Avec un insupportable cynisme, Donald Trump se réjouit ouvertement de prendre la vie de civils. Dans la soirée de jeudi à vendredi, les Etats-Unis ont continué de bombarder l’Iran, comme depuis plus d’un mois. Le président milliardaire a posté sur son réseau social une vidéo montrant la destruction d’un des grands ponts routiers de Karaj, à quelques kilomètres à l’ouest de Téhéran.
« Il ne sera plus jamais utilisé, et il y a bien plus à venir ! », a-t-il éructé entre deux posts sur Bruce Springsteen, avant d’intimer à l’Iran un accord, « avant qu’il ne reste plus rien ». Puis, ce vendredi 3 avril, il a prévenu que les prochaines cibles états-uniennes seront les ponts et les centrales électriques.
Israël agit en toute impunité au Liban malgré les pertes civiles
Ces bombardements d’infrastructures civiles constituent bel et bien des « crimes de guerre », rappelait le président iranien Massoud Pezeshkian mercredi, qui sèmeront « les graines d’un ressentiment qui durera pendant des années ». L’Iran a répliqué en envoyant des missiles sur les villes côtières de Tel-Aviv et Eilat, interceptés par Israël.
Mais aussi en visant… une centrale électrique et de dessalement d’eau au Koweït, selon un communiqué publié par le gouvernement sur X, reportant des dégâts matériels. Quant au blocage du détroit d’Ormuz, le Conseil de sécurité de l’ONU a repoussé une réunion durant laquelle le Bahreïn, avec d’autres pays du golfe Persique, voulait faire pression sur l’Iran pour rouvrir le point stratégique aux pétroliers.
La même impunité anime Israël au Liban, où encore 15 personnes ont été tuées cette nuit suite à des missiles lancés sur le sud du pays, des « terroristes » du Hezbollah selon le langage habituel de l’armée. Plus d’un million de Libanais ont dû fuir leur foyer pour les quelques centres d’accueil ou les campements de fortune, à Beyrouth notamment.
Les bombardements continuent et le bilan humain s’alourdit à Beyrouth
« Il y a des endroits dans le sud qui sont en train d’être intégralement rasés, s’inquiète ce jeudi la directrice générale de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Amy Pope, auprès de l’AFP. Même si la guerre se termine demain, ces destructions resteront, et il faudra reconstruire.»
Mercredi, un bombardement israélien sur Beyrouth avait tué sept personnes. On compte plus de 3 000 victimes depuis le 28 février, date de lancement de la guerre israélo-états-unienne contre l’Iran, quasiment toutes libanaises et iraniennes, dont beaucoup de civiles.
Sur le plan intérieur, Donald Trump continue sa purge. Le Pentagone a annoncé, en pleine guerre, la “retraite” du chef d’état-major de l’armée de terre, Randy George, après le limogeage ces derniers mois du chef d’état-major des armées, de dirigeants de la marine, de la NSA ou, ce jeudi, de la ministre de la Justice Pam Bondi.
Axel Nodinot
L'Humanité du 03 avril 2026

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