Guerre en Iran : Donald Trump et Israël revendiquent leurs crimes de guerre

 

Dépôt pétrolier à Téhéran, touché par des bombardement aériens le 7 mars 2026. Le 7 avril encore, Tel-Aviv a affirmé avoir bombardé un complexe pétrochimique stratégique à Chiraz, dans le sud de l’Iran.© Sasan/Middle East Images/ABACA
Le pays a subi d’importantes attaques, mardi 7 avril, sur des infrastructures stratégiques : ponts, voies ferrées, routes. Depuis un mois, ces bombardements contreviennent au droit international et Donald Trump annonce de nouvelles violations.
Après la guerre en Ukraine, Gaza, les violations du droit international s’étendent au Moyen-Orient. Les bombardements répétés sur des infrastructures civiles en Iran ou au Liban par Washington et Tel-Aviv sont totalement illégaux. Les quatre conventions de Genève et leurs protocoles additionnels rappellent que « la destruction et l’appropriation de biens, non justifiées par des nécessités militaires et exécutées sur une grande échelle de façon illicite et arbitraire », sont des crimes de guerre.
Depuis le lancement de son opération illégale en Iran, le 28 février, Donald Trump ne se préoccupe guère de ce type de règle. Le président des États-Unis a même affirmé qu’il n’était « absolument pas » inquiet à l’idée de commettre d’éventuels crimes de guerre en menaçant de détruire encore davantage et plus violemment des ponts et des centrales électriques iraniennes.
Pour Anne Héry, directrice du plaidoyer à Handicap international, « il existe un principe fondamental en droit international humanitaire, les belligérants doivent faire la distinction entre civils et militaires. Et cela concerne en premier lieu les populations mais aussi les infrastructures. Il est interdit d’attaquer ou de détruire des biens nécessaires à la survie de la population, comme tout ce qui concerne l’eau potable, les systèmes d’assainissement, la production et la distribution alimentaires, les établissements de santé. Leur ciblage est un crime de guerre ».

Une escalade contre les infrastructures
Des hôpitaux, des écoles, des universités, des ponts, des réseaux de gaz et de distribution d’eau, des champs pétroliers et bien d’autres infrastructures ont déjà été ciblées par les armées états-uniennes et israéliennes. Le 7 avril encore, Tel-Aviv a affirmé avoir bombardé un complexe pétrochimique stratégique à Chiraz, dans le sud de l’Iran, et menacé de détruire des voies ferrées.
Deux ponts ont également été détruits le même jour, l’un près de Qom et l’autre près de Kachan, faisant plusieurs morts. Une autoroute reliant Tabriz à Téhéran a également été touchée dans le Nord-Ouest. « Nous écrasons le régime terroriste en Iran avec une force croissante », a déclaré le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, mardi.
Dans une escalade sans limites qui n’épargne pas les civils, les répliques iraniennes violent également les conventions internationales et le droit international humanitaire. Un site pétrochimique situé dans l’est de l’Arabie saoudite, à Jubail, a été touché dans la nuit de lundi à mardi. Cette zone abrite une des principales zones industrielles mondiales, où sont produits de l’acier, de l’essence, des produits pétrochimiques et des engrais chimiques.

« Une détérioration brutale du droit international humanitaire »
Un pont reliant l’Arabie saoudite à Bahreïn a également été fermé « par précaution » durant cinq heures, indiquent les Émirats arabes unis. Selon l’agence de presse Human Rights Activists New Agency, 3 600 personnes ont été tuées depuis le 28 février en Iran, dont au moins 1 665 civils.
Cet engrenage inquiète Anne Héry. « Quand on a de telles déclarations de dirigeants qui affirment délibérément bombarder des infrastructures civiles, on est effarés en tant qu’organisation protégeant les civils. Mais je suis surtout épouvantée de l’évolution générale avec ce qui s’est passé en Ukraine et surtout à Gaza. Nous assistons à une détérioration brutale du droit international humanitaire. »
La Cour pénale internationale (CPI), dans son statut, définit pourtant la destruction des biens d’un adversaire comme un crime de guerre, sauf si ces destructions sont « impérieusement commandées par les nécessités du conflit ». Par conséquent, une attaque contre un bien de caractère civil constitue bien un crime de guerre.
Sur l’Ukraine, la CPI a émis plusieurs mandats d’arrêt à l’encontre de dirigeants russes pour des attaques contre des infrastructures. « Les conventions de Genève engagent tous les États parties à respecter ou faire respecter le droit international, conclut Anne Héry. Seule leur mobilisation peut enrayer cette spirale et ces crimes. »

Vadim Kamenka
L'Humanité du 07 avril 2026

1 commentaire:

  1. nous sommes entré hélas dans une époque ou plus aucune instance de paix n''a les moyens de faire respecter le droit international. Nous somme retourné avant 1948.La guerre a tous les droits.

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