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175 personnes ont été arrêtées provenant de 21 embarcations sur les 58 participantes à la Flottille parties ces dernières semaines de Marseille (France), Barcelone (Espagne) et Syracuse (Italie).© |
Année après année, mois après mois, jour après jour, Israël viole toujours plus le droit international, sans limite. La marine militaire de Benyamin Netanyahou a intercepté le mercredi 29 avril au soir, une partie d’une nouvelle flottille qui tentait de briser le blocus de Gaza imposé par Israël depuis 2007.
Une interception qui s’est faite, comme d’habitude dans les eaux internationales, au large de la Crète, mais non plus à deux cents kilomètres des côtes du territoire palestinien, comme ce fut le cas les fois précédentes, mais à 1 800 km ! Record battu.
De l’aveu même du ministère israélien des Affaires étrangères, 175 personnes ont été arrêtées provenant de 21 embarcations sur les 58 participantes à la Flottille parties ces dernières semaines de Marseille (France), Barcelone (Espagne) et Syracuse (Italie).
Des lasers et des armes d’assaut semi-automatiques
15 Français se trouvent parmi les militants arrêtés. « Nos bateaux ont été abordés par des vedettes militaires qui se sont identifiées comme d’”Israël” », ont précisé les organisateurs de la Flottille mondiale Sumud sur X, ajoutant que les militaires israéliens avaient « pointé des lasers et des armes d’assaut semi-automatiques » et « ordonné aux participants de se rassembler à l’avant des bateaux et de se mettre à quatre pattes ».
Yasmine Scola, qui se trouve à bord de la flottille dont le navire transporte du matériel scolaire et de la nourriture, mais qui a pu rejoindre les eaux territoriales grecques en échappant aux poursuivants israéliens, a indiqué que le harcèlement par drones n’avait pas cessé. Ces bateaux entendent poursuivre leur route jusqu’à Gaza.
Parmi les quinze militants français, figure la conseillère municipale et présidente du groupe communiste de Paris Raphaëlle Primet, que l’Humanité a tenté de joindre en vain quelques heures après l’annonce de l’attaque israélienne.
Ian Brossat, sénateur (PCF) de Paris a interpellé le gouvernement français lors des questions au gouvernement, ce 30 avril. « Je souhaite que cette élue de la république, ainsi que ses camarades qui se trouvaient à bord de la flottille avec elle, puisse être libérée dans les plus brefs délais », a-t-il expliqué.
Le secrétaire général du Parti communiste français, Fabien Roussel, a également demandé au ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, « d’intervenir immédiatement pour leur libération », dénonçant un « kidnapping ».
Piraterie en eaux
internationales...
Par Roland RICHA
https://assawra.blogspot.com/2026/04/piraterie-en-eaux-internationales.html
L’ironie mortifère d’Israël
De son côté, le gouvernement italien a réclamé à Israël la « libération immédiate » de ses ressortissants « illégalement retenus », au nombre de 24, selon l’agence de presse Ansa.
Mais Israël préfère l’ironie. « En raison du grand nombre d’embarcations participant à la flottille, du risque d’escalade et de la nécessité d’empêcher la violation d’un blocus légal (sic !), une action précoce s’imposait, conformément au droit international », a justifié le porte-parole du ministère des affaires étrangères israélien, Oren Marmorstein, dans un communiqué.
« L’opération a été menée dans les eaux internationales, pacifiquement, sans faire de victime », a-t-il ajouté. Une façon de dire sans doute qu’abattre des militants pacifistes ne les gênerait pas, comme cela s’était produit lors de l’arraisonnement du Mavi Marmara le 22 mai 2010, qui participait à la « Flottille de la Liberté », visant à briser le blocus de Gaza, à une époque où plus personne ne parlait des Palestiniens. L’intervention militaire israélienne avait fait neuf morts et vingt-huit blessés parmi les passagers.
Un usage illégal de la force
Lors de la conférence de presse en ligne, l’avocat Romain Ruiz a rappelé que « la flottille intervient dans un cadre légal mais Israël veut criminaliser toute action ». Il a rappelé l’injonction faite par la Cour de justice internationale (CIJ) à Israël de laisser passer l’aide humanitaire. « Mais Tel Aviv fait un usage illégal de la force », a-t-il dénoncé.
Un représentant de la CGT a également condamné l’acte de piraterie israélien. « La communauté internationale doit, de toute urgence, mettre fin à l’impunité de l’État israélien pour les crimes commis. Seules des sanctions fortes pourront contraindre cet État, qui repousse chaque jour davantage les limites de l’inacceptable, au respect des règles les plus élémentaires du droit international », souligne Anne Tuaillon, présidente de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS).
Jeudi soir, des rassemblements étaient organisés dans toute la France pour exiger la libération des militants kidnappés par Israël. Il est à craindre des mauvais traitements dans les prisons.
Pierre Barbancey
L'Humanité du 30 avril 2026
Par Roland RICHA
https://assawra.blogspot.com/2026/04/piraterie-en-eaux-internationales.html
L’ironie mortifère d’Israël
De son côté, le gouvernement italien a réclamé à Israël la « libération immédiate » de ses ressortissants « illégalement retenus », au nombre de 24, selon l’agence de presse Ansa.
Mais Israël préfère l’ironie. « En raison du grand nombre d’embarcations participant à la flottille, du risque d’escalade et de la nécessité d’empêcher la violation d’un blocus légal (sic !), une action précoce s’imposait, conformément au droit international », a justifié le porte-parole du ministère des affaires étrangères israélien, Oren Marmorstein, dans un communiqué.
« L’opération a été menée dans les eaux internationales, pacifiquement, sans faire de victime », a-t-il ajouté. Une façon de dire sans doute qu’abattre des militants pacifistes ne les gênerait pas, comme cela s’était produit lors de l’arraisonnement du Mavi Marmara le 22 mai 2010, qui participait à la « Flottille de la Liberté », visant à briser le blocus de Gaza, à une époque où plus personne ne parlait des Palestiniens. L’intervention militaire israélienne avait fait neuf morts et vingt-huit blessés parmi les passagers.
Un usage illégal de la force
Lors de la conférence de presse en ligne, l’avocat Romain Ruiz a rappelé que « la flottille intervient dans un cadre légal mais Israël veut criminaliser toute action ». Il a rappelé l’injonction faite par la Cour de justice internationale (CIJ) à Israël de laisser passer l’aide humanitaire. « Mais Tel Aviv fait un usage illégal de la force », a-t-il dénoncé.
Un représentant de la CGT a également condamné l’acte de piraterie israélien. « La communauté internationale doit, de toute urgence, mettre fin à l’impunité de l’État israélien pour les crimes commis. Seules des sanctions fortes pourront contraindre cet État, qui repousse chaque jour davantage les limites de l’inacceptable, au respect des règles les plus élémentaires du droit international », souligne Anne Tuaillon, présidente de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS).
Jeudi soir, des rassemblements étaient organisés dans toute la France pour exiger la libération des militants kidnappés par Israël. Il est à craindre des mauvais traitements dans les prisons.
Pierre Barbancey
L'Humanité du 30 avril 2026

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