Envoi de troupes en Iran évoqué par Israël, 200 milliards de dollars demandés par le Pentagone, Jean-Noël Barrot au Liban… Les dernières informations sur la guerre au Moyen-Orient

 

Donald Trump aux côtés de la première ministre japonaise Sanae Takaichi à la Maison Blanche, à Washington, DC, le jeudi 19 mars 2026.© Aaron Schwartz/UPI/ABACAPRESS.COM
Lancée il y a 21 jours, l’offensive illégale d’Israël et des États-Unis en Iran puis au Liban s’enfonce dans l’incertitude. Des annonces contradictoires de Donald Trump et Benyamin Netanyahou sur un possible envoi de troupes à la réaction des États pétroliers du Golfe, en passant par le rôle que tente de jouer la France, voici un récapitulatif des dernières évolutions au Moyen-Orient.
Dans sa troisième semaine, la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël en Iran, puis au Liban, ne cesse de gagner en ampleur. Tandis que le mirage de la « menace imminente » avancée par Donald Trump pour justifier le déclenchement du conflit s’estompe au fur et à mesure que sa propre base prend ses distances, Tel-Aviv poursuit son agenda impérialiste.
L’armée israélienne agite de nouveau le spectre d’une annexion du sud du Liban et a ouvert un nouveau front de guerre avec le bombardement, mercredi 18 mars, du gisement gazier offshore de South Pars, partagé entre Téhéran et le Qatar. De quoi pousser les forces iraniennes, en guise de représailles, à cibler la partie qatarie. Le secrétaire général des Nations unies (ONU), António Guterres, a dénoncé ces attaques, affirmant qu’il existe des « motifs raisonnables » de croire que les deux parties au conflit pourraient avoir commis des crimes de guerre. Voici les évolutions de ces dernières heures dans la guerre déclenchée au Moyen-Orient :

Benyamin Netanyahou réfléchit à une invasion de l’Iran
Lors d’un point avec la presse internationale, jeudi 19 mars, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a abordé la possibilité de dépêcher une « composante terrestre » – y comprendre l’envoi de troupes – sur le territoire iranien, sans davantage de détails. Le chef de gouvernement visé par un mandat d’arrêt international a affirmé que la République islamique se trouvait à son état « le plus faible » et que des « fissures » étaient visibles. Se cantonner à la « voie aérienne » apparaît ainsi trop peu pour celui qui a déjà impulsé un génocide dans le bande de Gaza et l’accélération de la colonisation en Cisjordanie occupée.
Lors de la même conférence, Benyamin Netanyahou a expliqué que l’offensive contre l’Iran se concentrait « sur trois objectifs » : la destruction du « programme nucléaire de l’Iran, ainsi que de son programme balistique (et) créer les conditions permettant au peuple iranien de prendre son destin en main ». Il en a aussi profité pour conforter le président des États-Unis, Donald Trump, qui avait précédemment déclaré que les États-Unis n’avaient joué aucun rôle dans le bombardement du champ gazier iranien de South Pars. Le premier ministre a assuré qu’Israël avait « agi seul » et que Donald Trump « a demandé de suspendre toute nouvelle frappe ». En parallèle, l’armée israélienne continue, vendredi, de bombarder Téhéran.

Les États-Unis en quête d’un budget
« Je ne déploie pas de troupes au sol, a finalement affirmé Donald Trump, après avoir laissé entendre le contraire quelques jours plus tôt. Si c’était le cas, je ne vous le dirais certainement pas. » Accompagné de la première ministre japonaise d’extrême droite Sanae Takaichi, le locataire de la Maison Blanche a joué la carte de l’effet de surprise pour justifier sa stratégie en Iran. Le tout en assumant un parallèle avec le raid meurtrier lancé par l’empire japonais contre la base navale de Pearl Harbour, en 1941.
Près de cinq kilomètres plus loin, le Pentagone tente de débloquer les fonds nécessaires à la poursuite de sa guerre. Le quartier général de l’armée états-unienne a officiellement demandé 200 milliards de dollars de financement à la Maison Blanche. Alors que les six premiers jours du conflit ont déjà coûté plus de 11,3 milliards de dollars, le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a annoncé que les 200 milliards espérés – l’équivalent de près d’un quart du budget annuel total de la défense du pays – pourraient ne pas être suffisants : « Je pense que ce chiffre pourrait évoluer. » La Maison Blanche doit statuer sur cette demande avant toute soumission officielle de fonds au Congrès.

La France tente de peser sur la scène diplomatique
Face au blocage du détroit d’Ormuz, le président français, Emmanuel Macron, a évoqué la possible mise en place d’un « cadre onusien » pour sécuriser les navires transitant par ce passage maritime. L’Organisation maritime internationale (OMI) avait appelé, plus tôt, à la création d’« un corridor maritime sûr » pour évacuer les navires bloqués dans le Golfe. La France, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et le Japon se sont dits « prêts à contribuer » à la sécurité du détroit d’Ormuz – après l’arrêt des combats pour les trois premiers.
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’est quant à lui rendu au Liban, où il a enchaîné les rencontres. Le président du Liban, Joseph Aoun, a profité de cette venue pour réitérer, jeudi, son appel à une trêve et à l’ouverture de négociations avec Israël. Tandis que Tel-Aviv a mis à feu et à sang le sud du pays sous couvert de combattre le Hezbollah, le dirigeant libanais a souligné « la nécessité de fournir les garanties nécessaires au succès (d’une trêve) par les parties concernées ». Outre Joseph Aoun, Jean-Noël Barrot a rencontré le premier ministre, Nawaf Salam et le président du Parlement, Nabih Berri. Il a également annoncé le doublement de l’aide humanitaire française pour le pays.

Le Qatar appelle à « cesser immédiatement » la guerre
Le premier ministre qatari, le cheikh Mohammed ben Abdelrahman al-Thani, a pris les devants et appelé à une fin « immédiate » de la guerre des États-Unis et Israël contre l’Iran. Le Qatar devient ainsi le premier grand producteur d’énergie du Golfe à réclamer explicitement un arrêt du conflit sans conditions.
Dans une déclaration commune publiée mercredi, l’Égypte, l’Arabie saoudite, la Turquie, les Émirats arabes unis, l’Azerbaïdjan, le Pakistan, le Qatar, le Koweït, le Liban, la Jordanie et la Syrie appelaient plutôt à un arrêt immédiat des attaques iraniennes et condamnaient de manière générale Téhéran. « Tout le monde sait qui est le principal bénéficiaire de cette guerre, et qui entraîne toute la région dans ce conflit, a finalement lancé, jeudi, le chef de gouvernement qatari, aux côtés du ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan. L’agression doit cesser immédiatement. »
Les Émirats arabes unis et le Koweït ont de leur côté annoncé, vendredi, avoir répondu à des attaques de missiles, tandis que l’Arabie saoudite a annoncé avoir intercepté plusieurs drones. Des éclats provenant d’une « agression iranienne » ont provoqué un incendie dans un entrepôt au Bahreïn, a annoncé le ministère de l’Intérieur du pays, où les sirènes d’alerte antiaériennes ont été activées. Le feu a été maîtrisé et n’a pas causé de victime.

(Avec les agences de presse du 20 mars 2026)

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