Assassinat ciblé du dirigeant Iranien Ali Larijani par l'armée israélienne

 

Israël poursuit ses assassinats ciblés. Il y a trois jours encore, le journaliste de Haaretz, Gideon Levy, écrivait le portrait de « l’homme le plus puissant d’Iran », à la fois « philosophe brillant » et « architecte du succès de la répression brutale » de février dernier.
Ali Larijani, le chef de la sécurité âgé de 67 ans, a été tué ce mardi 17 mars par un missile israélien : c’est le ministre de la Défense, Israël Katz, qui en a fait l’annonce dans un message vidéo, avant que l’armée israélienne ne le confirme quelques heures plus tard. Benyamin Netanyahou s’en est félicité, en le justifiant par la nécessité de « donner au peuple iranien une chance de se débarrasser du régime ».
Depuis l’assassinat de Khamenei, Ali Larijani détenait de facto l’autorité en matière de sécurité nationale et de politique étrangère. Et s’il n’a pas succédé au guide suprême, c’est parce qu’il n’était pas un religieux, tout en étant un pilier du régime iranien, ayant été successivement haut gradé des gardiens de la révolution, ministre de la Culture, chef de la propagande, président du Parlement, candidat à la présidence et secrétaire du Conseil de sécurité.
Un autre cadre du régime a été tué dans ces bombardements intensifs et quotidiens qui frappent l’Iran : le général Gholamreza Soleimani, le commandant de la milice du Bassidj, la branche paramilitaire des gardiens de la Révolution.

Près de 5 000 personnes tuées pendant les dix premiers jours
Au 18e jour de guerre, le bilan en Iran est très lourd. Malgré la difficulté pour recueillir des informations, la sociologue Azadeh Kian en a livré un aperçu dans un entretien pour The Conversation : « À ce stade (le 15 mars – NDLR), une école de filles a été bombardée dès les premiers jours de la guerre, tuant 168 écolières ; plusieurs hôpitaux, ainsi que 55 musées et monuments historiques classés par l’Unesco ont été bombardés ; près de 5 000 personnes ont été tuées pendant les dix premiers jours, 44 000 immeubles résidentiels ont été détruits, et entre 2 et 3 millions d’Iraniens ont déjà dû quitter leur foyer du fait de la guerre. »
Face à cette guerre illégale, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghtchi, a appelé l’ONU à « condamner fermement et explicitement l’agression » israélo-états-unienne. Il s’est entretenu ce mardi avec le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Lors d’un point presse, Max du Plessis, membre expert de la mission d’enquête indépendante de l’ONU sur l’Iran, a dénoncé « le meurtre d’au moins 168 personnes » à propos du bombardement de l’école de Minab.

Benjamin König
L'Humanité du 17 mars 2026

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