Le cessez-le-feu décrété entre les États-Unis et l’Iran expire le 21 avril. Des négociations pourraient reprendre, mais les deux parties entretiennent le doute, additionnent les exigences et montrent les muscles.
Donald Trump sait-il où il va ? Depuis le déclenchement de la guerre contre l’Iran – lancée avec Israël –, il multiplie les déclarations contradictoires. C’est à se demander s’il s’avère être seulement un piètre négociateur, un dirigeant incapable de décider du chemin à prendre, ou simplement totalement perdu mais voulant donner le change.
Il a accusé, dimanche 19 avril, l’Iran de « violation totale » du cessez-le-feu bilatéral pour avoir tiré sur des navires près du détroit d’Ormuz, et a renouvelé sa menace de détruire les centrales électriques et les ponts iraniens si le pays n’acceptait pas ses conditions. L’arrêt partiel des hostilités décidé par les États-Unis et l’Iran prend fin ce mardi 21 avril et nul ne sait s’il sera renouvelé ou si de véritables négociations vont réellement reprendre.
La navigation restait bloquée dans le détroit deux jours après l’annonce de son ouverture par Washington et Téhéran. Mais après que le locataire de la Maison-Blanche a annoncé le maintien du blocus des navires iraniens, les dirigeants iraniens ont affirmé samedi que le détroit restait fermé. Au moins deux navires ont signalé avoir essuyé des tirs à l’approche du détroit samedi.
Ce qui n’a pas empêché Donald Trump d’annoncer que ses émissaires arriveraient au Pakistan lundi soir, prêts à poursuivre les négociations, et d’écrire dans le même temps sur les réseaux sociaux : « Nous proposons un accord très juste et raisonnable, et j’espère qu’ils l’accepteront car, sinon, les États-Unis détruiront toutes les centrales électriques et tous les ponts d’Iran… FINI LA GENTILLESSE ! »
La tension reste palpable
Avec des prix du carburant élevés aux États-Unis, une inflation galopante et une cote de popularité en baisse, Trump s’efforce de conclure un accord diplomatique susceptible d’endiguer les répercussions sur son administration alors que des élections de mi-mandat sont prévues au mois de novembre.
À tel point que, selon l’agence Reuters, qui s’appuie sur les déclarations de certains diplomates, « les alliés européens craignent qu’une équipe de négociation américaine inexpérimentée ne cherche à conclure rapidement un accord-cadre avec l’Iran qui risquerait d’aggraver les problèmes plutôt que de les résoudre ».
Les deux parties entretiennent le doute, additionnent les exigences et montrent les muscles. Bluff ou non, les tensions restent palpables. Outre le détroit d’Ormuz et son contrôle par l’Iran, la question du nucléaire reste au centre des préoccupations. « L’essentiel, c’est que l’Iran ne possède pas l’arme nucléaire. On ne peut pas laisser l’Iran se doter de l’arme nucléaire, et cela prime sur tout le reste », a lâché Trump.
Poussé par Israël, Washington dénie à Téhéran même l’enrichissement de l’uranium à des fins civiles. Pour le président iranien, Masoud Pezeshkian, rien ne justifie que son pays soit privé de ce droit.
« Tant que nous n’aurons pas convenu du cadre, nous ne pourrons pas fixer de date », a fait savoir le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Saeed Khatibzadeh, en marge d’un forum diplomatique organisé en Turquie. « Des progrès significatifs ont pourtant été réalisés. Mais l’approche maximaliste de l’autre partie, qui tentait de faire de l’Iran une exception au droit international, nous a empêchés de parvenir à un accord. »
Par Pierre Barbancey
L'Humanité du 19 avril 2026

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