Génocide à Gaza : alors qu’Israël poursuit ses crimes, Trump annonce la création du Conseil de la paix

 

Le président états-unien qui avait imposé son plan de cessez-le-feu en vingt points au Hamas et aux autorités israéliennes en octobre, veut entériner la deuxième phase qui prévoit les points les plus litigieux du processus. En attendant Tel-Aviv continue de violer la première phase en maintenant des tirs, des bombardements et des destructions de l’enclave palestinienne.
La bande de Gaza qui tente de sortir de l’enfer a subi ces derniers jours des fortes pluies qui ont inondé des milliers de tentes dans les sites de déplacement de l’enclave palestinienne. « Vent, eau et sols bas ont transformé les camps en pièges, exposant près de 800 000 déplacés gazaouis à des risques majeurs », ont alerté des agences humanitaires de l’ONU.
Une situation critique alors que le territoire après les deux années de bombardements et de génocide compte plus de 60 millions de tonnes de décombres. Maisons, écoles, cliniques, routes, réseaux d’eau et d’électricité ont été rasés ou gravement endommagé pointe les Nations Unies. « En moyenne, chaque habitant de Gaza est aujourd’hui entouré de 30 tonnes de décombres. Le déblaiement de ces décombres prendra probablement plus de sept ans », a noté Jorge Moreira da Silva, directeur exécutif du Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS).

Les graves pénuries se poursuivent
Trois mois après un cessez-le-feu signé par autorités israéliennes qui offrait aux Gazaouis un espoir de répit, les destructions continuent. Selon le journal The New York Times qui a publié une carte basée sur des images satellites de Planet Labs, l’armée israélienne a démoli plus de 2 500 bâtiments depuis l’entrée en vigueur du plan en vingt points de Donald Trump, le 10 octobre.
Les frontières et les points d’accès restent sous contrôle israélien. Mais depuis le 1er janvier, le gouvernement d’extrême droite de Benyamin Netanyahou entrave encore davantage l’aide humanitaire. Ainsi un certain nombre d’ONG dont Médecins sans Frontières, Handicap International ou encore Oxfam… sont désormais interdites d’activités dans la bande de Gaza. Au total, 37 d’entre elles ont jusqu’au 1er mars pour quitter le territoire. Dans l’enclave, les correspondants de l’AFP constatent chaque jour de graves pénuries de nourriture, eau potable, médicaments et carburant.
L’armée israélienne occupe encore 53 % de l’enclave et a tracé une « ligne jaune » en guise de frontière infranchissable. Les violations du cessez-le-feu sont quotidiennes accusent un certain nombre d’organisations humanitaires et de journalistes sur place. Frappes aériennes, tirs sur des civils et l’avancée de la « ligne jaune », qui délimite la zone contrôlée par les troupes israéliennes sont dénoncées par le Hamas. Au total de 451 Palestiniens auraient été tués depuis le 10 octobre, selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas. L’armée israélienne a fait état de trois soldats tués.
Donald Trump lui annonce jeudi sur Truth Social que le Conseil de la paix pour Gaza a été formé. Et qu’« en tant que président » de cette administration sans légalité internationale, il soutenait ce comité transitoire d’experts comprenant une quinzaine de membres qui aura pour mission de « gouverner Gaza pendant sa transition ». Le mois dernier, ils affirmaient avoir obtenu l’engagement de l’Égypte, du Qatar, des Émirats arabes unis, du Royaume-Uni, de l’Italie et de l’Allemagne pour participer à ce conseil.

La France pourrait participer à la seconde phase
Car, malgré ce non-respect de la première phase, l’administration états-unienne affirme que la phase deux du plan a été lancée. Elle vise « à mettre fin au conflit à Gaza, passant du cessez-le-feu à la démilitarisation, à la gouvernance technocratique et à la reconstruction », avait indiqué mercredi, Steve Witkoff, l’émissaire du président républicain. Le désarmement du Hamas et le retrait des troupes israéliennes, prévus par l’accord apparaissent comme les points les plus litigieux de ce processus. D’autres volets comme la création d’un gouvernement palestinien technocratique, le déploiement d’une force de sécurité internationale ou la reconstruction de la bande de Gaza restent encore difficiles à appliquer note Washington.
En attendant, Ali Shaath, un ingénieur civil et ancien vice-ministre des Transports de l’Autorité palestinienne, a été choisi pour diriger le comité palestinien pour gérer la bande de Gaza et aura la lourde tâche de piloter la première étape de la reconstruction du territoire.
C’est l’ancien envoyé des Nations unies pour le processus de paix, Nickolay Mladenov, également ex-ministre bulgare de la Défense et des Affaires étrangères, qui a été nommé par Donald Trump et adoubé par Benyamin Netanyahou, pour diriger les opérations de terrain du Conseil de la paix. L’autre interrogation porte sur la participation de la France dans cette deuxième phase.

Vadim Kamenka
L'Humanité du 16 janvier 26

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