samedi 18 septembre 2021

"J'ai redécouvert le goût des figues, du sumac, du serpolet et de la goyave..."

 

"Gens du Nord et de Nazareth, je vous aime. Votre fidélité est demeurée intacte. J'ai entendu vos cris de solidarité, de soutien et de colère quand ils m'ont enchainé de nouveau. Vos voix me sont allés droit au coeur. Jamais je ne les oublierai. Gloire à toi, peuple de cette terre sainte, que tu sois chrétien, musulman ou de toute autre religion."
Ce sont des mots que Mahmoud Ardah a transmis à son avocat à l'occasion de leur rencontre du mercredi 15 septembre dernier.
Dans une autre missive adressée à sa mère, il écrit: "Tu es dans mon coeur et ma conscience. Au cours de ces quelques jours de liberté, j'ai redécouvert le goût des figues, du sumac, du serpolet et de la goyave dont j'avais été privé depuis 25 ans. J'avais dans ma poche un bocal de miel que je voulais t'offrir. Embrasse pour moi mes soeurs Basma, Rouba et Sa'ida ainsi que tous mes frères. Vous me manquez tant."
En échos, son camarade Mhammad a écrit: "Les cinq jours de liberté que j'ai connus furent toute ma vie."
Comment ne pas faire le rapprochement avec ce qu'avait écrit le jeune Guy Môquet de 17 ans fusillé par les nazis à Chateaubriand en 1941:
"Ma petite maman chérie, Mon tout petit frère adoré, Mon petit papa aimé, Je vais mourir ! […] Certes j'aurais voulu vivre, mais ce que je souhaite de tout mon cœur c'est que ma mort serve à quelque chose. […] ma vie a été courte, je n'ai aucun regret si ce n'est de vous quitter tous. […] en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant. Courage !"
Nombreux ne s'en rappellent plus.
Nous ne n’oublierons jamais.

Roland RICHA
Samedi, 18 septembre 2021

"Les cinq jours de liberté que j'ai connus furent toute ma vie."

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La cuillère des évadés, nouveau symbole de libération pour les Palestiniens

 

L'évasion rocambolesque de six prisonniers palestiniens d'une prison israélienne est désormais légendaire dans les territoires occupés. La cuillère, l'un des outils utilisés pour creuser le tunnel salvateur, est devenue un symbole de liberté.
Dans les manifestations palestiniennes, on ne brandit plus seulement des drapeaux et des pancartes. Depuis peu, un autre objet s'est imposé : la cuillère, utilisée par des prisonniers pour s'échapper d'un établissement pénitentiaire israélien, est devenue le symbole de la «libération» palestinienne.
Le 6 septembre, les réseaux sociaux palestiniens et israéliens s'embrasaient à mesure que parvenaient des informations sur l'évasion spectaculaire de six Palestiniens, écroués pour des attaques anti-israéliennes, d'une prison de haute sécurité dans le nord d'Israël. Alors qu'étaient partagées des images d'un tunnel au pied d'un évier et d'un trou creusé au sol à l'extérieur de la prison israélienne de Gilboa, un hashtag s'est imposé, «la cuillère miraculeuse».
S'il a d'abord été difficile de savoir si l'objet relevait de la légende ou s'il avait réellement été utilisé pour creuser le tunnel, l'avocat d'un des détenus a affirmé le 15 septembre à l'AFP que l'opération avait débuté en décembre, à l'aide de cuillères, d'assiettes et même du manche d'une bouilloire.
Si quatre fugitifs ont depuis été capturés par les forces israéliennes, l'évasion digne d'un film d'Hollywood est considérée côté palestinien comme une «victoire sur l'ennemi» israélien. «Avec volonté, vigilance [...] et ruse, et avec une cuillère, il a été possible de creuser un tunnel par lequel les Palestiniens se sont libérés et dans lequel ils ont emprisonné l'ennemi», a salué l'écrivain Sari Orabi sur le site d'informations Arabi 21. L'évasion à la petite cuillère relève de «l'humour noir» et a tourné en ridicule le système sécuritaire israélien, a estimé pour sa part le caricaturiste palestinien Mohammed Sabaaneh, auteur de plusieurs dessins sur lesquels on retrouve une cuillère, dont l'un est intitulé «Le tunnel de la liberté», nom d'ailleurs donné par plusieurs Palestiniens à cette opération.


Le phénomène de la «cuillère miraculeuse» s'est répandu à l'extérieur des territoires palestiniens, où l'objet est brandi dans les manifestations en soutien aux nombreux détenus incarcérés en Israël. Le 14 septembre, 465 cuillères ont été lancées par des manifestants devant l'ambassade d'Israël à Washington en solidarité avec les prisonniers palestiniens.

Au Koweït, l'artiste Maitham Abdal a sculpté une main géante qui renferme énergiquement une cuillère, une œuvre qu'il a intitulée «Cuillère de la liberté».
En Jordanie, le graphiste Raëd Al-Qatnani a dessiné une gigantesque cuillère représentant un pont vers la liberté emprunté par six silhouettes, avec pour inscription en rouge au-dessus, «Ô liberté». Pour l'artiste jordanien, l'objet est un double «symbole», qui sert aussi à rappeler les nombreuses grèves de la faim observées par des prisonniers palestiniens pour protester contre leurs conditions de détention ou leur incarcération jugée arbitraire.
A Tulkarem, ville du nord de la Cisjordanie, un territoire occupé depuis 1967 par Israël, l'évasion récente a eu un écho particulier pour Ghassan Mahdawi. L'ancien prisonnier palestinien, arrêté pour appartenance à un groupe armé durant la première Intifada (soulèvement palestinien, 1987-1993), s'est échappé avec un autre détenu d'une prison israélienne en 1996 via un tunnel de 11 mètres creusé à l'aide de clous, a-t-il confié à l'AFP. «Les prisonniers sont capables de tout [...] et il y a toujours une faille», raconte l'homme qui a de nouveau été arrêté puis relâché en 2009, après 19 ans de détention au total.
Selon lui, les évadés ont peut-être utilisé d'autres outils que la cuillère, récupérés lors de travaux à l'intérieur du centre de détention. «S'échapper d'une prison israélienne est une pensée qui accompagne chaque détenu», explique-t-il avant d'ajouter que cette dernière évasion à la cuillère «restera dans l'histoire».

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Algérie: l'ancien président Abdelaziz Bouteflika est mort

 

Après avoir passé vingt ans à la tête du pays, Abdelaziz Bouteflika avait démissionné de la présidence le 2 avril 2019 sous la pression de la rue et de l'armée. Il est décédé vendredi 17 septembre à l'âge de 84 ans.
Il n'en restait qu'un, c'était lui. Comme tous les dirigeants qui se sont succédé à la tête de l'Algérie, Abdelaziz Bouteflika est un ancien insurgé de la guerre d'indépendance. Né à Oujda, au Maroc, le 2 mars 1937, d'une famille de commerçants de l'Ouest algérien, il rejoint le Front de libération nationale (FLN) en 1956 et intègre le cercle des proches du colonel Houari Boumediene à l'état-major général au Maroc. Si-Abdelkader - c'est le nom de guerre du jeune commandant au sein de l'Armée nationale de libération - maîtrise aussi bien l'arabe classique que la langue française. Son instinct politique se révèle à 24 ans lors d'une mission secrète visant à prendre contact avec les chefs historiques de la révolution, emprisonnés dans la forteresse d'Aulnay-sous-Bois, au nord de Paris.
En 1961, Abdelaziz Bouteflika est chargé par l'Armée des frontières de sonder les prisonniers du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) en vue d'alliances. Il se fait passer pour le parent d'un détenu. Aït Ahmed et Boudiaf gardent leur distance avec ce petit jeune homme aux yeux bleus et à la moustache en bataille. Ben Bella est attentif. Après les accords d'Évian, les membres du GPRA et les dirigeants de l'armée de l'intérieur sont évincés de la course au pouvoir. Ben Bella rafle la mise. Il triomphe avec l'appui de l'ALN dont les troupes sont massées aux frontières. C'est l'indépendance. Voilà Bouteflika ministre de la Jeunesse et des Sports.

