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| L’armée israélienne arraisonne un des bateaux de la flottille pour Gaza, le 18 mai 2026, au large de Chypre. © Capture d'écran du compte X de la Global Sumud Flotilla |
À chaque tentative de briser le blocus imposé à la bande de Gaza revient, la même rhétorique israélienne : les participants des flottilles humanitaires Global Sumud sont « malveillants », donnent raison « aux terroristes du Hamas ». Pourtant, s’il y a bien une violation du droit, elle est à chercher du côté des forces armées israéliennes, habituées des arrestations illégales.
Ces dernières sont de nouveau intervenues, lundi 18 mai, dans les eaux internationales au large de Chypre, afin d’intercepter une partie de la cinquantaine de navires qui voguaient vers Gaza. Les navires sous pavillon britannique et polonais Al Qastal, Kyriakos X, Shatila, Dayr Tarif et Tenaz sont concernés, a annoncé la Global Sumud sur ses réseaux sociaux. « Mais d’autres poursuivent leur route », a confirmé Gorkem Duru, membre de la branche turque de la flottille, auprès de l’Agence France-Presse (AFP).
« Arrêtez le génocide, pas la flottille »
Plusieurs navires de guerre israéliens ont été signalés à proximité des bâtiments de la flottille, partie le 14 mai dernier des côtes turques, avant que les communications n’aient été coupées. « Je pense (…) que vous êtes en train de déjouer un plan malveillant conçu pour briser le blocus que nous avons imposé aux terroristes du Hamas à Gaza », s’est rapidement réjoui le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, auprès du commandement de la marine israélienne, annonce un communiqué publié lundi après-midi.
La rapporteuse spéciale des Nations Unies (ONU) pour les territoires palestiniens, Francesca Albanese, a dénoncé un « nouvel acte de piraterie commis par l’armée israélienne » et Stephen Bowen, directeur exécutif d’Amnesty International Irlande, a intimé à Tel-Aviv d’« arrêter le génocide, pas la flottille ».
La Turquie a, de son côté, condamné une opération réalisée « dans les eaux internationales ». Les tensions diplomatiques entre Ankara et Tel-Aviv à propos de la bande de Gaza n’ont cessé de se tendre depuis la mort, en 2010, de neuf militants turcs présents sur le navire Mavi-Marmara, lors d’un assaut des forces israéliennes.
Cette nouvelle opération illégale fait suite à celle du 29 avril, durant laquelle vingt-deux navires ont été interceptés près de la Grèce. Plusieurs dizaines de militants ont été battus – ou victimes d’agressions sexuelles – avant d’être expulsés vers la Crète. Les organisateurs de la flottille, Saif Abukeshek et Thiago Ávila, ont quant à eux été détenus pendant dix jours et torturés dans une prison israélienne. L’impunité de Tel-Aviv se poursuit donc, tandis que la communauté internationale se complaît dans sa passivité.
Tom Demars-Granja
L'Humanité du 18 mai 2026

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