Mort du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei

 

Une femme tient un portrait du Guide suprême, Ali Khamenei, lors d’un rassemblement sur la place Enghelab, à Téhéran, en Iran, le 1ᵉʳ mars 2026, après l’annonce de sa mort. MAJID ASGARIPOUR/VIA REUTERS
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a été tué samedi dans l’attaque d’Israël et des Etats-Unis, ont confirmé les médias d’Etat du pays durant la nuit. L’Iran a annoncé 40 jours de deuil et sept jours fériés. Téhéran a également annoncé la mort du chef des gardiens de la révolution, Mohammad Pakpour, et d’Ali Shamkhani, proche conseiller du Guide.

Dimanche matin, des milliers de personnes se sont rassemblées à Téhéran, certaines en larmes, brandissant des drapeaux iraniens et aux cris de « mort à l’Amérique », « mort à Israël », selon un journaliste de l’AFP sur place. 

Trois hauts responsables assureront la transition après la mort d’Ali Khamenei. Ce triumvirat sera composé du président iranien, Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejei, et d’un juriste du Conseil des gardiens de la Constitution, a déclaré un des conseillers du Guide, Mohammad Mokhber.

En matinée dimanche, des explosions ont été entendues dans plusieurs pays du Golfe (Qatar, Emirats arabes unis, Barheïn) ainsi qu’en Israël. « La plus féroce opération offensive de l’histoire des forces armées de la République islamique d’Iran va débuter d’un moment à l’autre contre les territoires occupés et les bases terroristes américaines », ont annoncé les gardiens de la révolution, promettant « un châtiment sévère » aux « meurtriers » d’Ali Khamenei.

Donald Trump a, lui, menacé l’Iran d’une riposte militaire « sans précédent » en cas de représailles. Le président américain avait dit, samedi soir, que les frappes continueront « sans interruption tout au long de la semaine, ou aussi longtemps que nécessaire pour atteindre notre objectif de paix dans tout le Moyent-Orient et dans le monde entier ».

De son côté, Israël a lancé une nouvelle offensive aérienne durant la nuit. L’armée israélienne a déclaré que « des dizaines d’avions de combat » avaient frappé plus de 30 cibles dans l’ouest et le centre de l’Iran, « notamment des systèmes de défense aérienne, des lanceurs de missiles, des cibles du régime et des centres de commandement militaire ». Des détonations ont été entendues à Téhéran durant la nuit.

A l’ONU, l’Iran a dénoncé un « crime de guerre et un crime contre l’humanité » après la mort de civils lors des frappes israélo-américaines.

Réunion d’urgence du conseil des gouverneurs de l’AIEA lundi
Le ‌conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) tiendra ​une réunion d’urgence ‌lundi matin à 9 heures (heure de Paris) au sujet des frappes menées samedi par les Etats-Unis ⁠et Israël en Iran, a fait savoir l’agence de l’ONU dans ⁠un ‌communiqué.
Cette réunion d’urgence a été ​organisée à la demande de la Russie. Elle se ‌tiendra une heure ⁠avant ‌la réunion trimestrielle du ‌conseil, prévue de ​longue date, à l’agenda de laquelle ‌le programme nucléaire de Téhéran figurait déjà.

Le chef de la diplomatie américaine annule son déplacement prévu lundi en Israël
Le département d’Etat américain annonce que Marco Rubio a annulé son déplacement prévu lundi en Israël après l’attaque lancée contre l’Iran par Washington et l’Etat hébreu.
« En raison des circonstances actuelles, le secrétaire Rubio ne se rendra plus en Israël le 2 mars », a écrit samedi Dylan Johnson, sous-secrétaire d’Etat à la diplomatie publique sur X.
Initialement prévu pour samedi selon un responsable américain, le déplacement du chef de la diplomatie américaine avait d’abord été reporté à lundi. M. Rubio devait se rendre en Israël pour « discuter d’une série de priorités régionales, notamment l’Iran, le Liban et les efforts en cours pour mettre en œuvre le plan de paix en 20 points du président Trump pour Gaza », avait rapporté un porte-parole adjoint du département d’Etat.
Les Etats-Unis avaient déjà recommandé, vendredi, au personnel non essentiel de leur ambassade à Jérusalem de quitter Israël.