Cheveux longs et col large
Sa proximité avec son mentor Houari Boumediene, le tout-puissant vice-président et ministre de la Défense du Conseil de la révolution, explique sa fulgurante ascension dans les premières heures de la nouvelle Algérie. Dès avril 1963, Bouteflika obtient le portefeuille des Affaires étrangères. Il a 26 ans. À Paris, le plus jeune ministre des Affaires étrangères du monde est fasciné par le général de Gaulle. Il n'entend pas pour autant mener la vie facile à l'ancien colonisateur. Ses relations avec la France sont ambivalentes. Volontiers provocateur, il négocie âprement les contentieux apparus après Évian.
L'Algérie est le phare du tiers-mondisme. Elle impulse le mouvement des non-alignés. Engagé dans une hasardeuse aventure insurrectionnelle dans la région africaine des Grands Lacs, le Che est accueilli triomphalement dans les rues d'Alger. Fort de ses hydrocarbures, l'État-providence se lance dans l'industrie lourde et dans la planification à la soviétique. La rente pétrolière assure une relative prospérité aux classes moyennes naissantes, mais les mauvais choix économiques se révèlent catastrophiques dans la durée. L'agriculture s'effondre. Une classe de dignitaires s'arroge des privilèges et étouffe les libertés publiques. Bouteflika n'en a cure. Ce célibataire sans enfants porte des cheveux longs et des chemises à col large, fume des cigares comme Fidel, séduit les femmes.
«Le ministre algérien Abdelaziz Bouteflika est un personnage surprenant, écrit dans ses Mémoires Valéry Giscard d'Estaing. Il disparaît parfois pendant plusieurs semaines sans qu'on retrouve sa trace. Il lui arrive de venir faire des visites incognito à Paris, dont nous ne sommes pas prévenus. Il s'enferme dans l'appartement d'un grand hôtel où se succèdent de charmantes visites. On affirme qu'il porte une perruque.»
En 1974, l'infatigable voyageur préside la session des Nations unies au cours de laquelle Yasser Arafat monte pour la première fois à la tribune. Abdelaziz Bouteflika incarne, grâce à ses talents oratoires, l'orgueil national. Le sien aussi. Le nationalisme lui colle à la peau. Il déteste cordialement les voisins tunisiens ou marocains, jugés trop proches de l'ex-puissance tutélaire, ainsi que les régimes arabes inféodés aux États-Unis. L'Algérie attise le conflit entre le Front Polisario et le Maroc, qui se disputent le Sahara occidental. En décembre 1975, Bouteflika accepte une escale à Alger de l'appareil mis à la disposition de Carlos et des ministres pris en otages au siège de l'Opep, à Vienne. Le chef de la diplomatie algérienne s'entretient dans un des salons d'honneur avec le Vénézuélien Ilich Ramirez Sanchez, dit «le Chacal », à l'origine de plusieurs opérations terroristes majeures en Europe. L'avion s'envole ensuite vers la Libye, un autre régime ami du «front du refus ».
À la mort de Houari Boumediene, en décembre 1978, Abdelaziz Bouteflika prononce son oraison funèbre. C'est, pour longtemps, son dernier discours public. Les caciques du régime se disputent l'héritage. Le colonel Chadli Bendjedid prend le pouvoir et procède à une purge. L'ancien ministre des Affaires étrangères s'exile pour une traversée du désert au sens figuré comme au sens propre. Elle le conduit à Abu Dhabi et au Qatar.
En Algérie, la crise sociale et le manque de libertés alimentent la contestation sur fond de montée de l'islamisme. Le Front islamique du salut arrive en tête des législatives de 1991, mais l'armée stoppe le processus électoral. Le pays bascule dans la violence. Les djihadistes ébranlent l'appareil politico-militaire avant de finalement perdre du terrain dans un conflit qui se solde par plus de 150.000 morts. C'est la «décennie noire». Des années de sang, de désespoir et de vengeances.
En janvier 1994, en pleine guerre contre les maquis islamistes, les militaires proposent à Abdelaziz Bouteflika de revenir. Il refuse la présidence. L'avenir est incertain. Le général Liamine Zéroual remplace Bouteflika. Les militaires obtiennent finalement la démobilisation de l'AIS, le bras armé du Front islamique du salut, après une série de massacres de civils.

Islamisation de la société
En 1999, Bouteflika accepte une nouvelle offre des généraux. «C'est le moins mauvais des candidats », lance le général Khaled Nezzar, ancien chef d'état-major des armées, qui le déteste. Convaincus de sa victoire annoncée, ses adversaires se dérobent à la veille du scrutin présidentiel en dénonçant une «mascarade électorale ». Président mal élu, Bouteflika invective Paris, qui s'interroge sur l'honnêteté du scrutin. «Il faut l'excuser, il est fraîchement décongelé », ironise Hubert Védrine. Très vite, pourtant, Bouteflika réussit son offensive de charme. Il parle, intarissable après un si long silence : il va réconcilier le pays, briser les tabous, réhabiliter la langue française, tendre la main aux ennemis d'hier et même aux pieds-noirs et aux Juifs.
Que reste-t-il du tourbillon des mots ? Quelques acquis : la «concorde civile» a permis le retour à la paix, mais la politique de réconciliation nationale n'a apporté ni la vérité, ni la justice pour les victimes. Peu à peu, la société a basculé dans le conservatisme religieux. En dépit de la manne pétrolière et gazière, le pays reste plongé dans le marasme social. Sans travail, les jeunes commencent à prendre clandestinement la mer. Les harraga rejoignent l'Europe ou se noient. En fin de cycle, le système est incapable de se réformer.
Réélu, après un simulacre de duel avec son ex-premier ministre Ali Benflis, Abdelaziz Bouteflika consolide son pouvoir en se débarrassant des képis étoilés de la vieille garde qui intervenaient dans les grandes décisions. La presse est mise au pas et la société civile est priée de se taire. Le raïs a les coudées franches, mais les réformes de fond s'enlisent.
«Nous voulons des visas», lance la jeunesse algérienne lors des visites de Jacques Chirac, ce président français qui a lui aussi participé à la «guerre d'Algérie». Il est question d'un «traité d'amitié» entre la France et l'Algérie. Le projet ne résiste pas aux relations passionnelles entre les deux pays. Dans les deux camps, le passé n'a pas été apuré.
Victime d'une grave hémorragie, Abdelaziz Bouteflika est hospitalisé d'urgence au Val-de-Grâce, à Paris, en novembre 2005. On le dit mourant. Il revient à Alger affaibli mais ne lâche pas les rênes. Il est réélu en 2009 pour un morne troisième mandat. L'affairisme et la corruption se sont installés. Les pétrodollars assurent la survie du régime en achetant la paix sociale. L'écueil des soulèvements arabes est évité grâce au traumatisme de la «décennie noire».

