| De la fumée s'élève alors qu'un dépôt de pétrole visé par Israël brûle à l'arrière-plan de la tour Milad à Téhéran, le 15 juin 2025.© Hafiz Ahmed/MEI-REA |
C’est une condamnation unanime. Depuis le déclenchement par l’armée israélienne de l’opération « Rising Lion », qui a visé les installations nucléaires et militaires iraniennes, la gauche est en ordre de bataille pour dénoncer d’une même voix ces « frappes illégales » et appeler à un retour à la « paix ».
Ce lundi 16 juin, au micro de France Télévisions, Olivier Faure, tout juste réélu à la tête du Parti socialiste, a condamné cette nouvelle intervention militaire : « Aujourd’hui, on a la guerre avec l’Iran, avec le Liban, avec la Syrie, à Gaza. La colonisation qui se poursuit en Cisjordanie. (…) Après le 7 octobre, il y a eu une forme d’emballement qui conduit à un génocide à Gaza et, partout ailleurs, à ce que le feu l’emporte sur le reste. »
Quant à la question du nucléaire iranien, le député s’est dit convaincu que ces bombardements n’anéantiront pas « la capacité de l’Iran à se doter de l’arme nucléaire », mais que seule « la négociation, par la diplomatie » peut « arriver à quelque chose ».
« Course au chaos meurtrier »
De son côté, Marine Tondelier a dénoncé durant le week-end la position du président de la République, Emmanuel Macron, qui a réaffirmé « le droit d’Israël à se défendre et à assurer sa sécurité », en pointant une « réaction (…) qui cautionne les frappes israéliennes (et qui) n’est pas à la hauteur de la tradition diplomatique française ».
La secrétaire nationale des Écologistes a aussi rappelé la nécessité pour la France de « défendre le droit international contre les aventures militaires », tout en condamnant « les infractions au TNP (traité de non-prolifération des armes nucléaires – NDLR) et les actions hostiles de l’Iran ».
Dès le 13 juin, Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF, a réclamé avec force que cette « course au chaos meurtrier de Benyamin Netanyahou » soit « stoppée ». Le chef de file des communistes a appelé « les 124 pays de la Cour pénale internationale (à) faire appliquer le mandat d’arrêt émis à son encontre ».
Jean-Luc Mélenchon a jugé « inadmissible » « l’agression de Netanyahou contre l’Iran », qui aurait pour seul but d’« empêcher les négociations USA-Iran sur le nucléaire. Ensuite, à coup sûr, (de) détourner le regard sur ce qui se passe à Gaza et en Cisjordanie ».
Face à l’escalade en cours au Moyen-Orient, la gauche française a donc fait le choix de faire taire ses dissonances pour défendre un même horizon : celui de la paix.
Bruno Rieth
L'Humanité du 16 juin 2025
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