 ( Le 1er mars 2026 )

Des manifestants brandissent des pancartes et une banderole lors de la manifestation « Halte à la guerre contre l’Iran » à Times Square, à New York. LEONARDO MUNOZ/AFP

A Téhéran, des rassemblements populaires après la mort d’Ali Khamenei (Dimanche, 1er mars 2026)

Le chef d’état-major de l’armée tué dans les frappes américaines et israéliennes
Les autorités iraniennes ont annoncé la mort de plusieurs hauts commandants des forces armées dans une attaque attribuée aux États-Unis et à Israël.
Parmi les victimes figurent le chef d’état-major des forces armées, le général Abdolrahim Mousavi ; le commandant en chef des Gardiens de la Révolution, le général Mohammad Pakpour ; l’amiral Ali Shamkhani, conseiller du guide suprême et secrétaire du Conseil de défense, ainsi que le ministre de la défense, le général Aziz Nasirzadeh.
Selon l’agence officielle Irna, ils ont été tués alors qu’ils participaient à une réunion du Conseil de défense. Les noms d’autres victimes doivent être annoncés ultérieurement, selon la même source.


Des manifestants dans le sud de l’Iran réclament vengeance pour la mort de Khamenei
Alors que des rassemblements ont lieu à Téhéran où plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées, des manifestations se déroulent également dans plusieurs villes du sud de l’Iran pour réclamer vangeance après la mort du Guide suprême iranien.

A Karachi, des centaines de manifestants tentent de prendre d’assaut un consulat américain
Outre Téhéran, des manifestants se déroulent à Bagdad, en Irak, ou à Karachi au Pakistan après la mort du Guide suprême iranien, Ali Khamenei. Des centaines de manifestants ont tenté dimanche de prendre d’assaut le consulat des Etats-Unis de Karachi, grande ville du sud du Pakistan, a constaté un journaliste de l’AFP.
De jeunes protestataires ont escaladé le portail principal du consulat, accédé à l’allée menant au bâtiment consulaire et brisé les vitres de plusieurs fenêtres.
La police a tiré du gaz lacrymogène en direction des manifestants qui se sont dispersés.


Le port d’Oman attaqué, l’ambassade américaine appelle à se confiner
Au deuxième jour de frappes iraniennes dans le Golfe en riposte à l’attaque israélo-américaine, le port d’Oman a été attaqué par des drones dimanche, selon l’agence de presse d’Etat. Un travailleur a été blessé dans l’attaque sur le port, a précisé l’agence d’Etat.
Dans un communiqué, « L’ambassade des États-Unis à Oman a demandé à son personnel de rester confiné. Nous recommandons à tous les Américains présents à Oman de faire de même jusqu’à nouvel ordre », a indiqué l’ambassade dans une publication sur X.


L’armée israélienne annonce des bombardements « au cœur de Téhéran »
L’armée israélienne annonce ce dimanche matin qu’elle est en train de bombarder « au cœur de Téhéran ». Les autorités iraniennes avaient appelé la veille à évacuer la ville.

Des manifestants tentent de prendre d'assaut l'ambassade américaine en Irak.
Ce matin, les forces de sécurité irakiennes ont utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser des manifestants qui tentaient de pénétrer dans l'enceinte de l'ambassade américaine, située dans la Zone verte, au centre de Bagdad.
L'agence de presse Shafaq a rapporté que les affrontements se sont concentrés au Pont suspendu, où des manifestants ont tenté de franchir les barrières de béton érigées par les autorités la nuit précédente. Ces manifestations font suite à la condamnation de l'agression américano-israélienne contre l'Iran et à l'assassinat du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, et de plusieurs autres dirigeants iraniens.
Des images vidéo montrent la police anti-émeute tentant de repousser la foule loin des dispositifs de sécurité, tandis que la tension restait vive aux entrées de l'enceinte présidentielle.

L'armée israélienne dit avoir détruit la moitié des stocks de missiles de l'Iran
L’armée israélienne a affirmé dimanche avoir détruit “environ la moitié” des stocks de missiles de l’Iran depuis le début samedi des frappes menées conjointement avec les Etats-Unis contre Téhéran.
“Au cours de cette opération, nous avons détruit environ la moitié des stocks de missiles du régime iranien et empêché la production d’au moins 1.500 missiles supplémentaires”, a affirmé le général Effie Defrin, porte-parole de l’armée, dans un discours télévisé.