Le mépris et l'autoritarisme
Cloué dans une chaise roulante par un accident vasculaire cérébral, le vieil homme n'est plus que son ombre. La population oscille entre honte et pitié. Il est à nouveau réélu en avril 2014 sans prononcer un mot. Le quatrième mandat est le crépuscule de son règne. Le pays est à son image: il continue à vivre mais souffre de paralysie. Abdelaziz Bouteflika parvient cependant à se débarrasser du dernier vestige du passé, le général Mohamed Mediene dit Toufik, le légendaire patron sans visage du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), considéré durant des décennies comme le chef occulte du régime. Il est enfin seul. Presque seul. Son frère, Saïd, est sa courroie de transmission et une cour de courtisans lui rend visite. Son état de santé le contraint à quitter le palais présidentiel d'El Mouradia. Il végète à Zéralda sur la côte, dans une maison médicalisée, loin du monde.
Aveuglé par le mépris et l'autoritarisme, le clan présidentiel ne voit pas le ras-le-bol des Algériens poindre. Il est convaincu que le cinquième mandat passera comme les autres. La tentative de passage en force est vécue comme une offense à sa fierté par une partie du peuple algérien. Elle a fait tomber le «mur de la peur». La partie s'achève pour celui qui voulait partir en raïs, qui voulait mourir comme Boumediene et Chadli. Issu d'une génération qui appartient à l'histoire, Abdelaziz Bouteflika a raté son dernier rendez-vous avec elle. Sommé de quitter le pouvoir par l'état-major, «Boutef», comme l'appellent familièrement ses compatriotes, jette l'éponge le 2 avril 2019. Depuis sa chute, il était resté retranché dans la solitude de sa résidence médicalisée de Zeralda, à l'ouest d'Alger, ne donnant plus signe de vie.

Par Thierry Oberlé
Le Figaro du 18 septembre 2021


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Tunisie : arrestation musclée d'un député hostile au président Saied

 

Un député tunisien farouchement opposé au président Kais Saied, a été violemment arrêté par des policiers en civil vendredi 17 septembre alors qu'il se rendait au tribunal militaire de Tunis pour se présenter devant un juge d'instruction, selon son avocat qui a filmé la scène.
Seifeddine Makhlouf, chef d'Al-Karama, un parti islamo-nationaliste ultra-conservateur allié au mouvement d'inspiration islamiste Ennahdha, a été poursuivi par la justice militaire après avoir perdu son immunité à la suite du coup de force du président Saied qui s'est arrogé les pleins pouvoirs le 25 juillet.
Il fait l'objet d'un mandat d'amener émis par la justice militaire depuis le 2 septembre pour une affaire liée à une altercation survenue en mars à l'aéroport de Tunis. Makhlouf ainsi que deux autres députés de son bloc sont soupçonnés d'avoir insulté des agents de la police des frontières qui avaient interdit à une femme de voyager.
Makhlouf a décidé vendredi de se rendre au tribunal militaire à Tunis, en présence de ses avocats, a-t-il indiqué dans une vidéo enregistrée alors qu'il s'y dirigeait. «Nous n'avons pas peur du tribunal militaire mais nous refusons les coups d'État qui se servent de la justice militaire pour régler les comptes avec les opposants», dit dans la vidéo cet avocat de formation, faisant allusion au président Saied.
Mais «dès qu'il est arrivé devant le tribunal, des agents de police en civil se sont rapidement dirigés vers Seifeddine, le plaquant sur le sol en le frappant avant de le forcer à monter dans une voiture civile», a raconté à l'AFP son avocat Anouar Ouled Ali qui a filmé cette arrestation musclée.
Publiée sur les réseaux sociaux, cette vidéo montre le député essayant de se dégager des mains de cinq hommes en tenue civile qui le forçaient à monter dans une voiture grise en lui assénant des coups pour l'immobiliser. Contacté par l'AFP, le porte-parole du ministère de l'Intérieur était injoignable. «Ce qui est arrivé est extrêmement grave et sans précédent. Seifeddine Makhlouf a été kidnappé par une milice de la police», a dénoncé Me Ouled Ali.


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Aziz Akhannouch, milliardaire et premier ministre du Maroc

 

Aziz Akhannouch, le 9 septembre à Rabat, après que son parti, le Rassemblement national des indépendants,ait emporté 102 des 395 sièges de la Chambre des réprésentants. FADEL SENNA/AFP
Pas de coups d’éclat, pas de grandes déclarations. Presque un léger malaise lorsqu’il s’exprime en public. À 60 ans, il est aussi discret qu’il est puissant. Le 10 septembre, deux jours après les élections législatives qui ont vu la déconfiture du Parti Justice et Développement (PJD, islamiste) et la soudaine ascension de son parti, le Rassemblement national des indépendants (RNI), il a été chargé par le roi Mohammed VI de former le nouveau gouvernement du Maroc. Il s’agit de rassembler une nouvelle coalition. Un travail ardu, car les négociations se jouent également sur la composition simultanée des conseils municipaux et des conseils régionaux, alors que lui-même prétend également à la casquette de maire d’Agadir.
Une de plus pour cet homme qui en possédait trois jusqu’ici: actionnaire majoritaire d’Akwa Holding, ministre de l’Agriculture depuis quatorze ans et chef du RNI. Le mélange des genres ne va pas sans poser de question car l’homme est la première fortune du Maroc après le roi, dont il est un proche. En 1995, il a hérité de son père la société Afriquia, spécialisée dans la distribution de carburants, qui a depuis diversifié son activité dans l’immobilier, la presse… Elle connaît au fil des ans un tel succès qu’avec près de 2 milliards de dollars d’avoirs personnels, selon le magazine Forbes, Aziz Akhannouch devance le banquier Othman Benjelloun depuis 2018. «Dès mon premier mandat de ministre, j’ai démissionné de mes postes d’administrateur de toutes les entreprises à caractère commercial», assurait-il dans une interview en 2019. «(J’ai) décidé aujourd’hui de (me) désengager entièrement, y compris des activités liées exclusivement à la prise de participation et gestion des valeurs mobilières», a-t-il ajouté, il y a quelques jours, dans un communiqué.
De quelles activités s’agit-il exactement? Qui prend le relais? Difficile d’en savoir plus car si l’homme est discret, son groupe est opaque. En dehors des informations légales publiées par ses deux filiales cotées en bourse, il ne donne aucune information au grand public sur son organisation ou la répartition de son capital.

Un succès politique critiqué
Son succès en politique prête d’autant plus le flanc à la critique. Dans une vidéo publiée la veille du scrutin, Abdelilah Benkirane, ancien chef du gouvernement PJD et ennemi politique d’Aziz Akhannouch, l’attaquait: «Tu resteras celui qui a été élu par l’argent. Je ne me souviens d’aucun chef de gouvernement à qui on ait collé cette étiquette.» David Goeury, géographe et chercheur au laboratoire Médiations de la Sorbonne, l’admet: «Demandez à toutes les associations locales du Sud comment elles ont financé leurs projets de développement dans les années 1990: elles vous donneront toujours les trois mêmes noms, parmi lesquels figure systématiquement celui d’Aziz Akhannouch.»
La grande famille Akhannouch est profondément ancrée dans Sud. Amazigh (berbère) de Tafraout, le nouveau chef de gouvernement a été président de la région Souss-Massa-Drâa de 2003 à 2007. «Le mécénat forme l’ancrage territorial de beaucoup de partis, même si aujourd’hui avec l’émergence d’une nouvelle génération, la compétition est très forte», rappelle toutefois le David Goeury.
Au cœur de cette compétition, Aziz Akhannouch est devenu l’homme providentiel de son parti après la débâcle électorale des précédentes législatives, en 2016. En quelques années, il a réussi à rénover cette formation proche du Palais, qui a pris part à toutes les coalitions gouvernementales depuis vingt-trois ans, sauf en 2012-2013.

