Le penseur Bruno Latour, mondialement connu, est décédé dimanche 9 octobre.

 

Bruno Latour est décédé dans la nuit du 8 au 9 octobre à 75 ans, selon les éditions La Découverte qui ont publié la quasi intégralité de son oeuvre. Philosophe, anthropologue et sociologue des sciences et des techniques, le professeur émérite associé à Sciences Po était mondialement connu et a inspiré de très nombreux chercheurs et chercheuses ces dernières années, mais aussi beaucoup d’activistes du climat.
Reconnu pour ses travaux sur l'écologie et le vivant, mais aussi le numérique et les arts politiques, il s'était récemment saisi de la pandémie comme objet de réflexion écopolitique, jusqu'à penser le confinement comme une répétition générale. « La crise a révélé l’ampleur des inégalités », disait-il en février 2021. Il diagnostiquait plus généralement un atterrissage compliqué pour l’humanité.
Dès 2015, il publiait un essai vertigineux, dessinant les contours de notre « Nouveau Régime » climatique. Face à Gaïa, sous-titré Huit Conférences sur le nouveau régime climatique, s’évertue à prendre la mesure de l’irruption de « Gaïa » sur la scène politique et humaine.
L’enjeu écologique et le bouleversement climatique sont tels que « ce qui aurait pu être une crise passagère s’est transformée en une profonde altération de notre rapport au monde. Il semble que nous soyons devenus ceux qui auraient pu agir il y a trente ou quarante ans – et qui n’ont rien fait ou si peu. Étrange situation d’avoir franchi une série de seuils, d’avoir traversé une guerre totale, et de ne nous être aperçus à peu près de rien ! » écrit alors le philosophe.
Cette année, il faisait encore plusieurs propositions pour redéfinir les fronts politiques autour d’une « classe écologique », dans son Mémo sur la nouvelle classe écologique (La Découverte, 2022), co-écrit avec le sociologue Nikolaj Schultz.

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