référence américaine du pétrole brut, gagnait 3,98 % à 92,21 dollars le baril. Cette hausse survient après les baisses enregistrées mercredi, alimentées par l’espoir d’un accord imminent.
De leur côté, les Bourses asiatiques accusent jeudi un recul généralisé. A Tokyo, le Nikkei perdait 1 %, à 64 346,57 points, quand à Hong Kong le Hang Seng se délestait de 2,30 %. L’indice composite de la place de Shanghaï était, lui, en légère baisse de 0,14 % à 4 087,86 points. L’indice Kospi de Séoul perdait pour sa part 3,61 % à 7 931,61 points.
L’Iran avait pourtant jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, au moment où les deux pays négocient un accord pour mettre fin à la guerre. Mais mercredi déjà, la Bourse de New York avait clôturé en légère hausse, affichant un optimisme déjà plus contenu que la veille concernant la signature d’un éventuel accord au Moyen-Orient. Donald Trump avait notamment déclaré ne pas être satisfait en l’état des propositions de Téhéran.
Ces dernières semaines, « le marché a parcouru un long chemin, en l’absence de données ou d’événements majeurs, nous assistons donc à une légère pause », avait résumé auprès de l’AFP Angelo Kourkafas, du cabinet de conseils Edward Jones.

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