Akhannouch, stratège politique
Le RNI a mené campagne très tôt sur des thèmes auxquels a été sensible une partie infime - mais décisive - de l’électorat urbain. «Ssi Aziz» ou «Super Akhannouch», selon les surnoms qu’on lui prête, s’est révélé un grand stratège politique, lui qui semblait vouloir rester en marge de la scène politique. En 2016, lorsque Abdelilah Benkirane, figure de proue des islamistes et chef du gouvernement, invite le RNI dans la coalition gouvernementale, le nouveau patron du parti négocie si fermement, qu’après cinq mois de blocage, celui-ci parvient à obtenir la démission de Benkirane, remplacé par Saad Eddine El Otmani, figure plus consensuelle du PJD. Ce «putsch», comme la presse le qualifie alors, révèle l’homme politique où tous voyaient le technocrate.
Rien ne semble plus devoir lui résister. En 2018, pourtant, sa société Afriquia fait les frais avec deux autres grandes marques - Sidi Ali et Danone - d’une campagne de boycott sans précédent. Elles deviennent en quelques semaines des emblèmes de «la vie chère». De fait, la libéralisation des prix des carburants en 2015, mettant fin à des prix fixes et subventionnés, a entraîné une hausse des prix à la pompe. S’ajoute en 2018 le soupçon d’une entente sur les prix, entre les trois grands distributeurs du pays: elle sera finalement confirmée, en 2020, par le Conseil de la concurrence. Pendant toute la période du boycott, la stratégie d’Aziz Akhannouch est simple: il fait le dos rond, se tait, quand les autres se défendent et communiquent. Finalement le désamour finira dans l’oubli et n’empêchera pas la majorité des électeurs marocains d’en faire le nouveau chef du gouvernement du Royaume du Maroc.

Par Julie Chaudier
Le Figaro du 17 septembre 2021


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Ian Brossat invité des 4 vérités de France 2, samedi 18 septembre

 

Ian Brossat invité des 4 vérités de France 2, samedi 18 septembre.

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Insee 2021 (3/3)

 

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بيان لجنة الدفاع عن المتظاهرين حول الدعوة لاجتماع مع وزير الداخلية

 


تبعاً للدعوة التي تلّقاها عدد من محامي لجنة الدفاع عن المتظاهرين من قبل مكتب وزير الداخلية والبلديات لغرض الإنضمام إلى إجتماع تشاوري مع الوزير الجديد بسّام المولوي سيعقد السبت 18 أيلول 2021 في تمام الساعة الحادية عشرة صباحاً، يهمّ اللجنة التأكيد على عدم مشاركتها في هذا اللقاء حيث أن مطالبها، والتي هي مطالب قديمة جديدة، واضحة وليست بحاجة لأي إجتماع فولكلوري لتظهيرها.
وعليه، تذكّر اللجنة الوزير الجديد، بصفته وزير الوصاية على قوى الأمن الداخلي والأمن العام، بالتالي:
1) وجوب إلتزام هذه الأجهزة بالقوانين المرعية الاجراء وبمدوّنات السلوك والبروتوكولات العالمية أثناء حفظها الأمن خلال التظاهرات، لا سيما لجهة عدم إستخدام القوّة والأسلحة لفضّ التظاهرات إلا في حالة الضرورة القصوى ووفقاً لمبدأ التناسب، وعدم اللجوء إلى التوقيفات الجماعية الاعتباطية للمتظاهرين لما تشكّله من تعدّي على حريّة التظاهر.
2) وجوب الالتزام باحترام حقوق الدفاع للموقوفين وبالتطبيق الكامل للمادة 47 من قانون أصول المحاكمات الجزائية بعد تعديلها في أيلول 2020، بخاصّة لجهة إلزامية حضور محام خلال التحقيقات الأوّلية واحترام حق المشتبه فيهم بالتزام الصمت وبعرضهم على طبيب الشرعي، وذلك لدى جميع مكاتب هذه الأجهزة لا سيما فروع المعلومات ومكتب مكافحة المخدرات. وتشدّد اللجنة على ضرورة إعلام المشتبه فيهم بحقّه بالإستعانة مجاناً بمحام من نقابتي المحامين في حال تعذّر عليهم تكليف محام لأسباب مادّية. وهو ما يستوجب إصدار تعاميم لجميع عناصر الضابطة العدلية بوجوب تطبيق هذه المادة، كما وإجراء التدريبات اللازمة لهذا الهدف.
3) وجوب الالتزام بقانون معاقبة التعذيب رقم 65/2017 ومكافحة ثقافة العنف المتمادية داخل هذه الأجهزة والحدّ من أعمال التعذيب الممارسة من قبل عناصرها والتي تصاعدت وتيرتها بعد إندلاع إنتفاضة 17 تشرين الأوّل 2019، والعمل جدياً على تفعيل مبدأ التحقيق والمحاسبة التأديبية والقضائية في أعمال العنف والتعذيب. وهذا يتطلّب إجراء تحقيقات جديّة في العنف الممارس من قبل الأجهزة الأمنيّة بحق المتظاهرين بخاصّة خلال التظاهرات في وسط بيروت بتواريخ التالية: 17 و18 و29 تشرين الأوّل 2019، 19 تشرين الثاني 2019، 14 و15 كانون الأوّل 2019، من 14 الى 21 كانون الثاني 2020، 11 شباط 2020، بين 6 و15 حزيران 2020، 8 أب 2020، 4 آب 2021، بالإضافة الى التظاهرات في عين التينة في 10 كانون الأوّل 2019 و11 آب 2021. كما تؤكّد على وجوب إعلام الرأي العام عن نتائج هذه التحقيقات دورياً لما في ذلك من شفافية وجهد لإعادة بناء ثقة المجتمع بمؤسساته الأمنية.
4) تفعيل سلطة وزير الداخلية على عناصر حرس مجلس النوّاب الذين يخضعون له بعد تكاثر المخالفات والجرائم المرتكبة منهم بحقّ المدنيين والمتظاهرين، وآخرها بحقّ أهالي ضحايا مجزرة مرفأ بيروت في 11 آب 2021. كما يتوّجب التوضيح للرأي العام الإطار القانوني لهذا الجهاز.
5) التوّقف فوراً عن إصدار وتنفيذ أوامر لتحصيل أموال من المتظاهرين الذين تمّ إلقاء القبض عليهم خلال التظاهرات مقابل تكاليف الوزارة في حفظ الأمن، وذلك لعدم قانونيتها ولعدم جواز تحميل المشتبه فيهم أو المدعى عليه أي مسؤولية قانونية أو ماليّة بغياب حكم قضائي بالإدانة.
6) إعطاء أذون الملاحقة بحق جميع الموّظفين العمّوميين المشتبه بارتكابهم جرائم وضلوعهم في الفساد، وفي طليعتهم المدير العام للأمن العام اللواء عباس ابراهيم المطلوب في قضية تفجير مرفأ بيروت.
إذ ان اللجنة تثمن للوزير دعوته للقاء أعضائها، تعتبر ان مطالبها هي حقوق مضمونة بموجب القوانين والأنظمة، وتعتمد اللجنة على خبرة صاحب الدعوة في المجال القانوني والقضائي وتطالبه بالعمل لحماية المصلحة العامّة لا أكثر ولا أقل بدلاً من حماية مصالح خاصّة وفئوية.

