La Commission palestinienne des affaires des prisonniers et le Club des prisonniers palestiniens ont confirmé dans un communiqué que les autorités d'occupation israéliennes poursuivent leur dangereuse escalade du recours à la détention administrative arbitraire, dans le but d'étendre la portée des arrestations massives de Palestiniens.
Le communiqué, publié mercredi 11 mars, explique que les équipes juridiques ont reçu plus de 180 ordres de détention administrative en seulement 15 jours, concernant notamment trois femmes : Suad al-Khawaja pour deux mois, l'ancienne prisonnière Abeer Odeh pour quatre mois et Malak Mar'i, également pour quatre mois.
Le communiqué indique que le nombre de personnes détenues administrativement s'élevait à 3 442 début mars, dont 20 femmes et des dizaines d'enfants. Cela signifie que les détenus administratifs représentent désormais plus de 36 % du nombre total de prisonniers dans les prisons israéliennes, un indicateur alarmant qui témoigne de l'expansion sans précédent du recours à cette politique répressive par rapport aux autres catégories de détenus, notamment les personnes détenues, condamnées et celles qualifiées de « combattants illégaux ». Il a souligné que la grande majorité des personnes arrêtées depuis le début du conflit ont été immédiatement placées en détention administrative, sans compter les arrestations effectuées par les forces d'occupation sous prétexte d'« incitation » via les réseaux sociaux, dans une tentative constante d'instaurer un système répressif ciblant la présence palestinienne.
La déclaration indique que cette escalade s'inscrit dans la continuité d'une évolution historique dangereuse et fondamentale de la politique de détention administrative consécutive au génocide. Selon les données disponibles pour les institutions, cette politique connaît une expansion sans précédent, certains détenus étant maintenus en détention administrative pendant plus de trois ans.
La déclaration souligne que les tribunaux militaires de l'occupation continuent de perpétuer et d'ancrer le crime de détention administrative comme instrument systématique de répression, en organisant des procès simulés sous prétexte de « dossiers secrets », privant ainsi les détenus et leurs avocats de leurs droits fondamentaux à la défense.
La déclaration note que cela se reflète clairement dans les résultats des appels, dont environ 95 % sont rejetés au nom des détenus administratifs. Cette tendance se retrouve également dans les décisions de la Cour suprême de l'occupation lorsqu'elle examine les requêtes déposées à cet égard. Dans leur déclaration, les deux institutions ont souligné que le recours continu aux tribunaux d’occupation à leurs différents niveaux, notamment en cas de détention administrative, ne présente aucun avantage réel et contribue concrètement à donner une couverture formelle au système de justice militaire de l’occupation, qui est l’un des outils de répression et de contrôle.
Malgré cela, les deux organisations ont affirmé continuer à suivre le cas des détenus administratifs, conformément aux souhaits de ces derniers et de leurs familles. Ce suivi est motivé par le niveau sans précédent de torture, de mauvais traitements et de crimes commis à l'encontre des prisonniers, ainsi que par le refus des visites familiales et de toute communication. Ce suivi continu vise à maintenir un niveau minimal de contact entre les détenus et leurs avocats, malgré les restrictions sévères imposées par l'administration pénitentiaire de l'occupation concernant les visites des avocats et le nombre croissant de détenus.
Les deux organisations ont réaffirmé leur ferme position quant à la nécessité d'élaborer une position nationale globale en vue d'un boycott progressif des tribunaux de l'occupation, notamment en ce qui concerne la détention administrative, compte tenu de ses graves implications nationales et stratégiques qui affectent le cœur même de la cause des prisonniers et son avenir. Elles espèrent que cette approche recueillera un large soutien national, permettant ainsi l'adoption de cette étape cruciale.
Il convient de rappeler qu'il y a deux ans, face à l'escalade des arrestations en Cisjordanie après l'Holocauste, les Nations Unies ont appelé à la dissolution du système des tribunaux militaires de l'occupation.
(Correspondance locale - Al Qods, le 11 mars 2026)

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