La phrase

"Extirper le sionisme de Palestine" (Al Faraby)


lundi 26 juin 2017

Shéhérazade (la mer et le vaisseau de Sindbad) - Nikolai Rimsky-Korsakov

Avec cette nouvelle rubrique intitulée "Classique", mon but est de vous donner envie d'aller plus loin dans le répertoire de la musique classique en vous faisant écouter de courtes plages en lien, chacune, avec son contexte culturel.
Elle sera quotidienne et s'étalera jusqu'à la mi-août 2017
N'hésitez pas à la partager avec vos enfants et petits enfants... car en l'imaginant c'est à eux que j'ai pensés en premier.  (Al Faraby)


Shéhérazade op. 35, est un poème symphonique de Nikolaï Rimski-Korsakov créé à Saint-Pétersbourg le 3 novembre 1888 dans le cadre des Concerts symphoniques russes.
Deux ans après la mort de Rimski-Korsakov, Michel Fokine crée, le 4 juin 1910, une chorégraphie pour les Ballets russes, utilisant une compilation de l’œuvre originale du compositeur.

Shéhérazade est en quelque sorte à mi-chemin entre la Symphonie fantastique d'Hector Berlioz (1830) et le poème symphonique "Les Préludes" composé par Franz Liszt en 1854. C'est une pièce en quatre mouvements comportant deux thèmes principaux : celui de Shéhérazade (violon et harpe) et celui du sultan (cuivres). Ils subissent tous deux des transformations expressives à l'image du thème de la femme aimée chez Berlioz. C'est en cela que cette pièce conserve certains critères habituels de la suite.
Cependant, son argument (les contes des Mille et une nuits) est plus proche du poème symphonique, en ce sens qu'il est moins précis que celui de la Symphonie fantastique. Il sert ainsi l'ébauche du futur poème symphonique. À cela il faut ajouter que le compositeur s'est toujours insurgé à ce qu'on fasse une lecture « habituelle » de cette œuvre, en y voyant par exemple des personnages évoluer et agir clairement. C'est tout à fait l'inverse de la démarche de Vivaldi dans sa partition des Quatre Saisons accompagnée de quatrains poétiques évoquant précisément le programme de chaque mouvement, ou de ce que fera Prokofiev dans Pierre et le Loup, avec des instruments représentant des personnages par le biais de thèmes récurrents. Rimski-Korsakov écrit ainsi abruptement dans Chroniques de ma vie musicale :
« C'est en vain que l'on cherche des leitmotive toujours liés à telles images. Au contraire, dans la plupart des cas, tous ces semblants de leitmotive ne sont que des matériaux purement musicaux du développement symphonique. Ces motifs passent et se répandent à travers toutes les parties de l'œuvre, se faisant suite et s'entrelaçant. Apparaissant à chaque fois sous une lumière différente, dessinant à chaque fois des traits distincts et exprimant des situations nouvelles, ils correspondent chaque fois à des images et des tableaux différents. »
Et il est vrai que voir resurgir des fragments du thème du sultan dans le passage La Mer de la quatrième partie par exemple ne s'explique raisonnablement que si l'on sait cela : le compositeur élaborait ici une nouvelle forme de composition, s'inspirant d'un thème mais n'y restant pas de manière trop plaquée. Certes, le passage de la Mer et du Naufrage évoquent nettement une certaine furie, un déchaînement, mais le programme de la musique se borne à cela.