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رسالة من الأسير محمّد عارضة: لو كانت أيام الحريّة الخمسة كلّ حياتي لوافقت

 

وجّه الأسير محمد عارضة، رسالة إلى شعبه الفلسطينيّ، من داخل أقبية التحقيقات التي تجريها معه أجهزة الأمن الإسرائيلية، مشدّدا فيه على أنّه لو كانت أيام الحريّة الخمسة، التي عاشها عقب نجاحه بالفرار من سجن الجلبوع قبل أن يُعاد اعتقاله؛ "كلّ حياته" لوافق على ذلك.
جاء ذلك بحسب ما أفاد محامي هيئة شؤون الأسرى والمحرّرين، خالد محاجنة، أحد المكلّفين بالدفاع عن الأسرى، بعد زيارته للأسير، في حديث خاصّ مع "عرب 48"، مساء اليوم الجمعة.
وأكّد محاجنة أنّ معنويات الأسير عارضة عالية جدا، كما نقل عن الأسير قوله، إنه تعمّد عدم الدخول للبلدات العربية، لألّا "يورّط أحدًا (من هذه البلدات)، ولألا يُقدَّموا للمساءلة".
وأوضح محاجنة أنّه لم يتم التحقيق مع الأسير خلال الأيام الأخيرة، "بسبب الأعياد اليهودية"، مشيرا إلى أن عارضة ما يزال في زنزانته، ولم يبدّل ملابسه خلال الأيام الأخيرة، و"سُمِح له أن يستحمّ أمس الخميس، مرّة أخرى".
وذكر أنّه "سُمح له (للأسير) بالنوم أكثر من الفترة السابقة، خلال اليومين الأخيرين"، مشدّدا على أنه "لم ينَم خلال الخمسة أيام الأولى، سوى 10 ساعات فقط".
وأشار محاجنة إلى أن "كلّ أسئلة محمد، كانت حول المحاكمة المستقبلية"، موضحا أنه شرح للأسير، مجريات المسار القضائيّ.
وقال محاجنة إن "جلسةَ محاكمة أخرى، سوف تُعقد يوم الأحد المقبل، من أجل البتّ بطلب النيابة والمخابرات بالأساس، بتمديد اعتقال محمد والآخرين (الأسرى)، لاستكمال التحقيق معهم".
وأضاف: "أنا أتوقع أنه في نهاية مسار التحقيق، سوف تُقدَّم لوائح اتهام بتُهم أمنية خطيرة"، عازيا ذلك إلى أن "إسرائيل تبحث عن إنجاز، لتغطي على الفشل والإحراج الذي سببهما الأسرى".
وذكر محاجنة أنه "رغم الحُزن بسبب إعادة اعتقاله مرة أخرى، ورغبته في لقاء أمّه ومعانقتها، والتواجد في منزله، إلا أن محمد على قناعة تامّة أنه سيُفرَج عنه يوما ما".
وأضاف: "محمد وباقي الأسرى كانوا على دراية بحجم التضامن والحراك الشعبي الفلسطيني مع الأسرى والحركة الأسيرة (بشكل عام)"، موضحا أن محمد سمع المتظاهرين في الناصرة، يهتفون بشعارات مسانِدة له وللأسرى، ومشيرا في الوقت ذاته، إلى أن "كلمات إحدى الأغاني التي سمعها من قِبل المتظاهرين، ما تزال تتردّد في ذهنه".
وحول توقّعه في ما يخصّ تطوّر المسار القضائي، يوم الأحد المقبل، قال محاجنة: "أتوقّع أن تمدّد المحكمة اعتقال الأسرى الأربعة (المُعاد اعتقالهم)، من أجل إفساح المجال للمخابرات، للاستفراد بالأسرى مرة أخرى، والتحقيق معهم، حتّى اكتمال الرواية الإسرائيلية".
وأضاف المحامي، ساردا ما يعايشه الأسرى من معاناة: "هذه المرة الأولى التي يتجوّل فيها محمد بشكل مستقيم لأكثر من 20 مترا، إذ إنه لم يرَ الجبال والسهول خلال 22 عاما، وحتّى فاكهة الصبر لم يتذوّقها منذ أعوام"، مشددا على أن "هذه التفاصيل تعدّ طبيعية وعادية بالنسبة لشخص حرّ، غير أنها في غاية الأهمية بالنسبة لأسير مُعتَقل منذ 22 عاما، وتوضح ما هو معنى الحرية".


وأعاد محاجنة، التأكيد على أنه "تمّ الاعتداء على محمد والأسير زكريا زبيدي، خلال إعادة اعتقالهما"، موضحا أنه "تم رطم رأس الأسير بالأرض"، ومشددا على أنه "لم يتلق العلاج حتى هذه اللحظة، سوى الإسعافات الأولية التي قُدِّمَت له، حينما أُعيد اعتقاله، ومنذ ذلك الحين يعاني محمد من أوجاع في الرأس والأُذُن اليمنى". وقال إن "التعذيب بالأساس، نفسيّ"، مشيرا إلى أنه يعيش في زنزانة "لا ترتقي للحدّ الأدنى من المستوى المعيشي"، وموضحا أنه كان يُحقّق مع الأسير لأكثر من 15 ساعة بشكل يوميّ، حينما أُعيد اعتقاله.
وذكر محاجنة أن "محمد عندما سمع عبر الإذاعات التضامن معه ومع الأسرى، وجّه رسالة لكل الشعب الفلسطيني في كلّ أماكن تواجده، للاستمرار في التضامن والحراك، من أجل رفع الظّلم الذي ترتكبه مصلحة السجون (الإسرائيلية) بحق الأسرى... لأن هذه الطريقة الوحيدة المتاحة لدى الشعب الفلسطيني، للضغط أكثر على المؤسسة الإسرائيلية، للحدّ من كل الانتهاكات التي تُتركب بحق الأسرى".

رسالة إلى والدة أسير
في السياق، وجّه الأسير محمود عارضة رسالة إلى والدته، عبر محاجنة، بحسب ما ذكرت الهيئة، قال فيها إنه "حاول المجيئ إليها ليعانقها، قبل أن تغادر الدنيا"، في إشارة إلى حكم الحبس مدى الحياة المفروض عليه، والذي سيحول دون لقاء والدةٍ بابنها الأسير.

وفي ما يلي نصّ الرسالة بشكل حرفيّ، بحسب ما أوردتها الهيئة:

"بعد التحية والسلام،

حاولت المجيئ لأعانقك يا أمي، قبل أن تغادري الدنيا لكن الله قدّر لنا غير ذلك.
أنتِ في القلب والوجدان وأبشرك بأنني أكلت التين من طول البلاد، والصبر والرمان، وأكلت المعروف والسماق والزعتر البري، وأكلت الجوافة بعد حرمان 25 عاما، وكان في جعبتي علبة عسل هدية لك، سلامي لأخواتي العزيزات باسمة وربى وختام وسائدة، وكل الأخوان فأنا مشتاق لهم كثيرا.
تنسمت الحرية ورأينا أن الدنيا قد تغيّرت، وصعدت جبال فلسطين لساعات طويلة، ومررنا بالسهول الواسعة، وعلمت أن سهل عرابة بلدي، قطعة صغيرة من سهول بيسان والناصرة.
سلام إلى كل الأهل والأصدقاء. سلامي إلى ابنة شقيقتي أفيهات التي لبست جرابينها (جواربها) وقطعت بها الجبال، سلام إلى عبد الله وهديل ويوسف وزوجة رداد والأهل جميعا: سارة ورهف وغادة ومحمد والجميع. سلام خاصة إلى هدى، وأنا مشتاق إليها كثيرا وسأبعث لها كل القصة والحكاية.
ابنك محمود عارضة".

يُذكر أن الأسرى الفلسطينيين الستة الذين نجحو في الفرار من سجن جلبوع الاسرائيلي شديد الحراسة، هم: محمود عارضة ومحمد عارضة وأيهم كممجي ويعقوب قادري ومناضل انفيعات وزكريا زبيدي. وأعيد اعتقال 4 منهم هم: محمود عارضة ويعقوب قادري وزكريا الزبيدي ومحمد عارضة.

