Effondrement des exportations de matières premières via le détroit d’Ormuz, sauf celles en provenance d’Iran

 

En mars, l’Iran a été propulsé premier exportateur de matières premières transitant par le détroit d’Ormuz, tout en faisant dégringoler les exportations des pays voisins du Golfe, en bloquant de facto ce passage stratégique en raison de la guerre entamée par Israël et les Etats-Unis contre la République islamique.
Les exportations de matières premières des pays du Golfe, à l’exception de l’Iran, par le détroit d’Ormuz ont reculé d’au moins 96 % en mars par rapport à la moyenne des douze mois précédents, selon les données de Kpler. Bahreïn et le Koweït ne semblent avoir expédié aucune cargaison de matières premières par le passage en mars.
Le Qatar, fournisseur majeur de gaz naturel liquéfié (GNL) en temps de paix, n’a exporté que 45 000 tonnes de butane et de propane via le détroit d’Ormuz en mars, et aucun chargement de GNL.
Entre attaques de navires et menaces de mines navales, Téhéran s’est réservé un accès quasi exclusif au détroit d’Ormuz depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Dans ce contexte, les exportations de matières premières du pays via le détroit ont reculé dans une proportion nettement plus limitée que ses voisins, à − 26 % en mars par rapport à la moyenne des douze mois précédents. Le pétrole brut a représenté 81 % des exportations iraniennes transitant par le détroit en mars, contre une moyenne de 62 % entre mars 2025 et février 2026.

Washington maintiendra son blocus des ports iraniens « aussi longtemps qu’il faudra », prévient Pete Hegseth
Washington maintiendra son blocus des ports iraniens, en vigueur depuis lundi, « aussi longtemps qu’il faudra », a affirmé jeudi le ministre de la défense américain, Pete Hegseth, au cours d’une conférence de presse au Pentagone. « Ce blocus s’applique à tous les navires, quelle que soit leur nationalité, en direction ou en provenance des ports iraniens. Cette opération américaine est un blocus des ports iraniens (…), pas un blocus du détroit d’Ormuz », a précisé le chef d’état-major de l’armée américaine, Dan Caine, présent à ses côtés.

Une conférence sur l’initiative pour la navigation maritime dans le détroit d’Ormuz aura lieu vendredi après-midi à l’Elysée en présence du premier ministre britannique
Le chef de l’Etat français et le premier ministre britannique, Keir Starmer, présideront la conférence relative à l’Initiative pour la navigation maritime dans le détroit d’Ormuz, au palais de l’Elysée, ce vendredi 17 avril, a rapporté le service presse de la présidence. Selon un déroulé prévisionnel, les deux dirigeants se rencontreront à midi pour un déjeuner. Ils animeront la conférence à partir de 14 heures, ils feront ensuite une déclaration conjointe à 16 heures.
« Face aux tensions persistantes au Moyen-Orient, la France et ses partenaires restent engagés pour défendre leurs intérêts et parvenir à un règlement solide et durable du conflit par la voie diplomatique garantissant la paix et la sécurité de tous dans la région », peut-on lire dans le communiqué.
« La liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz constitue une priorité immédiate, notamment au regard des conséquences économiques mondiales suscitées par ce conflit. Cette conférence réunira des Etats non belligérants désireux de marquer leur attachement à la liberté et à la sécurité de navigation dans le détroit d’Ormuz, conformément au droit international, et d’œuvrer à son rétablissement, y compris dans le cadre d’une mission multinationale strictement défensive lorsque les conditions de sécurité le permettront. »

Blocus des ports iraniens : l’armée américaine dit avoir refoulé dix navires
« Dix navires ont été refoulés et AUCUN navire n’a réussi à franchir le blocus depuis son entrée en vigueur lundi », a déclaré le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (CentCom), dans une publication sur X.
Le CentCom avait d’abord annoncé que neuf navires avaient été refoulés, mais en a ajouté un dixième, qui aurait été « redirigé » vers l’Iran par un destroyer américain, dans son décompte.
Les données de suivi maritime mardi indiquaient toutefois qu’au moins trois navires en provenance de ports iraniens avaient franchi le détroit d’Ormuz après l’entrée en vigueur du blocus militaire américain, même si certains ont ensuite fait demi-tour, selon le fournisseur de données maritimes Kpler.

Des navires de la marine américaine patrouillent dans le golfe d’Oman, assure le CentCom
Le commandement central de l’armée américaine pour le Moyen-Orient (CentCom) assure sur le réseau social X que « des navires de la marine américaine patrouillent dans le golfe d’Oman », tandis que le Centcom « continue d’appliquer le blocus américain sur les navires entrant et sortant des ports iraniens. Les forces américaines sont présentes, vigilantes et prêtes à faire respecter ces mesures ».

Le conseiller militaire de Mojtaba Khamenei menace de couler les navires américains
« M. Trump veut faire la police dans le détroit d’Ormuz. Est-ce vraiment votre travail ? Est-ce le travail d’une armée puissante comme celle des Etats-Unis ? », a dit à la télévision iranienne Mohsen Rezaï, un ancien commandant en chef des gardiens de la révolution – l’armée idéologique du régime – nommé conseiller militaire du Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, le mois dernier.
« Vos navires seront coulés par nos premiers missiles et c’est un danger pour les militaires américains. Ils peuvent vraiment être atteints par nos missiles et nous pouvons les détruire », a menacé ce responsable, en uniforme.
Considéré comme un tenant de la ligne dure même parmi les gardiens de la révolution, Mohsen Rezaï a déclaré que ce serait « bien » si les Etats-Unis lançaient une invasion terrestre. « Nous prendrions des milliers d’otages, et après nous obtiendrions un milliard de dollars pour chacun d’eux », a-t-il dit. « Je ne suis pas du tout en faveur d’une prolongation du cessez-le-feu », a-t-il également déclaré, soulignant qu’il s’agissait d’une opinion « personnelle ».
Mohsen Rezaï, une personnalité de haut rang en Iran, a dirigé les gardiens de la révolution de 1981 à 1997.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire