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| Ramy Shaath, militant politique palestinien
et figure de proue de la révolution égyptienne de 2011, devant le
tribunal de Nanterre, le 21 mai 2026. © SIMON WOHLFAHRT / AFP |
Son avis n’est que consultatif mais il constitue une première victoire pour les soutiens de Ramy Shaath. La commission départementale d’expulsion des étrangers des Hauts-de-Seine – composée de trois magistrats – a rendu un avis défavorable, jeudi 21 mai, à la procédure d’expulsion émise par le Préfet contre le militant palestinien sous couvert d’une prétendue « menace grave pour l’ordre public ».
Les accusations d’apologie du terrorisme ayant été classées sans suite par le parquet, la représentante de la préfecture s’est appliquée à reprocher à Ramy Shaath ses liens avec plusieurs collectifs et associations militant pour les droits des Palestiniens en France, dont Urgence Palestine qu’il a cofondée, ainsi que ses propos lors de plusieurs manifestations publiques. « En l’absence de toute condamnation, les propos qui vous sont attribués ne constituent pas un trouble manifeste à l’ordre public. Votre expulsion porterait une atteinte disproportionnée à votre vie familiale », a répliqué la commission.
« Tentative de museler les voies engagées en faveur de la Palestine »
La décision a été accueillie sous les vivats des nombreuses personnes venues soutenir, à Nanterre, cette figure de la révolution de 2011 contre la dictature de Hosni Moubarak, puis aux luttes démocratiques qui ont suivi. Un combat qui lui a valu d’atterrir en prison en 2019, pour deux ans et demi. Sa libération, obtenue après une mobilisation internationale, a d’ailleurs été saluée publiquement à son arrivée en France par Emmanuel Macron qui avait plaidé son cas auprès des autorités égyptiennes. Les temps changent.
« Je suis heureux aujourd’hui, nous avons eu une décision symbolique de la commission » qui a estimé qu’il n’avait « jamais été un danger », s’est félicité Ramy Shaath, à la sortie du tribunal judiciaire. « À Nanterre, nous soutenons Ramy pour ce qu’il est, pour la cause juste qu’il défend », a pour sa part rappelé Raphaël Adam, maire de la commune qui a fait du militant un citoyen d’honneur. « Cette tentative de museler les voies engagées en faveur de la Palestine par des voies administratives s’apparente à une dérive démocratique sans précédent », a également fustigé l’édile.
« Notre solidarité historique avec le peuple palestinien est inébranlable. Jusqu’à sa libération, nous nous battrons pour que les militants aient le droit en France et dans le monde de manifester leur soutien à la Palestine. Comme Ramy Shaath, d’autres militants sont menacés et harcelés afin de les faire taire. Cela est intolérable et nous serons sans relâche à leurs côtés », ont également rappelé les militants communistes de la ville lors du rassemblement.
Julia Hamlaoui
L'Humanité du 22 mai 2026

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