L'ambassadeur d'Israël à Paris, Yehoshua Zarka, a rencontré la dirigeante d'extrême droite française Marine Le Pen lors d'une réunion non annoncée à l'ambassade, une initiative qui témoigne d'un changement significatif dans la politique israélienne à l'égard de ce mouvement.
L'information a été rapportée jeudi 16 avril par le quotidien Le Parisien, citant des sources officielles de l'ambassade, une initiative qualifiée de « net tournant dans la politique officielle israélienne ».
Cette rencontre est sans précédent dans les relations publiques entre Israël et le mouvement de Le Pen, que les gouvernements israéliens ont historiquement évité en raison de ses racines dans une rhétorique antisémite.
Cependant, des sources indiquent que ce contact n'est pas le premier du genre, compte tenu d'une coopération non déclarée antérieure avec le parti Rassemblement national en France.
La rencontre a suscité de vives réactions dans les cercles proches de l'Élysée, notamment compte tenu des tensions croissantes entre Paris et Tel-Aviv concernant la guerre à Gaza et l'escalade des tensions au Liban.
Un responsable français a qualifié cette initiative de « radicale » et « politiquement injustifiée », mettant en garde contre ses répercussions sur les relations d'Israël avec le monde politique français et sur la sensibilité de la communauté juive.
Une source proche de la présidence française a déclaré : « L'ambassadeur a le droit de rencontrer qui il veut », mais a ajouté : « Nous espérons seulement qu'il a pris en compte les répercussions politiques sur le monde politique français, ainsi que les besoins et les préoccupations de la communauté juive. »
La source a ajouté : « Marine Le Pen n'a jamais été invitée aux événements majeurs du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), et ce n'est pas sans raison », avant de poser une question directe : « Israël s'allie-t-il à une minorité d'extrême droite, ou cherche-t-il à obtenir le soutien du courant politique français et de la communauté juive en France ? »
La source a également mis en garde contre les répercussions de cette initiative, affirmant qu'Israël devrait tirer les leçons du passé, notamment son soutien à des personnalités européennes controversées. Selon elle, de telles politiques pourraient accroître l'isolement d'Israël en Europe et « donner des arguments à ceux qui cherchent à l'attaquer ».
Cette rencontre intervient alors même que les relations avec le Rassemblement national ne sont pas entièrement nouvelles. Le chef du parti et successeur de Marine Le Pen s'est rendu en Israël l'année dernière, preuve de l'existence de canaux de communication, malgré la sensibilité politique entourant l'histoire du parti fondé par Jean-Marie Le Pen, connu pour son négationnisme et condamné pour incitation à la haine.
Par ailleurs, Marine Le Pen elle-même fait face à des conséquences judiciaires. Condamnée il y a plus d'un an pour détournement de fonds européens à deux ans de prison, elle est également inéligible à la prochaine élection présidentielle, ce qui compromet son avenir politique.
(Correspondance locale - Al Qods, le 16 avril 2026)

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