L'appel de 52 personnalités pour exiger la libération de Marwan Barghouti, symbole du peuple palestinien

 

52 personnalités appellent à la libération du leader palestinien Marwan Barghouti, emprisonné en Israël depuis 23 ans.© AHMAD GHARABLI / AFP
Cinquante-deux personnalités demandent la libération du prisonnier politique palestinien Marwan Barghouti, incarcéré dans des conditions déplorables depuis vingt-trois ans en Israël. Figure emblématique du droit à l’autodétermination, il incarne l’aspiration à la paix et à liberté pour les peuples de la région.
Avec le cessez-le-feu fragile conclu entre le Hamas et Israël, le retour des otages israéliens et la libération d’une partie des prisonniers politiques palestiniens, il est temps d’ouvrir un véritable chemin de paix. Celui-ci passe par la création d’un État palestinien et par la libération de Marwan Barghouti. Figure emblématique de la lutte du peuple palestinien pour son autodétermination, il incarne la résistance à l’occupation et à la colonisation israélienne mais également la volonté de dialogue.
Incarcéré depuis vingt-trois ans par Israël, transféré à plusieurs reprises et placé à l’isolement depuis le 7 octobre 2023, le leader palestinien Marwan Barghouti, 66 ans, n’a pas été inclus dans l’échange de prisonniers entre Israël et le Hamas. Député, il a été enlevé à Ramallah par l’armée israélienne et n’a jamais bénéficié de son immunité parlementaire. L’Union interparlementaire (UPI) – qui représente 183 parlements nationaux – a constaté de nombreuses violations du droit international le concernant.
Il a été agressé et frappé par ses gardiens lors de son transfert de la prison de Rimon à la prison de Megiddo à la mi-septembre. Il a perdu connaissance et souffert de quatre fractures des côtes. Le 14 août 2025, le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, s’est introduit dans sa cellule pour l’humilier, comme l’atteste une vidéo postée sur les réseaux sociaux. Une « atteinte à la dignité », avait alors dénoncé le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Sa famille craint désormais pour sa vie.
Malgré ces années d’enfermement, Marwan Barghouti reste une référence morale pour son peuple, pour les jeunes Palestiniens. Le « Nelson Mandela palestinien », comme il est surnommé, incarne l’aspiration à la paix et à liberté pour les peuples de la région. Il est devenu le symbole de la lutte contre l’occupation et la colonisation, de l’unité du peuple palestinien et le garant d’une vision démocratique pour un futur État de Palestine.
C’est pourquoi nous appelons à la libération immédiate et sans condition de Marwan Barghouti, afin qu’il puisse œuvrer à l’édification d’un Proche-Orient en paix, où vivraient côte à côte deux États, celui de Palestine, dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale, et celui d’Israël.