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vendredi 17 septembre 2021

Des élections municipales prévues en Cisjordanie et à Gaza en décembre

 

La commission électorale palestinienne a annoncé la tenue de municipales en décembre en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza, sous réserve que le Hamas, au pouvoir dans cette enclave, y permette la tenue du scrutin.
Conformément au calendrier électoral qui prévoit des élections locales tous les quatre ans, le dernier scrutin municipal a eu lieu en 2017 en Cisjordanie. Le Hamas islamiste en avait alors empêché la tenue à Gaza, micro-territoire de deux millions d'habitants sous blocus israélien depuis plus de 15 ans. Le Hamas et le Fatah laïc du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, sont à couteaux tirés depuis 2007, lorsque les islamistes ont pris le contrôle de Gaza au terme d'affrontements sanglants.
En avril, le mouvement islamiste armé avait dénoncé la décision du président Abbas d'annuler les législatives et la présidentielle prévues en mai et en juillet, et qui devaient être les premières du genre depuis 15 ans. Le président Abbas, dont le mandat devait s'achever en 2009, avait argué que la tenue du scrutin n'était pas «garantie» à Jérusalem-Est, portion palestinienne de la Ville sainte annexée par Israël.


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Washington appelle d'autres pays arabes à reconnaître Israël

 

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken. POOL / REUTERS
Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a appelé vendredi d'autres pays à reconnaître Israël, en célébrant le premier anniversaire des accords de normalisation conclus par plusieurs États arabes avec l'État hébreu.
«Nous encouragerons davantage de pays à suivre la voie des Émirats, de Bahreïn et du Maroc», a-t-il dit lors d'une réunion virtuelle avec ses homologues de ces trois pays. «Nous voulons élargir le cercle de la diplomatie pacifique. C'est dans l'intérêt des pays de la région et du monde qu'Israël soit traité comme tous les autres pays», a-t-il insisté.
Le 15 septembre 2020, les Émirats arabes unis et Bahreïn étaient devenus les premiers pays du Golfe à normaliser publiquement leurs relations avec Israël, sous l'égide du président américain de l'époque, Donald Trump. Le Maroc et le Soudan avaient ensuite fait de même.
Après son arrivée au pouvoir, le gouvernement démocrate du président Joe Biden, qui veut pourtant afficher une rupture avec l'ère Trump, a dit approuver ces «accords d'Abraham», considérés comme un des principaux succès diplomatiques de son prédécesseur républicain. «Ce gouvernement va continuer à développer les efforts couronnés de succès du gouvernement précédent, pour continuer de faire avancer la normalisation», a assuré Antony Blinken.
Le ministre israélien des Affaires étrangères Yaïr Lapid a annoncé qu'il se rendrait à Bahreïn d'ici la fin du mois, pour la première visite à ce niveau d'un chef de la diplomatie israélienne. «Ce club des accords d'Abraham est ouvert à de nouveaux membres», a-t-il lancé. «L'un de nos objectifs communs est de faire en sorte que d'autres pays suivent notre exemple et nous rejoignent dans ces accords et dans cette nouvelle ère de coopération et d'amitié», a-t-il ajouté.


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Covid-19 : réouverture des frontières entre la Tunisie et la Libye

 

La frontière entre les deux pays nord-africains a rouvert ce vendredi après deux mois de fermeture à cause du Covid-19. MAHMUD TURKIA / AFP
La Tunisie et la Libye ont rouvert vendredi 17 septembre leur frontière commune fermée depuis plus de deux mois en raison de la pandémie de coronavirus, ont constaté des correspondants de l'AFP au principal poste-frontière entre les deux pays.
Au premier jour de cette réouverture, décidée jeudi par les autorités tunisiennes et libyennes, le nombre de voyageurs restait faible dans les deux sens au poste-frontière de Ras Jedir, dans le sud-est de la Tunisie.
Plus d'une centaine de camions vides, et devant acheminer notamment des produits alimentaires depuis la Tunisie, faisaient cependant la queue pour entrer en territoire tunisien, a constaté un photographe de l'AFP.
Le poste de Ras Jedir constitue le principal point de passage entre l'ouest de la Libye et le sud-est de la Tunisie, un territoire qui vit en grande partie du commerce transfrontalier, y compris de contrebande.
Par ailleurs, la compagnie aérienne nationale Tunisair a annoncé jeudi la reprise, à partir du 23 septembre, de ses vols vers les aéroports libyens de Tripoli, Mitiga (nord-ouest) et Benghazi (nord-est). La Tunisie est l'un des seuls pays, avec la Turquie et l'Égypte, où les vols en provenance de la Libye sont habituellement autorisés et qui accepte les ressortissants libyens sans visa.
Le 8 juillet, la Libye avait décidé de fermer ses frontières avec la Tunisie et de suspendre les liaisons aériennes avec ce pays qui enregistrait à l'époque un taux élevé de contaminations au coronavirus, dépassant les 4000 cas quotidiens. Dans la foulée, la Tunisie avait décidé de faire de même.


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L'unité de la Résistance est retrouvée

 

"Qu'ils viennent, nous sommes prêts à les accueillir comme il se doit." C'est en ces termes que les résistants de Jénine ont exprimé leur détermination à affronter les soldats de l'armée d'occupation au cas où ils s'aventuraient à attaquer la ville et son camp de réfugiés à la recherche des deux détenus évadés de la prison de Gilboa encore introuvables.
L'une des caractéristiques de cette détermination est la constitution d'un front commun entre toutes les factions de la résistance avec un dispositif de coordination des opérations militaires face à l'ennemi.
"Comme en avril 2002, lors de l'Intifada Al-Aqsa, nous leur ferons payer au plus cher leurs crimes commis contre notre peuple", précise le communiqué commun publié ce jeudi 16 septembre.
Le bilan avait été très lourd des deux côtés. En 10 jours, au moins 52 Palestiniens avaient été tués, dont environ la moitié étaient des civils. Environ 150 bâtiments avaient été complètement détruits, des dizaines d'autres l'ont été partiellement et 435 familles avaient été déplacées. Au cours de ces affrontements, 23 soldats israéliens avaient été tués par des résistants palestiniens.
"Qu'ils avancent. Nous ne reculerons pas. Jénine résistera", déclare un jeune homme, le visage camouflé d'une keffieh à l'emblème de son organisation et entouré des camarades des autres organisations.
L'unité de la Résistance est retrouvée grâce à l'action héroïque des six évadés du "Tunnel de la liberté".
Elle sera redoutable.

Roland RICHA
Vendredi, 18 septembre 2021

"Comme en avril 2002, lors de l'Intifada Al-Aqsa, nous leur ferons payer au plus cher leurs crimes commis contre notre peuple"

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Habib Kazdaghli : « La Tunisie doit rester sur le chemin des transformations sociales et politiques »

 

Manifestation à Tunis, fin juillet. © Fethi Belaid/AFP
L’historien et militant communiste analyse pour l’Humanité les raisons de la crise politique dans laquelle s’enlise son pays.
Historien, spécialiste de l’histoire du mouvement communiste et de celle des minorités en Tunisie, ancien doyen de la faculté des lettres de l’université de la Manouba (2011-2017), Habib Kazdaghli s’est distingué par sa résistance aux assauts des salafistes qui voulaient imposer leur loi dans cette université. Militant communiste depuis les années 1970, il fut membre du comité central du PCT durant deux mandats (1981-1993). Depuis, il est resté membre des deux organisations qui lui ont succédé : Attajdid et Al Massar. Actuellement, il fait partie du groupe critique Massariyyoun Li Tashih Al Massar. Entretien.

