Guerre en Iran : vers de nouvelles négociations au Pakistan entre Washington et Téhéran ?

 

Donald Trump a estimé mardi 14 avril que la guerre avec l’Iran était « presque finie », après avoir évoqué une possible reprise des discussions avec l’Iran cette semaine au Pakistan. Les premières négociations s’étant tenues le 12 avril n’avaient pas abouti, le président états-unien annonçant même un blocus naval contre l’Iran.
« Je pense que c’est presque fini », a affirmé le président Donald Trump dans la soirée du mardi 14 avril sur la chaîne Fox News, assurant que les autorités iraniennes « veulent vraiment parvenir à un accord ». Le président états-unien a par ailleurs évoqué une possible reprise des discussions avec l’Iran dès cette semaine au Pakistan. « Quelque chose pourrait arriver au cours des deux prochains jours », a-t-il affirmé à un journaliste du New York Post.
Le week-end passé, un premier round de négociations avec le vice-président américain JD Vance n’avait pas abouti, sans conduire à une rupture du cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril, mais provoquant le blocus naval du détroit d’Ormuz et plus particulièrement des ports iraniens par la marine états-unienne. « Les forces américaines ont complètement mis à l’arrêt le commerce maritime » de l’Iran, s’est encore félicité tôt mercredi 15 avril le chef des forces américaines dans la région, Brad Cooper, soulignant qu’environ « 90 % de l’économie iranienne » dépendent de celui-ci.
Dans ces conditions des pourparlers peuvent-ils reprendre ? Alors que le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé mardi à la reprise de « négociations sérieuses » – « Il n’y a pas de solution militaire à cette crise », a-t-il insisté -, deux sources pakistanaises de haut rang ont confirmé à l’Agence France-Presse qu’Islamabad cherchait à les relancer.

Liban : des conditions intenables ?
Le même jour, des émissaires israélien et libanais se sont rencontrés à Washington, alors qu’Israël intensifie sa guerre contre le pays du Cèdre et exclut le Liban de l’accord de cessez-le-feu. « Nous avons découvert aujourd’hui que nous (Israël et le Liban, NDLR) sommes du même côté », a déclaré l’ambassadeur israélien Yechiel Leiter. « Nous sommes tous deux unis dans notre volonté de libérer le Liban » du mouvement chiite pro-iranien Hezbollah, a-t-il ajouté.
L’ambassadeur a aussi affirmé qu’Israël ne voulait pas de l’implication de Paris dans ces discussions sur le Liban. Son homologue libanaise Nada Hamadeh Moawad a qualifié la « réunion préparatoire » de mardi de « constructif » et « appelé à un cessez-le-feu » entre Israël et le Hezbollah.
Israël entend jouer sur les tensions politiques existant au pays du Cèdre en tentant de dissocier la question du Hezbollah du reste du pays. En réalité, comme le souligne le quotidien libanais l’Orient-le Jour, « les conditions israéliennes seraient particulièrement strictes, fondées sur un plan attribué au ministre des Affaires stratégiques Ron Dermer ». Celui-ci prévoit une division du Liban en trois zones : une bande de 8 km de profondeur à partir de la « frontière israélienne » au Sud, destinée à devenir une zone de sécurité.
Puis une zone tampon qui s’étendrait jusqu’au fleuve Litani où les Israéliens entendent affronter les combattants de l’organisation chiite qui leur oppose une résistance acharnée. Enfin, l’ensemble du territoire au nord du Litani, où l’armée libanaise serait chargée de désarmer complètement le Hezbollah, présenté comme condition préalable à tout retrait israélien progressif.

L'Humanité du 15 avril 26

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire