Le monde retient son souffle face aux négociations d'Islamabad

 


Trois facteurs ont acculé Trump dans sa guerre contre l'Iran : l'échec d'atteindre ses objectifs déclarés par la voie militaire, l'impact négatif sur l'économie mondiale et les répercussions politiques, tant au niveau national qu'international. D'une part, reculer serait pour lui une catastrophe avec des conséquences politiques désastreuses. D'autre part, une recrudescence des attaques comporte des risques importants et entraînerait de lourdes pertes humaines.

La guerre de 40 jours a abouti aux négociations d'Islamabad. Malgré la déclaration d'une trêve temporaire, les pourparlers ont échoué dès le premier cycle en raison du fossé immense entre les propositions en 10 points de Téhéran et les 15 points de Washington, qui exigeaient la capitulation de l'Iran. L'administration américaine est consciente des graves difficultés stratégiques qu'elle rencontre sur le terrain – voire d'un revers complet – mais elle prétend avoir atteint tous ses objectifs militaires et qu'elle atteindra ses objectifs politiques à la table des négociations !

Malgré l'échec déclaré des négociations, le monde entier retient son souffle quant aux fragiles, quoique tendus, pourparlers qui se poursuivent à Islamabad par divers canaux. Trump, en tentant d'améliorer sa position en imposant un blocus naval aux ports iraniens pour rouvrir le détroit d'Ormuz, ne fait qu'aggraver la situation. L'Iran a autorisé le trafic maritime dans le détroit – de manière progressive – tout en percevant des droits de transit (en yuans chinois). Il a également signé des accords avec plusieurs nations et négocie avec d'autres, dont l'Inde et la Chine. Il semble que les actions de Trump visent à empêcher l'Iran de contrôler le trafic du détroit, le contraignant ainsi à assouplir sa position de négociation, ou à faire pression sur la Chine (principale cible de ce blocus) pour qu'elle exerce à son tour une pression sur l'Iran.

Les négociations, actuellement au point mort, aboutiront tôt ou tard à des accords et à un règlement – ​​un accord – qui abordera les questions en suspens, notamment le dossier nucléaire, l'enrichissement de l'uranium et son taux, ainsi que la situation au Liban. Quoi qu'il en soit, l'actuel accord favorisera l'Iran, qui a su résister et affronter la première puissance militaire, économique et politique mondiale. Son application s'est traduite par l'utilisation du détroit d'Ormuz comme levier, obligeant le monde à s'intéresser aux risques et aux répercussions de cette guerre en cours, notamment sur le plan économique. Trump aura du mal à accepter les conséquences militaires et politiques de cet accord, son impact direct sur le plan intérieur et ses effets indirects sur le capitalisme américain et mondial – même s'il y était contraint –, ce qui pourrait le pousser à se lancer dans un nouveau pari militaire pour compenser ses pertes au Moyen-Orient avant les élections du mi-mandat.

Quant à l'entité sioniste, elle se retrouvera enchaînée par les contraintes d'un accord, ce qui sonnera le glas politique de Netanyahou et anéantira ses ambitions, ainsi que celles du mouvement sioniste, qui visait à établir un « Grand Israël ». De par sa nature fasciste, à l'instar de ses maîtres, cette entité se lancera dans de nouvelles aventures militaires avec l'aval des États-Unis afin de compenser son échec et de consolider sa position en vue des prochaines consultations électorales.

Pour ce qui est des États du Golfe, la situation devrait être plus claire suite à cette guerre : Impossible pour eux de compter sur les États-Unis pour leur protection. Leur seul véritable partenaire est l'entité sioniste. Tout le reste n'étant que des instruments de contrôle, d'extorsion et de pillage des ressources. Il leur est essentiel de rompre ce système et d'élargir leur réseau de relations internationales, notamment avec la Russie, la Chine et les pays du BRICS. 

Il convient de noter que même si un accord était rapidement conclu, ses répercussions économiques ne pourront se concrétiser que sur le long terme en raison des effets en cascade de la fermeture du détroit d'Ormuz et du retrait effectif de millions de barils de pétrole et de gaz des marchés. L'Asie étant la plus touchée dans l'immédiat avec des répercussions à venir sur l'Europe, les États-Unis et le reste du monde. Il semble que les prix de l'énergie resteront élevés au moins jusqu'à la fin de l'année.

Le cours de cette guerre a marqué un tournant décisif dans le déclin de l'impérialisme américain. Il est essentiel de consacrer les sacrifices, la détermination et la résistance au service d'un projet de libération radicale afin d'éliminer la barbarie de l'impérialisme et du sionisme, ainsi que toutes les formes d'oppression de classe, de tyrannie, d'injustice et de discrimination, pour un monde de liberté, d'indépendance, de dignité, de justice sociale et de progrès humain, tant au niveau régional que mondial.

Samir Diab,
Le 28 avril 2026
Traduit de l'arabe par Roland Richa

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