Kaïs Saïed s’est octroyé les pleins pouvoirs le 25 juillet en invoquant un « péril imminent ». Il a suspendu le Parlement et limogé le gouvernement. Cet état d’exception a été prolongé sine die  le 25 août. Va-t-il se prolonger encore ?
HABIB KAZDAGHLI Justement, on n’en sait rien, et c’est tout le problème ! Qu’on ait soutenu les mesures prises par le président de la République ou qu’on les ait critiquées, tout le monde est « en attente » de la suite. De nombreuses forces politiques et civiques demandent avec insistance au président d’annoncer sa feuille de route et la constitution d’un gouvernement, mais cela tarde à venir, ce qui crée une certaine impatience, voire de l’inquiétude dans l’opinion publique et à l’étranger, sur la durée et, surtout, sur le rythme des réformes que cet état d’exception devait permettre .
Depuis le 10 septembre, des « fuites calculées » ont circulé, probablement en vue de sonder l’opinion et les partis, avec l’annonce de la désignation prochaine d’un « chargé de la présidence du gouvernement » et, surtout, du gel de la Constitution. Cette dernière proposition a rencontré beaucoup de réserves, voire d’opposition, y compris de la part de partis réputés être, jusque-là, de solides soutiens du président. Nous attendons impatiemment l’annonce officielle de la feuille de route pour l’étape à venir.

Ce coup de force a d’abord reçu un fort soutien populaire. Comment l’expliquez-vous ?
HABIB KAZDAGHLI En effet, ce « coup de force », comme vous dites, a été ressenti ici comme une délivrance. Il faut dire que le président Kaïs Saïed jouissait déjà d’un large soutien populaire depuis les élections du mois d’octobre 2019. Ce soutien s’est renforcé le 25 juillet dernier. Les raisons en sont multiples. En particulier, depuis deux ans, deux légitimités s’affrontaient : celle du président, élu au suffrage universel, et celle d’un Parlement très émietté, comprenant des dizaines de députés arrivés au Bardo grâce à l’argent sale, composé de blocs radicalement opposés, où le parti islamiste Ennahdha, certes affaibli, est demeuré la première force, ce qui a permis à son chef de s’installer au perchoir avec l’aide du parti Qalb Tounes de Nabil Karoui, le Berlusconi tunisien. Cette crise politique, aggravée par la crise économique et exacerbée par la pandémie mal maîtrisée, a créé une situation d’impasse.
L’annonce présidentielle du 25 juillet a été ressentie comme la fin d’un match interminable, elle a provoqué un sentiment de soulagement et l’espoir de voir la crise se dénouer enfin. À ce propos, avec mes amis politiques de Massariyyoun Li Tashih Al Massar (un groupe au sein du parti Al Massar), nous avons privilégié l’aspect politique de l’affaire et avons considéré qu’une nouvelle page et une nouvelle chance s’ouvraient, qu’il fallait se concentrer, plutôt que sur l’aspect légal, sur la réalisation des tâches à accomplir pour réussir une transition douloureuse. Il est vrai que nous n’avons pas parlé de coup d’État, cependant nous n’avons pas non plus affiché de soutien total à Kaïs Saïed. Nous avons demandé et continuons à réclamer une feuille de route claire, mais qui soit aussi le fruit d’une concertation réelle entre le président et les forces politiques et sociales, les compétences dont regorge notre pays.

Depuis la révolution de 2011, la Tunisie vit une situation de crise politique chronique. Quelles en sont les raisons ? Les institutions nées de la révolution sont-elles elles-mêmes en crise ?
HABIB KAZDAGHLI Survenue à la suite d’années de frustration et de despotisme, même si elle fut par moment « éclairée et moderniste », la révolution de 2011 en Tunisie a indéniablement suscité beaucoup d’espoirs et d’attentes. Or les urnes, dès octobre 2011, ont fait du parti Ennahdha, représentant de l’islam politique, la principale force au sein du Parlement, ce qui a provoqué dans le pays des divisions, des fractures graves. L’élan unitaire contre le despotisme n’a, malheureusement, pas été relayé par un fort courant attaché à la justice sociale, à la démocratie et à la modernité. Le déséquilibre entre les forces politiques et leur émiettement, les attentats terroristes… tout cela a empêché la constitution de gouvernements à majorité stable. Il a fallu trois années de luttes pour arriver à la Constitution de 2014 ; la Cour constitutionnelle, prévue pour 2015, n’a pas été créée jusqu’ici. Le Code électoral, fait en 2011 pour permettre une large représentation des diverses familles politiques au sein de l’Assemblée constituante, est toujours là, c’est avec ce code qu’ont été organisées les élections de 2014 et de 2019, produisant, comme je l’ai signalé, des Parlements éclatés, ingérables. Tout le monde s’accorde sur la nécessité de le changer, mais la volonté politique ne suit pas…

La première source de mécontentement, c’est la crise économique et le chômage, qui frôle officiellement les 20 % et frappe durement les jeunes, même les plus diplômés. Comment sortir de cette crise sociale ?
HABIB KAZDAGHLI Certes, la crise économique et le chômage ont été des facteurs importants de mécontentement, mais il ne faut pas oublier l’absence de stratégie : le choix d’une voie capitaliste qui a substitué le secteur privé au rôle de l’État dans l’investissement et le développement. Ce choix a creusé les disparités régionales et ouvert la voie aux « franchiseurs », aux spéculateurs, à une économie de rente favorisant quelques familles, au détriment d’une industrie locale. L’État a maintenu le salaire minimum à un niveau très bas. Cette politique de désengagement s’est répercutée sur les secteurs de la santé, de l’enseignement ; elle a annihilé ce qui était désigné depuis l’indépendance comme un « ascenseur social » permettant aux jeunes issus des milieux populaires et des régions déshéritées d’accéder à un travail digne. Il est clair que le modèle de développement actuel atteint ses limites.
Un autre modèle économique et social est devenu une nécessité : un modèle qui prenne en compte les aspirations, les intérêts d’une jeunesse sans travail qui n’a plus d’autre espoir que la harga (l’émigration clandestine) ; ceux, aussi, des paysans pauvres, alors que les terres domaniales sont nombreuses et que, faute de titres de propriété, l’accès au crédit leur est fermé. Il nous faut une économie tournée vers la satisfaction des besoins des Tunisiens. Enfin, une économie ouverte aux progrès techniques, qui permette à nos jeunes ingénieurs et techniciens de ne plus s’expatrier pour travailler ailleurs.

Comment expliquer les proportions prises par la corruption, une autre source de discrédit des acteurs politiques ?
HABIB KAZDAGHLI La corruption est devenue endémique ; elle s’est développée sous le régime de Ben Ali, qui y voyait une manière de faire taire certaines revendications salariales. Les libertés acquises grâce à la révolution ont permis de mettre en lumière cette corruption. Une autre forme de corruption est liée aux grands marchés publics : elle est le fait de certains hommes d’affaires cherchant à accaparer ces marchés. Avant 2011, ces pratiques étaient fortement contrôlées et concentrées dans les cercles proches de Ben Ali et de son épouse ; après la révolution, elles sont devenues un moyen de chantage et de financement des campagnes électorales des partis au pouvoir, en particulier le parti islamiste.

