Les quartiers populaires se mobilisent pour la Palestine

 

Les manifestants partis de Marseille rejoindront la place de la République à Paris samedi 29 novembre.© Alexandra BONNEFOY/REA
« Voir des citoyens se mettre en mouvement, c’est une source d’espoir » : de Marseille à Paris, la marche des quartiers populaires pour la justice en Palestine et ailleurs
Partis de Marseille le 15 novembre, ils avancent depuis dix jours vers Paris avec pour objectif de rejoindre la manifestation du 29 novembre, place de la République, où des milliers de personnes doivent se mobiliser pour « l’autodétermination du peuple palestinien et la justice pour tous les peuples ».
Ils ont commencé leur périple à Marseille à la mi-novembre avec un objectif : rejoindre la manifestation nationale de solidarité avec le peuple palestinien, organisée à Paris ce samedi 29 novembre.
« C’est un mouvement citoyen, dans la continuité des actions précédentes », explique Justin, l’un des initiateurs de cette marche dont l’idée est née sur les messageries cryptées des participants français de la Global Sumud Flotilla. Dans les capitales européennes, Berlin, Bruxelles, Rome et Gênes ce même week-end, des milliers de citoyens solidaires se donnent aussi rendez-vous.

Les quartiers populaires français se mobilisent pour la Palestine
De Gardanne à Fos, puis Martigues, Arles, Tarascon, Avignon, Valence, Saint-Étienne, Vénissieux, Vaulx-en-Velin, Villeurbanne, les marcheurs ont tenu à relier les quartiers populaires, « là où la solidarité avec la Palestine résonne fort, souligne Pascal André, un des organisateurs. La synergie entre le combat du peuple palestinien et la lutte contre les injustices sociales vécue ici, en France, doit s’amplifier ».
Et d’ajouter : « Les femmes des quartiers nord de Marseille nous ont d’ailleurs incités à associer à la solidarité avec la Palestine, l’exigence de dignité pour tous les autres peuples. » Elles ont orienté le choix du nom de cette initiative : « Marche pour l’égalité, la liberté, la justice pour le peuple palestinien et pour tous les peuples », comme un écho à la Marche pour l’égalité et contre le racisme, de 1983.
Sur le chemin de ces nouveaux marcheurs, des comités d’accueil militants, parfois des élus, ont ouvert leurs portes. Chaque étape a été ponctuée de rencontres, de débats ou d’événements culturels. Mais tout n’a pas pour autant été simple. À Villeurbanne, deux pneus du camion de soutien qui les accompagnait ont été lacérés. « C’était clairement un acte à visée politique », confie Pascal André. Mais la riposte solidaire a été immédiate. « En une nuit, des habitants ont réparé le véhicule. C’était magnifique », ajoute une militante.

Une marche aux lampions pour la justice et la liberté
Malgré le froid et la fatigue, les militants sont arrivés en banlieue parisienne, ce jeudi 27 novembre, avec des rendez-vous donnés à Orly, Créteil, Vitry, puis Nanterre et Gennevilliers. Une marche aux lampions, dans la nuit du 28 au 29 novembre, était prévue avant le départ final, depuis la cité Pablo Picasso de Nanterre, pour rejoindre Paris.
Le tracé final déposé à la préfecture prévoyait, d’ailleurs, un passage par le Mont-Valérien. « Comme à Vaulx-en-Velin, où nous avons salué la stèle de Manouchian, nous voulons rappeler que la lutte pour la liberté et la justice traverse l’histoire », reprend Pascal André. Place de la République, lors de la manifestation unitaire, quatre marcheurs devraient prendre la parole, pour « dire ce qu’on a vécu, insiste Justin, et rappeler que la justice et l’égalité sont bafouées en Palestine ».
« La Palestine, c’est notre boussole. Elle nous montre comment tenir dans la non-violence et se battre pour le droit », assène Pascal André en évoquant l’accueil reçu dans tous les quartiers populaires traversés. Et le militant de conclure : « Voir des citoyens de toutes les couleurs se mettre en mouvement, c’est une source d’espoir. »

Émilien Urbach
L'Humanité du 27 novembre 25



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