La phrase

"Extirper le sionisme de Palestine" (Al Faraby)


mercredi 3 mai 2017

Après Netanyahu, Trump reçoit Abbas à la Maison Blanche

Le président palestinien Mahmoud Abbas, le 27 mars 2017 à Bruxelles (afp)

Deux mois et demi après avoir reçu son "ami" Benjamin Netanyahu, Donald Trump accueille mercredi à la Maison Blanche le président palestinien Mahmoud Abbas, avec l'espoir - ténu à ce stade - de relancer les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens.
M. Abbas, qui a rencontré à Ramallah plusieurs responsables américains, dont Mike Pompeo, le chef de la CIA, et Jason Greenblatt, représentant spécial du président républicain, a récemment jugé que la nouvelle administration américaine était "sérieuse" dans sa volonté trouver une "solution à la question palestinienne".
"Le simple fait que cette rencontre ait lieu est l'un des nombreux signaux qui démontrent que l'approche de Trump face au conflit israélo-palestinien est plus conventionnelle que ce à quoi tout le monde s'attendait", souligne Ilan Goldenberg, expert du Center for a New American Security.
Comme sur nombre de grands dossiers diplomatiques, le magnat de l'immobilier a, de fait, considérablement évolué par rapport à ses promesses de campagne.
S'il a pris ses distances avec la solution à deux Etats, référence de la communauté internationale depuis des décennies, il a aussi appelé, devant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à la "retenue" sur l'expansion des colonies israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés.
Le magnat de l'immobilier a également, pour l'heure, mis en sourdine sa promesse de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël et d'y installer l'ambassade américaine, une décision qui aurait provoqué à coup sur la colère des Palestiniens.
Mardi, pourtant, le vice-président Mike Pence a laissé entendre que cette hypothèse pourrait revenir sur le devant de la scène. "Au moment où nous parlons, (le président) se penche avec attention sur un déplacement de l'ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem", a-t-il lancé, sans autres précisions, à l'occasion d'une cérémonie pour marquer la journée de l'Indépendance.
Nombre d'analystes mettent en garde contre la tentation d'attentes démesurées autour de ce premier face-à-face dans le Bureau ovale entre Donald Trump et Mahmoud Abbas.
Pour Ilan Goldenberg, l'administration Trump "devrait se concentrer sur des petits pas visant à améliorer la situation sur le terrain, préserver la possibilité d'une solution à deux Etats pour plus tard et préparer le terrain pour des négociations à l'avenir".
"Il n'y a aucune raison qu'il n'y ait pas de paix entre Israël et les Palestiniens, pas la moindre raison", affirmait la semaine dernière à l'agence Reuters Donald Trump, dont la stratégie sur ce dossier reste entourée d'un épais mystère.
Pourtant, la tâche reste herculéenne, tant les positions sont éloignées et le degré de défiance élevé.
Et le 45e président des Etats-Unis sait que ses prédécesseurs ont échoué, Barack Obama en tête, qui promettait, à l'aube de sa présidence, d'oeuvrer "avec pugnacité" à une paix durable entre Israël et les Palestiniens.
Les Palestiniens réclament un Etat indépendant dans les frontières de 1967, ayant pour capitale Jérusalem-Est, ce qui signifie la fin de 50 ans d'occupation de la Cisjordanie, de la bande de Gaza et de la partie majoritairement palestinienne de la Ville sainte.
"Contrairement à une transaction immobilière, (Donald Trump) ne pourra simplement se retirer quand les choses tourneront mal, or cela arrivera", souligne Aaron David Miller, spécialiste du Proche-Orient au sein du Wilson Center, dans une tribune publiée sur CNN.com.
"Trump devra faire preuve de persévérance et de patience. Et même s'il le fait, il n'y a pas l'ombre d'un élément permettant d'affirmer que Abbas ou Netanyahu soient prêts à prendre des décisions fortes sur les sujets centraux", ajoute-t-il.
La position de M. Abbas dans les Territoires palestiniens est délicate. A Gaza, tenue depuis 10 ans sans partage par le Hamas islamiste, il est régulièrement conspué. Or la nouvelle plateforme présentée lundi par le Hamas, visant à atténuer le ton belliqueux de son texte fondateur, ne devrait pas changer fondamentalement la donne.