Tribune - L'Humanité du 27 novembre 25

Les signataires
Nils Andersson, éditeur et auteur.
Étienne Balibar, philosophe.
Gershon Baskin, fondateur et codirecteur du Centre israélo-palestinien de recherche et d’information (Ipcri), ancien négociateur israélien.
Edmond Baudoin, dessinateur.
Jean-Pierre Bibring, astrophysicien.
Charlotte Blandiot-Faride, maire PCF de Mitry-Mory, présidente de l’Association pour le jumelage entre les camps de réfugiés palestiniens et les villes françaises (AJPF).
Pascal Boniface, géopolitologue.
Véronique Bontemps, docteure en anthropologie et chargée de recherche au CNRS.
Avraham Burg, ancien président de la Knesset.
Ofer Cassif, député israélien (Hadash-Ta’al).
Patrick Chamoiseau, écrivain.
Cécile Cukierman, sénatrice PCF et présidente du groupe CRCE-K au Sénat.
Philippe Descola, anthropologue.
Alexis Deswaef, président de la Fédération internationale pour les droits humains.
Dominique Eddé, romancière, traductrice et enseignante libanaise.
Didier Fassin, professeur au Collège de France.
Gerardo Fernandez Noroña, président du sénat du Mexique
Isabelle Garo, philosophe.
Fabien Gay, sénateur et directeur de l’Humanité.
Messilene Gorete, représentante du Mouvement des sans-terre (Brésil).
Roland Gori, psychanalyste et auteur.
Alain Gresh, journaliste et auteur.
Thomas Guénolé, politologue et enseignant.
Salah Hamouri, avocat franco-palestinien, ancien prisonnier.
Maoz Inon, enfant de victimes du 7-Octobre 2023.
Stéphanie Latte Abdallah, directrice de recherche au CNRS.
Mélissa Laveaux, autrice-compositrice-interprète canadienne.
Christian Lehmann, médecin et écrivain.
Claude Léostic, présidente d’honneur de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine.
Emily Loizeau, autrice-compositrice-interprète.
Michael Löwy, sociologue et philosophe.
François Leroux, président de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine.
Arlin Medrano, journaliste mexicaine, membre de la flottille Global Sumud.
Jean-Luc Mélenchon, fondateur de La France insoumise.
Guillaume Meurice, humoriste.
Khadija Mohsen-Finan, politologue et enseignante.
Stéphane Peu, député PCF et coprésident du groupe GDR.
Ernest Pignon-Ernest, artiste plasticien.
Manu Pineda, ancien député européen, responsable d’Izquierda Unida.
Thomas Portes, député La France insoumise.
Sira Rego, ministre espagnole de la Jeunesse et de l’Enfance.
Guillaume Roubaud-Quashie, directeur de la revue Cause commune.
Fabien Roussel, maire, secrétaire national du Parti communiste français.
Alain Ruscio, historien.
Elias Sanbar, historien, poète et délégué permanent de la Palestine à l’Unesco.
Leïla Shahid, ancienne ambassadrice de Palestine auprès de l’Union européenne.
Taoufiq Tahani, président d’honneur de l’Association France Palestine Solidarité.
Natacha Tertone, autrice-compositrice-interprète.
Anne Tuaillon, présidente de l’Association France Palestine Solidarité.
Daniel Voguet, avocat.
Éric Vuillard, écrivain et cinéaste.
Michel Warschawski, journaliste, militant pacifiste israélien.


Liberté pour Marwan Barghouti, le symbole de la libération du peuple palestinien
Marwan Barghouti est injustement incarcéré, parmi les 10 500 prisonniers politiques palestiniens. Prisonnier depuis deux décennies pour avoir combattu l’occupation israélienne de la Palestine, que le droit international juge illégale. Ce député palestinien reste une figure très populaire ; il incarne l’espoir de toute une nation.
À l’heure où Gaza est livrée à la dévastation, au génocide, où le gouvernement israélien menace d’annexer la Cisjordanie, où les réfugiés palestiniens sont livrés à eux-mêmes, la libération de Marwan Barghouti serait un acte fort, un signal, une rupture dans un cycle interminable de violence et d’arbitraire colonial. Défendue par l’Humanité, par toutes les municipalités qui ont fait de ce prisonnier politique un citoyen d’honneur, par des personnalités du monde entier, sa libération est un enjeu politique majeur.
Le Mandela palestinien est une figure unitaire, capable de rassembler son peuple et les multiples courants palestiniens. Cela fait de lui un interlocuteur légitime, tout désigné pour renouer le dialogue avec les Israéliens dans une perspective de paix et de décolonisation, le protagoniste d’une reconstruction palestinienne mobilisant les solidarités régionale et internationale.
« Le premier jour de paix sera le dernier jour de l’occupation », affirmait-il en 2015 en faisant de l’affranchissement du peuple palestinien le préalable à tout processus de négociations futur. Sa libération serait une première étape de la décolonisation, seule voie vers une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens.
L’Humanité lance un appel en ce sens ; il rassemble des personnalités, des forces d’horizons divers, toutes attachées à la paix et aux droits du peuple palestinien. Nous inscrivons cette initiative dans la campagne internationale menée par la femme et les fils de Marwan Barghouti. Le nom de Marwan Barghouti est un symbole de libération du peuple palestinien. Faisons résonner partout l’écho de sa voix, celle de tout un peuple décidé à faire valoir son droit à l’autodétermination.

Fabien Gay
L'Humanité du 28 novembre 25

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