Le pape Léon XIV a appelé, vendredi 3 avril, le président israélien Isaac Herzog afin que Tel-Aviv respecte le « droit international ». Entre l'occupation du Liban, les bombardements en Iran et la loi votée actant un apartheid pour la peine de mort, le gouvernement suprémaciste dirigé par Benyamin Netanyahou franchit chaque jour un cap supplémentaire dans la violence et les crimes.
Les pressions internationales se multiplient à l’encontre des autorités israéliennes. Le pape, Léon XIV, s’est entretenu vendredi matin avec le président Isaac Herzog afin de lui rappeler « l’importance de protéger la population civile et de promouvoir le respect du droit international et humanitaire », a indiqué le Vatican dans un communiqué.
Le gouvernement suprémaciste israélien, dirigé par Benyamin Netanyahou, mène depuis le 28 février une guerre illégale contre l’Iran et organise l’occupation du sud-Liban. « La nécessité de rouvrir tous les canaux de dialogue diplomatique a été réaffirmée afin de mettre fin au grave conflit en cours et d’instaurer une paix juste et durable au Moyen-Orient. » a réclamé le pape.
L’armée israélienne prend pour cible les civils libanais
Au même moment, le ministre de la Défense, Israel Katz a confirmé, ce vendredi 3 avril, que l’intervention au Liban était « indépendante » de la guerre menée en Iran et d’un éventuel cessez-le-feu. Les bombardements, les destructions d’habitats et d’infrastructures, les déplacements forcés de population, les crimes vont donc se poursuivre. Car l’objectif demeure de désarmer le Hezbollah.
Certains estiment que l’armée israélienne prévoit de démolir complètement toutes les habitations de la zone, comme elle l’a fait dans la bande de Gaza. Israel Katz a ajouté que l’armée israélienne « maintiendra un contrôle sécuritaire » dans le sud du Liban, jusqu’au fleuve Litani, et que « le retour des 600 000 habitants du sud du Liban qui se sont déplacés vers le nord… ne sera pas autorisé tant que la sécurité des habitants du nord ne sera pas assurée ».
Seulement dans Haaretz, des responsables militaires israéliens ont assuré que l’armée n’est pas en mesure de désarmer le Hezbollah, car cela nécessiterait d’occuper l’ensemble du Liban. Seul le gouvernement libanais pouvait désarmer ce groupe.
Le président israélien a également reçu une lettre ouverte, de la London Initiative qui a recueilli plus de 3 000 signatures, d’intellectuels, diplomates, philanthropes, rabbins et universitaires d’Australie, du Canada, de toute l’Europe, d’Afrique du Sud, du Royaume-Uni et des États-Unis. La lettre, publiée à l’occasion de la fête juive de la Pâque, pointait : « Monsieur le Président, la terreur, la mort et la destruction infligées par des extrémistes juifs israéliens à des Palestiniens innocents à travers la Cisjordanie constituent une abomination ».
La peine de mort pour les Palestiniens, un nouveau cap dans la violence
Signé par l’ancien ministre britannique des Affaires étrangères Malcom Rifkind, Matthew Gould, ancien ambassadeur du Royaume-Uni en Israël ; Lord Michael Levy, ancien envoyé spécial au Moyen-Orient, le texte poursuit : « Ce n’est pas seulement moralement honteux, mais cela constitue également une menace stratégique pour l’avenir d’Israël. Malheureusement, au vu des événements et des déclarations des partenaires les plus extrêmes de la coalition, on peut conclure que la violence qui ravage actuellement la Cisjordanie n’est pas seulement tolérée par le gouvernement, mais qu’elle relève en fait de sa politique. »
La lettre condamne la violence des colons en Cisjordanie. Elle a été envoyée juste après la loi votée le 31 mars qui instaure « la peine de mort pour les terroristes » palestiniens. Le texte exclut de fait les actes – quand bien même seraient-ils de nature « terroriste » – de citoyens israéliens, et notamment des colons.
Depuis l’arrivée au pouvoir de la coalition israélienne -le Likoud de Netanyahou, Sionisme religieux de Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir, ainsi que le Shass, la formation ultraorthodoxe d’Aryé Dery- les slogans de l’extrême droite ont été repris. Le journaliste au quotidien Haaretz, Joshua Leifer, rappelle que la « mort aux terroristes » a longtemps été un chant d’Itamar Ben-Gvir « lors de rassemblements de son parti Otzma Yehudit, où le drapeau jaune orné d’un poing noir et d’une étoile de David -l’étendard du mouvement interdit Kach- flottait au-dessus d’une foule en ébullition ».
En Israël, l’influence grandissante de l’idéologie kahaniste
Le quotidien poursuit que : « pendant des années, il s’agissait davantage d’une provocation populiste que d’une proposition législative sérieuse, brandie par la frange kahaniste pour attiser la haine anti-arabe et inciter la colère du public, souvent à la suite d’attentats. Mais les disciples idéologiques du rabbin Meir Kahane (fasciste et théocrate né à Brooklyn) ne sont plus une frange marginale. Leurs représentants occupent des postes de ministres ; leurs propositions les plus radicales déterminent l’agenda législatif du pays ».
Le bureau de Herzog a publié sa réponse sur X. Faisant référence à ce qu’il a qualifié de « récente flambée de violence de la part d’éléments extrémistes » en Cisjordanie et de « graves atteintes contre des innocents », il a ajouté : « Je partage votre conviction que ces actes de violence sont en totale contradiction avec les valeurs sur lesquelles Israël a été fondé et avec la tradition éthique séculaire du peuple juif. »
Vadim Kamenka
L'Humanité du 03 avril 2026

Je suis contrariée tout les matins de voir cette gueule d'assassin donc je ne lis pas l'article. Ne pouvez-vous pas mettre autre chose. Merci quand même pour toutes vos publications. Amicalement.
RépondreSupprimerSamia la palestinienne bien que vivant en France depuis plus de 50 ans