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Les Etats-Unis, médiateurs dans le conflit israélo-palestinien

Les Etats-Unis, où le président palestinien Mahmoud Abbas est en visite mercredi, ont joué, au moins depuis 1991, un rôle de médiateur dans le conflit israélo-palestinien, tout en restant le principal soutien d'Israël.
- Appui indéfectible à Israël -
Le 14 mai 1948, David Ben Gourion proclame la création de l'Etat d'Israël aussitôt après la fin du mandat britannique sur la Palestine. L'administration du président américain Harry Truman reconnaît aussitôt le nouvel Etat.
Mais les administrations Truman et Eisenhower prennent conscience qu'un rapprochement excessif avec Israël compromettrait notamment les relations des Etats-Unis avec le monde arabe.
Washington désapprouve ainsi la campagne du Sinaï contre l'Egypte en 1956, lancée par Israël en coordination avec la France et la Grande-Bretagne.
Au moment de la Guerre froide, la relation israélo-américaine prend une nouvelle tournure et devient très solide à partir des années 1960.
Lors de la guerre de juin 1967, Israël occupe le Sinaï, la bande de Gaza, la Cisjordanie, Jérusalem-Est et le plateau du Golan. Le conflit va constituer un tournant pour les Etats-Unis, qui deviennent le principal soutien d'Israël.
En octobre 1967, le président américain Lyndon Johnson décide de commencer à livrer massivement des armes à Israël.
Le 14 décembre 1988, le dirigeant palestinien Yasser Arafat accepte les trois conditions mises par le président Ronald Reagan à un dialogue: reconnaissance du droit d'Israël à l'existence, acceptation de la résolution 242 du Conseil de sécurité de 1967, et renoncement au terrorisme.
Le 16 décembre, premier contact officiel: une délégation palestinienne rencontre à Tunis l'ambassadeur américain, désigné pour être l'interlocuteur de l'OLP.
George Bush, qui prend ses fonctions début 1989, établit avec l'aide de son secrétaire d'Etat James Baker, des canaux de communication directs entre Israël et les pays arabes, processus qui aboutira à la première conférence internationale sur le Proche-Orient, en 1991, à Madrid.
En septembre 1993, après six mois de négociations secrètes à Oslo, Bill Clinton orchestre, à la Maison Blanche, la poignée de main historique entre l'Israélien Yitzhak Rabin et le Palestinien Yasser Arafat. Ceux-ci signent une "Déclaration de principes" sur une autonomie palestinienne transitoire de cinq ans.
En 2000, M. Clinton fait porter à Yasser Arafat l'essentiel de la responsabilité de l'échec des négociations de paix de Camp David du 11 au 25 juillet.
Clinton, avec huit sommets israélo-palestiniens à son actif, propose fin 2000 un plan de paix qui servira de base à des discussions à Taba (Egypte). Ces négociations, sans la participation directe de la nouvelle administration Bush, ne déboucheront sur aucun accord.
En 2002, George W. Bush évoque la solution de deux Etats, vivant en paix côte à côte, mais sans Yasser Arafat.
Dès leur accession au pouvoir en 2009, les relations entre le président américain Barack Obama et Premier ministre d'Israël Benjamin Netanyahu, de droite, sont sous haute tension.
En mai 2011, Barack Obama se prononce en faveur d'un Etat palestinien sur la base des frontières de 1967. M. Netanyahu écarte tout "retrait aux lignes de 1967".
En 2013-2014, les derniers efforts américains menés par le secrétaire d'Etat John Kerry pour relancer le processus de paix échouent.
Mais en septembre 2016, les Etats-Unis octroient 38 milliards de dollars d'aide militaire à Israël sur dix ans, une enveloppe record.
Deux mois plus tard, les Etats-Unis, frustrés par des années d'efforts diplomatiques infructueux, permettent l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une résolution réclamant l'arrêt de la colonisation israélienne, en refusant pour la première fois depuis 1979 d'imposer leur veto.
Le 15 février 2017, le nouveau président américain Donald Trump reçoit Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche, louant les liens "indestructibles" entre les Etats-Unis et Israël.
Il estime que "la solution à deux Etats" pour régler le conflit israélo-palestinien n'est pas la seule voie possible pour la paix, marquant une rupture dans la politique américaine au Proche-Orient.
Le 1er mai, le Hamas palestinien accepte pour la première fois un Etat palestinien limité aux frontières de 1967, à 48 heures de la première rencontre entre Donald Trump et son homologue palestinien Mahmoud Abbas, en conflit ouvert avec le mouvement islamiste.

"Non au terrorisme d’État d’Israël" :
http://www.petitions24.net/non_au_terrorisme_de_letat_disrael