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| Pedro Sanchez sauve (un peu) l’honneur des Européens, incapable de prendre leurs responsabilités vis-à-vis d’Israël et ses violations répétées du droit international.© Thomas COEX / AFP |
Toujours à la pointe pour dénoncer le comportement criminel du gouvernement dirigé par Benyamin Netanyahou, le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a de nouveau exhorté l’Union européenne (UE) à suspendre son accord d’association avec Israël.
Le chef de l’exécutif espagnol a notamment invoqué des violations « flagrantes » du droit international de la part du pays colonialiste, critiquant son offensive au Liban lors d’une intervention à l‘European Pulse Forum tenu à Barcelone. Selon le socialiste espagnol, Tel-Aviv « bafoue et viole » des articles de l’accord avec l’UE, qui exige aux parties de respecter les droits de l’homme. Sanchez a ainsi défendu la suspension de l’accord au nom de la cohérence et de l’empathie.
Quelques heures avant, le premier ministre israélien avait accusé l’Espagne d‘« hostilité » tout en annonçant son exclusion du mécanisme de surveillance international de la trêve dans la bande de Gaza. « Je ne laisserai aucun pays nous livrer une guerre diplomatique sans qu’il en paie immédiatement le prix », a-t-il menacé, à la suite de virulentes critiques à l’encontre de son gouvernement émises par le pays ibérique au sujet des dossiers iraniens et libanais.
L’Espagne à l’avant-garde de la défense du droit international
Un épisode de plus dans l’affrontement diplomatique ouvert entre les deux pays, séparés par 3 000 kilomètres de mer Méditerranée. Fin mars, Sanchez avait déjà déclaré qu’Israël « cherchait à infliger au Liban le même niveau de dégâts et de destruction » qu’à la bande de Gaza, tout en réaffirmant que son gouvernement s’opposait à la guerre américano-israélienne contre l’Iran, « un scénario bien pire – avec un impact potentiel bien plus large et bien plus profond – que la guerre illégale en Irak (de 2003 – NDLR) ».
Au début de ce même mois, le gouvernement espagnol mettait officiellement fin aux fonctions de son ambassadrice en Israël, qui avait déjà été rappelée à Madrid en septembre 2025. De son côté, Tel-Aviv n’a plus d’ambassadeur à Madrid depuis la reconnaissance de l’État de Palestine par le gouvernement de gauche de Pedro Sanchez, en 2024.
Alors que l’UE apparaît plus soucieuse de préserver ses équilibres internes et ses alliances avec Washington et Tel-Aviv que de défendre le droit international, l’Espagne de Sanchez – qui s’apprête à recevoir en fin de semaine plusieurs leaders progressistes tels que les présidents d’Afrique du Sud, du Brésil, de la Colombie et du Mexique – donne une nouvelle leçon à ses voisins.
Luis Reygada
L'Humanité du 12 avril 26

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