Qui sont les principaux dignitaires iraniens dont la mort a été confirmée depuis les premiers bombardements ?
La mort du Guide suprême de la révolution islamique, Ali Khamenei a été confirmée en début de matinée dimanche par la télévision publique iranienne. Sa fille, son gendre et sa petite-fille ont, eux aussi, été tués samedi, selon la presse iranienne.
En plus du plus haut dignitaire de la République islamique d’Iran, plusieurs ministres ont été tués :
Le ministre de la Défense iranien Aziz Nasirzadeh
Le chef des services de renseignements de la police, Gholamreza Rezaian.
Le conseiller du guide suprême et secrétaire du Conseil de défense, Ali Shamkhani
Le chef d’état-major des forces armées, Abdolrahim Moussavi
Le commandant en chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour
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Huit morts au Pakistan lors de manifestations contre les attaques états-uniennes et israéliennes
Au Pakistan, près de huit personnes sont mortes dimanche à Karachi, ville portuaire le long de la mer d’Arabie lors d’une manifestation devant le consulat américain contre les frappes menées par les États-Unis et Israël en Iran ont indiqué les secours.
Des centaines de jeunes protestataires, brandissant des portraits du guide suprême iranien, Ali Khamenei, ont tenté de prendre d’assaut l’enceinte diplomatique, avant d’être dispersés par la police et les forces paramilitaires. Elles ont utilisé des matraques et tiré des gaz lacrymogènes pour disperser la foule, a déclaré Mohammad Jawad, un responsable de la police.
« Nous avons transporté au moins huit corps aux hôpitaux civils de Karachi, tandis que 20 autres personnes ont été blessées lors de l’incident au consulat », a confirmé à l’AFP Muhammad Amin, porte-parole du service de secours de la Fondation Edhi, qui a indiqué que la plupart présentaient des blessures par balle.

Poutine adresse ses condoléances à l’Iran pour l'« assassinat » d’Ali Khamenei
Le président russe a dénoncé ce dimanche 1er mars une « violation cynique » de « la morale et du droit international » de la part des États-Unis et d’Israël, qualifiant la mort d’Ali Khamenei d’« assassinat ».
Allié de l’Iran, Vladimir Poutine avait cependant pris ses distances récemment avec le régime iranien. Hier, le ministère russe des Affaires étrangères avait qualifié samedi l’agression israélo-américaine contre l’Iran de « démarche imprudente » et appelé à un retour immédiat au processus diplomatique pour résoudre la crise.

Manifestations au Cachemire en soutien au régime iranien
Des manifestations ont éclaté dimanche au Cachemire, une région disputée entre l’Inde et le Pakistan, après la mort du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, lors d’un bombardement militaire israélien.
Dans la ville de Srinagar, dans le Cachemire sous administration indienne, des milliers de personnes en deuil, principalement dans les quartiers où vivent de nombreux musulmans chiites, ont brandi des drapeaux rouges, noirs et jaunes ainsi que des portraits du dirigeant iranien. Les manifestants ont scandé des slogans condamnant les États-Unis et Israël.

Oman ciblé à son tour par les attaques iraniennes
L’Iran mène dimanche pour la deuxième journée consécutive des frappes sur les monarchies du Golfe, qui ont fait au moins deux morts aux Émirats arabes unis, en riposte à l’attaque américano- israélienne et à la mort d’Ali Khamenei.
Dimanche matin, des journalistes de l’AFP ont entendu de nouvelles explosions à Dubaï aux Émirats arabes unis, ainsi qu’à Doha au Qatar et à Manama, la capitale du Bahreïn.
Oman, médiateur dans les négociations reprises début février entre l’Iran et les États-Unis, a été ciblé pour la première fois dimanche : une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu’un pétrolier a été visé au large de ses côtes.
Des responsables iraniens avaient multiplié ces dernières semaines les menaces de frapper les installations des États-Unis chez leurs alliés du Golfe en cas d’attaque de Washington.
Selon Anwar Gargash, conseiller du président émirati, ces attaques contre les États du Golfe sont une « erreur de calcul » et isolent l’Iran « à un moment critique ».



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