Comment se situent aujourd’hui les islamistes d’Ennahdha, qui, aux responsabilités, n’ont apporté aucune réponse aux problèmes des Tunisiens ?
HABIB KAZDAGHLI Depuis dix ans qu’Ennahdha est aux affaires, puis avec l’élection à la tête du Parlement en novembre 2019 de son président Rached Ghannouchi, ce parti a eu pour objectif de devenir le maître de l’avenir du pays, soit en « apprivoisant » le président, soit en le soumettant au « chantage » d’un Parlement hostile dans sa majorité, sans apporter de réponses crédibles aux problèmes économiques et sociaux, en particulier ceux des jeunes des régions déshéritées, dont la situation s’est, au contraire, détériorée. Depuis plus d’un an, le quotidien des Tunisiens était fait d’un jeu de ping-pong, une guerre de positionnement entre, d’une part, un chef du parti islamiste, désormais chef d’orchestre d’un hémicycle enragé et lieu de tous les dépassements, jusqu’aux agressions physiques entre députés, d’autre part, un président qui cherchait, apparemment, une issue pour mettre un terme à ce spectacle honni par la majorité des Tunisiens

La dette limite considérablement toutes les marges de manœuvre. La Tunisie peut-elle s’en sortir sans en passer par un moratoire, ou même par l’abolition de cette dette extérieure ?
HABIB KAZDAGHLI Effectivement, le niveau de la dette a atteint des proportions insupportables : de 40 % du PIB en 2010, elle a grimpé à 100 %. Autrefois, les prêts servaient à financer des grands projets d’infrastructures. Depuis la révolution, les nouveaux prêts, après avoir servi, en grande partie, à acheter la paix sociale, se sont trouvés fléchés vers les dépenses de fonctionnement et le remboursement des anciennes dettes. Le pays s’est enfermé dans un cercle infernal. Pensant que cela affecterait la crédibilité de l’État, les économistes sérieux n’ont proposé jusqu’ici ni moratoire, ni abolition de la dette, sauf celle contractée auprès de certains pays amis (Allemagne, France, etc.), dans le cadre d’un engagement à soutenir le processus de transition démocratique dans le pays.

L’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) avait contribué de façon décisive à dessiner une sortie de crise, alors que le pays était au bord du chaos après l’assassinat de Chokri Belaïd. Quel rôle joue aujourd’hui la centrale syndicale ?
HABIB KAZDAGHLI Absolument ! Outre son rôle syndical, l’UGTT a toujours eu, dans les grands tournants qu’a connus la Tunisie, un rôle national. Ce fut aussi le cas en 2013, lorsqu’elle avait lancé le dialogue national ayant permis une sortie de la crise aiguë qu’avait connue la Tunisie après les deux assassinats politiques de février et de juillet 2013. Le rôle de L’UGTT et des autres organisations constituant le « quartet » fut capital pour l’adoption de la Constitution de janvier 2014 et pour la tenue des élections cette même année. Ce rôle avait valu au quartet le prix Nobel de la paix.
Dans la crise présente, l’UGTT a été également au rendez-vous. Dès novembre 2020, elle a présenté au président une feuille de route pour un nouveau dialogue national : c’était l’unique initiative sérieuse de sortie de crise. Avec mes amis de Massariyyoun, nous avons apporté tout notre soutien à cette initiative et rencontré à plusieurs reprises, le secrétaire général de l’UGTT, avant et après le 25 juillet, pour lui exprimer notre soutien et l’encourager à maintenir son initiative malgré les difficultés rencontrées. Malheureusement, cette initiative n’a pas abouti, et il y a eu ces mesures exceptionnelles du 25 juillet.

Doit-on redouter un scénario de type autoritaire, qui mobiliserait les nostalgiques de la dictature ?
HABIB KAZDAGHLI Les périodes tourmentées, les temps de crise sont des phases ouvertes de l’histoire où tout devient possible. Les affects les plus contradictoires sont là, de la nostalgie des temps de calme et d’insouciance sous l’autoritarisme de l’État providence, jusqu’aux tentations « populistes » sous couvert de puritanisme conservateur comme outil de lutte contre les injustices sociales, la corruption galopante et l’extension de formes nouvelles de crime organisé. Tout devient possible lorsque les forces politiques et sociales responsables se mettent dans une position d’attentisme et ne s’engagent pas dans la voie de la concertation, de la proposition, et n’essaient pas d’ouvrir des perspectives nouvelles pour faire aboutir des demandes sociales légitimes et aider le pays à continuer sur le chemin des transformations sociales et politiques engagées par les forces modernistes depuis le XIX e siècle et renforcées par l’État nation issu de l’indépendance.

Quelles forces peuvent aujourd’hui maintenir le pays sur le chemin de la construction démocratique ?
HABIB KAZDAGHLI Elles sont toutes là, sauf qu’elles sont affaiblies par les divisions, les luttes d’ego : ce sont les forces sociales, et à leur tête la grande centrale syndicale UGTT, et les partis politiques modernistes qui avaient constitué le bloc historique ayant pu conquérir l’indépendance et contribuer à l’émergence de la Tunisie moderne. Ce pays ne dispose certes pas de richesses énergétiques, mais, grâce à l’investissement dans l’intelligence des femmes et des hommes émancipés par l’école et le savoir, il est devenu un pays riche en matière grise. La Tunisie a su se faire une place parmi les nations en étant l’amie de tout le monde et en refusant de s’engouffrer dans les alliances douteuses. La révolution de 2011 et la phase ouverte le 25 juillet offrent de nouvelles perspectives pour de nouvelles convergences, avec l’objectif d’asseoir les acquis accumulés et de dépasser les tares du passé en se basant sur un programme de réformes économiques et sociales. Il s’agit d’un nouveau bloc à mettre en place autour d’objectifs réalistes. C’est la tâche urgente des forces politiques et sociales démocratiques et modernistes.

Rosa Moussaoui
L'Humanité du 16 septembre 2021


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Explosion du port de Beyrouth: nouveau mandat d'arrêt contre un ex-ministre

 

Le port de Beyrouth un an après l'explosion meutrière du 4 août 2020. REUTERS - MOHAMED AZAKIR
Le magistrat chargé de l’enquête dans la double explosion du port de Beyrouth, le 4 août 2020, a émis un mandat d’arrêt par contumace contre un ancien ministre des Travaux publics. Youssef Fenianos, poursuivi pour « intention présumée d'homicide, négligence et manquements », ne s’est pas présenté, jeudi, à la convocation du juge Tarek Bitar.
Youssef Fenianos est désormais un fugitif recherché par la justice. Mais l’ancien ministre ne sera pas arrêté de sitôt, car il est sous la protection de Sleiman Frangié, ancien député et ministre et chef d’une influente famille politique chrétienne.
Sleiman Frangié a d’ailleurs exprimé sa solidarité avec son principal lieutenant, l’assurant, dans un tweet, de son « soutien » dans ce qu’il a appelé sa « défense légitime ».
Ce n’est pas la première fois que Youssef Fenianos refuse de comparaître devant le juge Tarek Bitar, invoquant des vices de formes dans la procédure judiciaire.
Il est soutenu en cela par le Parlement, qui a rappelé jeudi au magistrat qu’un ministre ne comparaît pas devant un tribunal pénal, mais devant une cour spéciale chargée de juger les ministres et les hauts responsables de l’État. Une cour qui, rappelons-le, n’a jamais jugé personne.
Le refus de l’ancien ministre des Travaux publics de se présenter devant le juge a provoqué la colère des familles des victimes de la tragédie du port, qui manifestaient devant le palais de justice.
Le 14 septembre, l’ex-Premier ministre Hassane Diab, qui fait aussi l’objet de poursuites dans le cadre de l’enquête s’est envolé pour les États-Unis alors qu’un mandat d’arrêt était délivré à son encontre le jour même.
La double explosion du port de Beyrouth a fait, le 4 août 2020, 215 morts, 6 500 blessés et détruit une partie de la capitale libanaise,

Paul Khalifeh
Rfi du 17 septembre 2021


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