La phrase

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mercredi 5 juillet 2017

Les adversaires du Qatar se réunissent pour discuter des suites de la crise

L'émir du Koweït, le cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah (2e à droite), lisant un message reçu de l'émir du Qatar, à Koweït le 3 juillet 2017, photo fournie par Emiri Diwan (afp)

L'Arabie saoudite et ses alliés se réunissent mercredi au Caire pour décider des démarches futures face au Qatar qui a jugé "irréalistes" leurs demandes pour mettre fin à la crise du Golfe.
La réunion, qui doit débuter à 11h00 GMT, entre les chefs de la diplomatie de l'Arabie saoudite, des Emirats, de Bahreïn et d'Egypte intervient à l'expiration d'un ultimatum fixé par ces quatre pays arabes au Qatar pour qu'il réponde à une liste de 13 demandes.
L'Arabie et ses alliés ont engagé le 5 juin un bras de fer avec ce petit émirat riche en gaz qu'ils accusent de soutenir "le terrorisme" et d'entretenir des relations trop étroites avec l'Iran, grand rival de l'Arabie saoudite au Moyen-Orient.
Outre la rupture des relations diplomatiques, ils ont imposé à Doha des sanctions économiques, lui interdisant leur espace aérien.
Pour mettre fin aux sanctions, l'Arabie et ses alliés ont adressé à Doha une liste de demandes, lui intimant de s'y plier d'ici le 2 juillet puis étendant de deux jours cet ultimatum.
Ils réclament entre autres la fermeture d'une base militaire turque et de la télévision Al Jazeera, jugée trop agressive par Ryad et ses alliés, ainsi que la réduction des relations de Doha avec l'Iran.
Le Qatar a répondu à ces exigences lundi dans un message au Koweït qui joue le rôle de médiateur pour tenter de mettre fin à la crise. L'Arabie saoudite et ses alliés ont confirmé mercredi qu'ils avaient reçu la réponse de Doha à leurs requêtes.
Si le contenu de la réponse n'a pas été dévoilé, les déclarations du ministre qatari des Affaires étrangères, cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani mardi ne laissent guère de doutes sur le rejet des demandes.
"La liste est irréaliste et irrecevable", a déclaré le chef de la diplomatie à Doha lors d'une conférence de presse avec son homologue allemand Sigmar Gabriel.
La liste "ne porte pas sur le terrorisme, elle appelle à mettre fin à la liberté d'expression", a accusé Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani. Doha juge que ses voisins tentent de porter atteinte à sa souveraineté dans sa politique étrangère.
Mardi, l'émir du Koweït a transmis un message au Qatar, selon l'agence de presse officielle qatarie QNA, sans en dévoiler le contenu.
"Nous sommes devant un tournant historique qui n'a rien à voir avec la question de souveraineté", a rétorqué mardi un ministre d'Etat émirati, Anwar Gargash, sur Twitter. Le Qatar doit choisir entre "préserver (ses liens avec ses voisins) ou divorcer".
Le ministre émirati des Affaires étrangères et de la Coopération cheikh Abdallah ben Zayed a toutefois estimé mardi qu'il était "prématuré" de parler de mesures supplémentaires contre le Qatar dans le cas où ce pays, mis au ban depuis un mois, n'adhère pas aux exigences de ses adversaires.
Il a de nouveau accusé le Qatar d'avoir "autorisé, donné refuge et incité au terrorisme", espérant que Doha "suivra la voie de la sagesse".
Le président américain Donald Trump, qui s'en est pris par le passé au Qatar, a répété dimanche "l'importance de stopper le financement du terrorisme", un objectif qu'il juge "primordial", et "de discréditer l'idéologie extrémiste".
Les Etats-Unis comme d'autres pays occidentaux et le Conseil de sécurité de l'ONU ont toutefois appelé les rivaux du Golfe au dialogue pour résoudre cette crise dans un Moyen-Orient déjà agité par de nombreux conflits.
Outre les sanctions imposées à Doha par Ryad, Abou Dhabi, Manama et Le Caire, l'Arabie saoudite a fermé la seule frontière terrestre du Qatar, forçant ce pays à se tourner vers l'Iran et la Turquie pour ses besoins en produits alimentaires importés par voies aérienne ou maritime.
Malgré ces sanctions, le Qatar, premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL), a annoncé mardi son intention d'augmenter du tiers sa production de gaz, de 77 millions de tonnes à 100 millions de tonnes en 2014.
En cas de pression de l'Arabie saoudite et de ses alliés pour empêcher un tel partenariat avec des compagnies internationales dans ce secteur, le Qatar procédera seul à l'augmentation de la production, a assuré le patron de Qatar Petroleum.