L'Amérique possédait la plus grande puissance militaire du monde, un arsenal sans égal, une technologie de pointe et de vastes alliances s'étendant sur plusieurs continents. Pourtant, malgré cette supériorité, elle ne put remporter ses batailles majeures face à la volonté des peuples qui croyaient en leurs droits et leur dignité. L'histoire nous enseigne que la force seule ne garantit pas la victoire et que la détermination et la foi en une cause peuvent vaincre même les plus grandes armées.
Durant la guerre du Vietnam, les États-Unis se sont retrouvés face à un peuple simple, aux ressources limitées, mais à la volonté inébranlable. Ils ont eu recours à des bombardements intensifs, à des armes modernes et à des tactiques brutales, sans toutefois parvenir à soumettre un peuple qui luttait sur sa terre pour son indépendance et sa dignité. La guerre devint une guerre d'usure interminable, non seulement sur le champ de bataille, mais aussi au sein même de l'Amérique, où les interrogations sur le sens de la guerre se sont intensifiées : Pourquoi combattons-nous ? Quel est l'intérêt ? Finalement, la superpuissance n'eut d'autre choix que de se retirer, laissant derrière elle une dure leçon : un peuple qui croit en sa cause ne peut être soumis. Ce scénario se répéta ensuite lors de la guerre en Afghanistan (2001-2021), sous une forme différente. Les États-Unis entrèrent en guerre au sommet de leur puissance, animés par le désir de remodeler la région et de contrôler leurs adversaires. Les années passèrent, les stratégies évoluèrent, les dépenses augmentèrent, mais le résultat demeura le même : une guerre sans issue apparente. Vingt ans de combats ne permirent ni d'instaurer la stabilité ni d'atteindre les objectifs déclarés. En se retirant, les États-Unis ne laissèrent derrière eux qu'un échec politique et militaire retentissant, et une leçon choquante pour le monde : la volonté ne peut être brisée par la seule force.
Dans un autre coin du monde arabe, on trouve l'expérience de Gaza, où la résistance palestinienne a prouvé que la fermeté n'est pas un simple slogan, mais une volonté vivante qui défie les plus grands arsenaux militaires. Pendant plus de deux ans et demi d'affrontements continus, au milieu d'un siège total et d'une pression immense, Gaza n'a pas cédé. Au contraire, elle a démontré la capacité d'un peuple à défendre sa terre, sa dignité et sa volonté. Roquettes, frappes aériennes et bombardements intenses : rien de tout cela n'a entamé la détermination des résistants ni ne les a dissuadés de défendre le peuple palestinien. Gaza n'est pas aujourd'hui seulement une terre assiégée, mais un symbole vivant de fermeté et de détermination à défendre le droit chemin, une leçon claire pour tous ceux qui pensent que la seule force militaire suffit.
Ces expériences, du Vietnam à l'Afghanistan, puis à Gaza, ne signifient pas que les grandes puissances sont faibles, mais plutôt que le concept même de puissance doit être redéfini. La puissance ne se résume pas aux armes, mais à la capacité de comprendre les peuples, de respecter leur volonté et de connaître les limites de l'intervention. Lorsqu'une guerre se transforme en conflit avec une nation entière, la victoire militaire, si elle est remportée, perd toute valeur politique.
Aujourd'hui, alors que nous envisageons la possibilité d'un conflit avec l'Iran, nous devons garder ces leçons à l'esprit. L'Iran n'est ni un théâtre d'opérations isolé, ni un adversaire traditionnel que l'on peut appréhender selon la même logique. C'est une nation riche d'histoire, dotée de capacités militaires avancées, d'une présence régionale et d'un peuple profondément attaché à sa souveraineté. Toute confrontation avec ce pays ne sera pas une simple bataille militaire, mais un conflit sans fin aux implications considérables, qui pourraient s'étendre bien au-delà des frontières de la région.
Ceux qui croient que les guerres se décident rapidement, ou que la seule supériorité militaire suffit à remporter la victoire, ignorent les enseignements de l'histoire récente. Les guerres modernes, surtout contre des peuples ou des nations unis, deviennent des guerres de volonté, et non de simples guerres militaires. Dans de tels conflits, la question n'est pas de savoir qui est le plus fort. En réalité, ce sont les plus patients et les plus déterminés à persévérer qui font preuve de la plus grande fermeté.
C'est là que réside la force de Gaza et son enseignement fondamental : un peuple qui résiste avec dignité et résilience ne peut être vaincu, quelle que soit la puissance de son adversaire. La fermeté dont Gaza a fait preuve pendant deux ans et demi face à une agression incessante démontre que la volonté est plus forte que n'importe quel arsenal militaire et que, dans la cause palestinienne, la justice est la véritable force, inébranlable.
La question qui se pose aujourd'hui est la suivante : les grandes puissances ont-elles tiré les leçons du passé, ou persistent-elles à les répéter ? Persistent-elles à croire que la force militaire peut imposer une réalité permanente et que les peuples peuvent être soumis par les bombardements, les sièges et les pressions ? Persistent-elles à ignorer que chaque peuple a une mémoire, que chaque nation a une dignité et que l'humiliation n'engendre pas la capitulation, mais au contraire une résistance plus farouche ? Persistent-elles à reproduire les mêmes erreurs, avec des outils plus sophistiqués et une rhétorique plus complexe, sans que le fond du problème demeure : la volonté de dominer contre la volonté de libérer ?
Persistent-elles à transformer les conflits en batailles sans fin, où les objectifs se brouillent, les slogans changent et la vérité se perd dans les jeux de pouvoir et la manipulation médiatique ? Mais une chose demeure constante : les peuples n'oublient pas et ne renoncent pas à leurs droits, quel que soit le temps que cela prenne.
Le plus grand danger de la répétition des erreurs ne réside pas seulement dans la perte elle-même, mais dans l'incapacité à en comprendre les causes. Lorsque les grandes puissances perdent leur capacité d'introspection, elles deviennent prisonnières de leur propre pouvoir, et non de leurs dirigeants. Dès lors, le pouvoir se transforme, d'un moyen d'atteindre des objectifs, en un fardeau qui plonge ceux qui le détiennent dans des conflits dont ils ne peuvent se sortir aisément. Par conséquent, la véritable question aujourd'hui n'est pas : qui gagnera la guerre ? Mais plutôt : qui tirera les leçons de l'histoire avant qu'il ne soit trop tard ? Et qui comprendra que la volonté et la résilience, comme Gaza l'a démontré, sont les véritables garanties de la défaite de toute puissance, aussi grande soit-elle ?
Omar Fares
Le 18 mars 2026
Traduit de l'arabe par Roland Richa

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire