"On ne pourra plus jamais retourner chez nous": colère des réfugiés palestiniens au Liban après la décision américaine sur Jérusalem

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La reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme capitale d'Israël suscite de vives réactions parmi les réfugiés palestiniens au Liban, où la colère s'est exprimée jeudi, au camp de Mar Elias.

Au Liban, la colère monte dans les camps de réfugiés palestiniens, en banlieue de Beyrouth, depuis la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël. La protestation s'est notamment exprimée jeudi 7 décembre, au camp de Mar Elias.
Plusieurs dizaines de réfugiés se sont pressés dans les ruelles du camp palestinien, l'un des douze situés au sud de la capitale libanaise. À l'évocation de la décision du président américain sur Jérusalem, Chadi, 20 ans à peine, parle d'"une deuxième catastrophe pour tous les Palestiniens". La première catastrophe, précise-t-il, c'était "quand Israël avait annoncé son indépendance".

Nous demandons à Donald Trump de revenir sur son choix, sinon nos frères en Palestine et à Jérusalem vont rester dans la rue et se battre jusqu’à la mort.
Chadi, réfugié dans un camp palestinien à Beyrouth à franceinfo.

Tous sont nés au Liban et rêvent de retour sur les terres de leurs parents. Mariam, qui porte autour du cou un drapeau aux couleurs de la Palestine, se dit à la fois triste et en colère. "Je suis palestinienne et Jérusalem est ma capitale", déclare-t-elle, précisant être née au Liban et y avoir toujours vécu. Malgré la décision de Donald Trump, elle n'abandonne pas son objectif.

Mon rêve c’est de voir un jour mon pays. Mais cette décision rend les choses plus compliquées. C’est pourquoi j’espère qu’il y aura une nouvelle intifada pour défendre notre dignité et nos droits
Mariam, au camp libanais de Mar Elias à franceinfo.

De nombreux manifestants sont venus au rassemblement en famille, comme Samir, un des coiffeurs de ce camp, révulsé par la décision du président américain. Lui aussi affirme que Jérusalem est sa capitale.

Ce qui vient de se passer c’est la fin d’une époque, fini les promesses. On ne doit compter que sur nous-mêmes pour libérer la Palestine. Donald Trump a beau parler, on ne l’écoute plus.
Samir, réfugié palestinien au Liban à franceinfo.

Ces réfugiés palestiniens ne sont pas tous musulmans. Certains sont chrétiens, comme Gabriel, très en colère contre le président des Etats-Unis. "De quoi se mêle-t-il ? Qu’est-ce qui lui prend ?", s'interroge-t-il.

Nous, nous savons à qui appartient Jérusalem. Elle appartient au monde entier, aux chrétiens, aux musulmans, aux juifs, à tout le monde, mais Trump n’en fait qu’à sa tête. Il ne pense qu’à ses intérêts.
Gabriel, réfugié palestinien, chrétien à franceinfo.
Selon Gabriel, la décision américaine "fait qu’on ne pourra plus jamais retourner chez nous, c’est désormais impossible".