La désignation par le président élu Donald Trump de David Friedman comme ambassadeur des Etats-Unis en Israël pourrait, si elle est confirmée par le Sénat, annoncer une rupture de la ligne diplomatique américaine dans le conflit israélo-palestinien.
Voici quelques-unes des déclarations de M. Friedman sur un conflit que M. Trump lui-même a présenté comme le plus ardu de tous à résoudre.
- Solution à deux Etats -
"Les Israéliens devront décider s'ils abandonnent des terres pour la création d'un Etat palestinien. Si les Israéliens ne veulent pas, il (M. Trump) ne pense pas qu'ils doivent le faire. C'est leur choix... Il ne pense pas que l'existence d'un Etat palestinien indépendant soit un impératif américain" (M. Friedman au quotidien israélien Haaretz).
La création d'un Etat palestinien coexistant avec Israël est la solution au conflit retenue par les grands plans de paix et jusqu'alors par les Etats-Unis.
- Annexion par Israël de parties de la Cisjordanie occupée-
"Je suis sûr que cela ne lui (M. Trump) poserait aucun problème" (M. Friedman au quotidien Haaretz).
La droite de la droite israélienne est favorable à l'annexion des zones de Cisjordanie déjà sous contrôle israélien, sinon de tout ce territoire palestinien qu'Israël occupe depuis un demi-siècle.
- Colonies -
"Je ne crois pas qu'il (M. Trump) pense que les colonies soient illégales" (M. Friedman à l'AFP).
M. Trump "ne demandera pas à Israël de cesser de se développer" (donc de construire) dans les territoires occupés (M. Friedman au quotidien Jerusalem Post).
Sans déclarer la colonisation illégale, les Etats-Unis la disent illégitime et faisant obstacle à la paix. L'ONU et une grande partie de la communauté internationale la jugent illégale.
- Ambassade américaine -
"J'ai hâte de travailler depuis l'ambassade américaine dans la capitale éternelle d'Israël, Jérusalem" (M. Friedman jeudi après sa désignation).
Les Etats-Unis, comme la très grande majorité de la communauté internationale, refusent de reconnaître Jérusalem comme la capitale d'Israël, et maintiennent leur ambassade à Tel-Aviv. M. Trump a promis pendant sa campagne de la transférer à Jérusalem. Israël a annexé la partie palestinienne de Jérusalem, annexion jugée illégale par l'ONU.
- Militants pour la paix ou "kapos"
Les partisans de J Street, organisation juive américaine militant pour la paix entre Israéliens et Palestiniens, "sont bien pires que des kapos" (M. Friedman au site d'information Arutz Sheva).
Les kapos, recrutés parmi les autres détenus, encadraient les prisonniers dans les camps de concentration nazis et sont restés une incarnation de vilénie.
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Tzipi Hotovely satisfaite du nouvel ambassadeur américain
Une responsable du gouvernement israélien a salué vendredi la décision du président élu des Etats-Unis Donald Trump de nommer David Friedman ambassadeur en Israël comme la promesse d'un changement de politique américaine sur les questions hautement sensibles de Jérusalem et des colonies.
"La désignation de Friedman est une bonne nouvelle pour Israël", a commenté dans un communiqué la ministre adjointe des Affaires étrangères israéliennes, Tzipi Hotovely.
"Ses positions reflètent la volonté de renforcer le statut de Jérusalem comme la capitale d'Israël et la prise en compte du fait que les colonies n'ont jamais vraiment été un problème dans la région", a-t-elle ajouté.
Les propos de Mme Hotovely ne sont pas nécessairement le reflet des positions gouvernementales.
Mme Hotovely faisait référence aux propos de M. Friedman et de M. Trump favorables à ce que les Etats-Unis reconnaissent Jérusalem comme la capitale d'Israël et rompent ainsi avec une position historique, qui est aussi celle de la très grande majorité de la communauté internationale.
Les Etats-Unis maintiennent actuellement leur ambassade à Tel-Aviv mais M. Trump a promis pendant sa campagne de la transférer à Jérusalem.
Une fois sa désignation annoncée, M. Friedman, avocat juif spécialisé dans l'immobilier mais dépourvu d'expérience diplomatique, a dit jeudi avoir hâte de remplir sa mission "dans la capitale éternelle d'Israël, Jérusalem".
La question du statut de Jérusalem est l'une des plus épineuses pour un éventuel règlement du conflit entre Israéliens et Palestiniens, l'un des plus vieux de la planète.
Israël proclame tout Jérusalem sa capitale indivisible, y compris Jérusalem-Est, la partie majoritairement palestinienne de la ville, qu'Israël occupe depuis 1967 et qu'il a depuis annexée. Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.
Quant à la colonisation, c'est-à-dire la construction par Israël d'implantations civiles dans les territoires palestiniens occupés, le gouvernement israélien conteste qu'elle fasse obstacle à la recherche de la paix, comme le soutient la diplomatie américaine jusqu'à présent.
Mme Hotovely appartient à une nouvelle génération de membres très à droite du Likoud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui rejettent la création d'un Etat palestinien.
Les Palestiniens n'avaient pas réagi vendredi en début d'après-midi à la désignation de M. Friedman. Mais sa nomination, si elle est confirmée par le Sénat américain, n'annonce à priori rien de bon pour eux.
M. Friedman est contre un gel de la colonisation israélienne à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. Il dit qu'aux yeux de M. Trump, la décision quant à la création d'un Etat palestinien coexistant avec Israël doit revenir à Israël. Et il n'est pas opposé à l'annexion par Israël d'au moins certaines parties de la Cisjordanie.
Le Conseil Yesha, principale organisation de colons dans les Territoires palestiniens, a salué le choix de M. Trump.
"Friedman aime profondément toute la terre et tout le peuple d'Israël, y compris ceux de Judée-Samarie", nom donné par Israël à la Cisjordanie que beaucoup d'Israéliens considèrent comme faisant historiquement partie d'Israël, a dit l'organisation dans un communiqué.
Le quotidien de gauche Haaretz se montrait beaucoup moins enthousiaste sur internet. "A côté de David Friedman, l'ambassadeur de la droite radicale choisi par Trump, Netanyahu (le Premier ministre israélien) est un gauchiste de J Street", un groupe libéral américain en faveur de la paix israélo-palestinienne, éditorialisait-il.
(16-12-2016 - avec les agences de presse)
"Non au terrorisme d’État d’Israël" :
http://www.petitions24.net/non_au_terrorisme_de_letat_disrael
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