La phrase

"Extirper le sionisme de Palestine" (Al Faraby)


mardi 2 mai 2017

Guillaume Tell (Ouverture) - Gioachino Rossini

Avec cette nouvelle rubrique intitulée "Classique", mon but est de vous donner envie d'aller plus loin dans le répertoire de la musique classique en vous faisant écouter de courtes plages en lien, chacune, avec son contexte culturel.
Elle sera quotidienne et s'étalera jusqu'à la mi-août 2017
N'hésitez pas à la partager avec vos enfants et petits enfants... car en l'imaginant c'est à eux que j'ai pensés en premier.  (Al Faraby)

Dès 1834, dans la Gazette Musicale de Paris d'octobre et novembre, Hector Berlioz « rend compte sur Guillaume Tell de Rossini », particulièrement de son Ouverture qui, selon lui, « est une œuvre d’un immense talent qui ressemble au génie à s’y méprendre ».

Dans son dernier opéra Rossini prend tous les risques pour s’adapter aux nouveaux goûts du public : Guillaume Tell, grande fresque historique inspirée de la tragédie de Schiller, rompt avec l’univers du bel canto et inaugure le genre du « grand opéra à la française » qui va s’épanouir avec Meyerbeer. En choisissant de mettre en musique cet épisode fondateur de la Confédération suisse, Rossini ne rencontra pas le succès espéré. Sans doute parce qu’il s’agissait d’une œuvre charnière, à l’orée du romantisme, dans laquelle le sentiment de la nature et l’élan patriotique étaient servis par de nouvelles typologies vocales bien éloignées du style habituel du grand compositeur italien. Afin de servir au mieux l’expression dramatique, Rossini s’éloigna de l’écriture ornée qui avait assuré son immense célébrité pour créer des rôles aux exigences vocales redoutables. Le personnage d’Arnold, qualifié de « tombeau des ténors » comme celui de Mathilde, véritable soprano spinto, réclament des interprètes capables de s’imposer face à une orchestration devenue puissante pour gagner en expressivité théâtrale. Avec Guillaume Tell nous sommes très loin du Barbier de Séville et tout près de Verdi. L’œuvre annonce avec audace l’avenir romantique tout en décevant le public qu’elle cherchait à conquérir. Son exceptionnelle longueur lui valut rapidement d’être donnée de manière parcellaire et la difficulté de sa distribution ne lui permit pas de s’imposer dans le répertoire lyrique comme elle l’aurait mérité. Véritable poème symphonique avant la lettre, sa fameuse ouverture en quatre mouvements demeure une des pages musicales parmi les plus célèbres.

L’action se passe en 1307 dans un village suisse. Guillaume Tell éprouve un vif sentiment de révolte face à la tyrannie de l’occupant autrichien représenté par le gouverneur Gessler. Le vieux berger Melchthal partage son patriotisme tandis que son fils, Arnold, hésite à s’engager, retenu par l’amour qu’il éprouve pour Mathilde, princesse de Habsbourg, à laquelle il a sauvé la vie. En représailles d’une action courageuse de Guillaume, Melchthal est pris en otage et assassiné par les hommes de Gessler, ce qui convainc définitivement Arnold de venir combattre aux côtés des patriotes malgré l’aveu que Mathilde lui a fait de son amour. Au cours d’une fête organisée par les Autrichiens pour célébrer leur domination, Guillaume est arrêté et mis au défi de transpercer avec une flèche une pomme placée en équilibre sur la tête de son fils, Jemmy. Il réussit cette dangereuse et cruelle épreuve mais il est entraîné par les soldats tandis que Mathilde parvient à sauver son fils. Profitant d’une tempête qui se déchaîne sur le lac des Quatre-Cantons, Guillaume réussit à échapper au tyran Gessler qu’il abat d’une flèche alors que la révolte des patriotes suisses menés par Arnold libère la Suisse de ses oppresseurs.